Regards sur la manifestation anti aéroport du 22 février 2014

Publié le par CitiZen Nantes

Mise à jour

01/03/2014 - Vidéo, retour sur la manifestation anti-aéroport

Manifestation anti-aéroport du 22/02/14 - Par Orlanda Ribeiro, Citizen Nantes

23/02/2014 - Violences autour de la manifestation anti aéroport

Par Thierry Kruger. Photos : Yves Monteil

Mon ultime caméra perdue ou volée, me reste l'écrit. J'ai pondu d'un jet ce récit hier à 20h puis l'ai complété avec d'autres durant la nuit. C'est l'ultime version. Merci pour vos partages : c'est inattendu.

La manifestation contre l'aéroport de Notre Dame des Landes était annoncée depuis plusieurs mois. Sur Facebook, un site annonçait plus de 5000 "oui" pour venir à celle-ci. Je m'attendais, en extrapolant, à 20 000 personnes pas moins. Les derniers chiffres que j'ai entendu font état de 30 à 40000 personnes. Plus de 30 tracteurs ont convergés tôt vers Nantes.

Un manifestant m'informe que Jean-Luc Mélenchon est présent. Un collègue m'a dit qu'il a vu l'activiste Eric Pététin* en train de filmer ; c'est un gars qui a lutté contre une route traversant la vallée d'Aspe en sabotant des engins de chantier et ce qui lui avait valu de la prison.

Entre les manifestants et les grilles (Cours des 50 otages) derrière lesquelles sont les forces de l'ordre, Thierry Kruger en train de filmer avec une mini caméra - Photo Yves Monteil

Entre les manifestants et les grilles (Cours des 50 otages) derrière lesquelles sont les forces de l'ordre, Thierry Kruger en train de filmer avec une mini caméra - Photo Yves Monteil

Vers 13h30 - Cours Olivier de Clisson

Le commissariat en face le CHU, créé sous l'ère Sarkozy, est bombardé de bombes à peintures, un petit feu est devant sa porte. Sa façade et enseigne sont remplies d'éclaboussures roses. A côté une inscription en forme de frise ondulante répète le même slogan : "Que la police protège le capitalisme et dessous, une autre frise répète 'ah ah ah' ".

Vers 14h - Autour du Quai Baco

Un engin de chantier - il y a des travaux d'embellissement autour du quai Baco - brûle. Un ouvrier à la retraite n'est pas content et crie que l'engin vaut 20 000 euros. Je compare aux coût de l'aéroport, plus de 1 milliard. De fait, pas d'ouvriers sur le chantier.

Sur la place du Commerce les cafés ont retiré leurs chaises extérieures. La FNAC est exceptionnellement fermée. Des barrières en plexiglas protégent les accès à la Préfecture. Un correspondant de EELV m'avait averti qu'on s'attendait à "un beau bordel". Ouest-France disait dans son dernier numéro les craintes de la préfecture quant à des incidents.

La préfecture, fait absolument inédit à Nantes, a décidé de barrer de grilles anti-manifestant le débouché vers Commerce du cours des 50 Otages, qui se voit interdit aux manifestants, qui ne peuvent que bifurquer à gauche jusqu'à la place du Commerce. Le long de ces grilles des tracteurs ont été placé en interposition par les syndicats paysans pour éviter les incidents.

14h30 - Affrontements entrée Cour 50 Otages

Je suis devant ces grilles. De chaque côté une ouverture de 2 à 3 mètres où se massent des CRS. Au milieu deux camions munis de lance à eau. Outre que c'est la 1ère fois que je vois des grilles, c'est la seconde fois, au moins, que je vois des lances à eau à Nantes.

Lance à eau à l'entrée de la Cour des 50 otages. Photo : Yves Monteil

Lance à eau à l'entrée de la Cour des 50 otages. Photo : Yves Monteil

Vers 15h - 1ères rixes

Monté sur un tracteur à 1 m des grilles, les premières bouteilles partent en direction des policiers, une lacrymo tombe à mes pieds et m'enfume, puis ça commence à partir : bouteilles vides contre lacrymos (marque Nobel Securité) alternant avec des jets d'eau. Il n'y a pas de bombe au poivre et le jet d'eau, j'ai testé, n'est pas assez puissant pour assommer et donc risquer de tuer.

Des paysans commencent à retirer les tracteurs devant les grilles, l'un d'eux disant 'ce sont des petits branleurs' en parlant des autonomes. Pour avoir longuement observé je puis dire qu'il y avait plusieurs petits groupes - une quarantaine ? - qui auront jeté des projectiles, une centaine auront été en soutien. Un gars utilise une crosse de hockey pour dégager les lacrymos. Des sympathisants restent à côté, en tout quelques centaines de personnes.

Une partie de la manif reste sur les côtés, Commerce et CHU, quasi tout du long des 'incidents'. En tout plusieurs milliers de personnes.

A la sortie droite des grilles, les CRS sortent pratiquer un 'arrachage' en capturant un jeteur de projectile, puis enhardis, tentent une sortie. Une charge les repousse. J'entends "Résistance et sabotage!" dans mon dos "Vinci dégage", des filles chantent un célèbre chant de la commune 'gare à la revanche ...'. Le 'hockeyeur' perd sa crosse, que je ramasse.

Des clowns activistes viennent un temps en avant, sous les jets d'eau. Je me tourne, car ma veste est imperméable et pas fermée devant pour le prendre sur le derrière ... La guérilla urbaine commence.

Un jeune homme à barbe légère et chapeau mou, à vélo, vient faire des bulles et s'interposer dans le no man's land. Un écolo ? s'ajoute à ce gars décroissant. J'arrive à mon tour et puis c'est un 4e avec un bonnet phrygien rouge, sensibilité 'Parti de Gauche'.

On a l'impression d'être des casques bleus : les pétards filent vers la maréchaussée à laquelle répond les grenades lacrymogènes, le son des bouteilles fracassées sur le sol retentit dans notre dos. On reste sans bouger de longue minutes, alignés tout les quatre en regardant vers la grille. C'est un moment de paix intérieure.

Face au canon à eau à l'entrée du Cour des 50 otages. Photo : Yves Monteil

Face au canon à eau à l'entrée du Cour des 50 otages. Photo : Yves Monteil

Reste à la fin le type au bonnet phygien qui va sur les CRS pour leur dire son rejet de la violence de l'Etat, il parlemente en vain. Je suis a un mètre des CRS, au coin de la rue des reporters filment, derrière, des projectiles. Je l'interviewe à 1 mètre des CRS, ça devient dangereux, l'homme est happé par eux pour le protéger des jets, je file côté reporter en me planquant sur le mur, tandis qu'une bouteille vide me frôle le coude. L'explosion de pétards, la fumée, tout cela nous rend invisibles aux autonomes qui peuvent nous tirer dedans sans nous voir. Il faut donc décrocher.

Un caddy en flamme est balancé, un fragment de palette en feu tirée par une corde est approché. Sur la partie gauche de la muraille de grilles, l'autre ouverture est attaquée. Des manifestants dépavent la voie du tram 1 à l'arrêt Commerce, j'entend les piquetis du dépavage. Des abris-bus sont taggés : "un flic une balle", le sol aussi, beaucoup de choses sur Vinci, puis de plus en plus sur la police. Une sucette publicitaire est éventrée.

Deux magasins d'agence de voyages attaqués : l'un à la vitrine striée après deux ou trois jets de pavés (FRAM) mais elle a tenue, le seconde, plus proche de l'ouverture gauche des grilles, à sa vitrine brisée puis son bureau fut vidé de ses meubles, dont un bureau à classeurs, une imprimante et un ordi qui sont jetés à la rue et à moitié cassés. Il n'y a pas de pillage, juste destruction. Une autre vitrine, celle d'un magasin de téléphonie mobile est touchée. Tous ces commerces sont sur le petit espace entre Place du Commerce et le débouché du cour des 50 Otages.

Je relève une poubelle en métal brûlant près du commissariat, près de Commerce, une autre en plastique, quelques bornes anti-stationnement, cauchemar des aveugles, tant en pierre ou métal descellées. La partie dépavée n'est pas bien grande, mais est un peu supérieure à celle d'Angers durant une manif anti CPE devant la préfecture en 2006.

Je retrouve un des sacs publicitaires, rouge, d'une des agences de voyage sur le lieu des affrontements. Il me vient l'idée, toujours avec la crosse, de m'allumer un cigarillo. Je songe à une scène ridicule d'un film avec Belmondo, je songe à Jean Yanne. Je mets dans mon sac-caba des grenades éteintes puis...

Je marche au pas de l'oie (mal imité), crosse sur l'épaule comme un fusil, bras battant en mesure avec mon 'sac à main' à grenades, regardant droit devant moi en fumant crânement mon cigarillo, puis je repasse une seconde fois entre les belligérants. Je suis un petit soldat inconscient du consumérisme. Je suis un lobotomisé du consumérisme. Ensuite un jet d'eau m'attaque, mais n'éteint pas mon cigarillo. Les pétards et bouteilles revolent, je cesse mon manège situationniste. Ah ah ah.

Affrontements devant le CHU

D'autres CRS sont perpendiculairement placés près de la place du Bouffay, des affrontements de ce côté-ci. Des agents de la BAC sont avec eux. Ils bloquent cette rue puis un autre escadron va vers l'avant sur l'île Feydeau : nouveaux affrontements dans ses ruelles.**

Ensuite un autre s'installe plus avant quai Baco, nouveaux affrontements. Devant le CHU une barricade de barrière de chantier est élevée, qui bloque la route et oblige les assaillants à se replier sur les côtés, dans la zone boisée du parc Baco où pleuvent des lacrymos, ou du côté du CHU. Une ambulance arrive puis, rebrousse chemin. Les grenades sont aisément éteintes dans l'herbe, le vent dominant est ouest-est : ici la fumée va vers les CRS...

Des fourgons barrent à présent la rue perpendiculaire au barrage de grilles. Les voies Est et Nord sont bloquées, puis la voie Ouest, côté Place du Commerce en direction de la Place Royale, qui garde l'entrée des beaux quartiers. Les policiers avancent devant le CHU avec sur leur droite une sorte de buldozer auquel est fixé une grille anti-manifestant. Sur sa gauche un autre groupe de CRS. Cette fois ils forment une sorte de U qui enserre sur trois côtés plusieurs centaines de personnes.

La technique employée est celle de la nasse, selon les manuels de guérilla urbaine théorisé par les Etats Unis après leur expériences désastreuses à Mogadiscio (Somalie), enseignement qu'ils ont tiré d'un livre français de stratégie, ignoré chez nous, qui décrivait pourquoi les français furent battus au Vietnam.
Tandis que la nasse se forme, entre la Place du Commerce et à monter vers le CHU il y a un cercle de tambours, avec une cheffe d'orchestre au centre, une flûtiste, jouant devant une roulotte bâchée contenant des costumes pour faire la fête. C'est le dernier reste de la manifestation. Sur le rond point les derniers clowns activistes ...

Membres des unités mobiles de la police et CRS (derrière) entre Bouffay et Commerce. Photo : Yves Monteil

Membres des unités mobiles de la police et CRS (derrière) entre Bouffay et Commerce. Photo : Yves Monteil

A ce moment là on voir encore les traditionnels drapeaux bretons, un drapeau à bandes multicolores (gay), de l'Euskadi (Pays Basque), d'Alternative Libertaire (rouge et noir), un grand drapeau noir, auparavant plusieurs drapeaux noirs à tête de mort, apparu lors de la 1ère année contre la LRU vers 2008 chez des lycéens ou/et étudiants. Il reste encore une banderole d'Europe Ecologie les Verts, quelques traces aussi du Parti de Gauche, des drapeaux quadrangulaires avec le symbole de NDDL : un avion en noir barré, inscrit dans un cercle rouge, sur fond jaune. Les tracteurs ont encore avancé vers l'Ouest en s'éloignant de Commerce.

La fête cesse lorsque les CRS, avançant avec une prudence insigne, font pleuvoir les premières grenades lacrymo tout à côté, beaucoup tombant dans l'herbe du morceau de parc sur la gauche. Je n'ai constaté aucun tir tendu (en direction des têtes, illégal) et vu un manifestant avec un gros pansement sur le pouce et un doigt.

Je n'ai pas constaté perso que des grenades aient abîmé une main de manifestant (il y en a eu cf plus bas). Il reste toujours plusieurs centaines de badeaux, des gens sur les abribus, à regarder les derniers pavés du côté Cour des 50 Otages, d'autres regardant les affrontement sur l'île Feydeau, d'autre en amont et devant le CHU...

J'apprends à ce moment là qu'un CRS aurait été méchamment blessé, peut-être par un pavé, qu'il y a eu plusieurs arrestations. La première, que j'ai vue, a été un simple 'arrachage' sans matraquage (je filmais avec ma feue caméra) où le quidam a été emporté en 5 secondes.

J'avais filmé BFM TV filmant l'engin de chantier brûlant, puis le commissariat 'enpeinturluré'. Une collègue de Citizen Nantes a filmé TF1 filmant des choses qui brûlent. Un type en casque blanc avec peint en noir 'presse' avait une mini-caméra au sommet de son casque. Un homme de 55 ans m'a dit qu'on se croirait à Kiev : c'est très exagéré. Je croise un manifestant d'âge mûr avec un casque militaire américain ou français des années 50 ou 60, Guerre de Corée ou d'Algérie. Des feux avec des éléments de mobilier urbain ou de chantiers noircissent la rue devant le CHU, devant la barricade, dérisoire, de grilles. D'autres sont à l'emplacement de l'arrêt de tram Commerce.

Entre le quai de Turenne et le CHU. Photo : Yves Monteil

Entre le quai de Turenne et le CHU. Photo : Yves Monteil

Sur le retour...

Je tombe alors sur un gars de mon quartier, en chaise roulante qu'il fait rouler avec ses mains et qui ne peut passer le cordon de police qui barre maintenant la route Commerce-Château. Je décide de rentrer avec lui, ayant perdu ma petite caméra côté manifestant, batterie épuisée mais avec moultes images rapprochées, dommage...

Je laisse ma crosse de hockey à des autonomes, car elle est bonne pour écarter les grenades sans risque, emmène mon sac caba avec des 'capots' de grenades, comme une 'ménagère de moins de 50 ans' et vas-y que je le pousse jusqu'au petit Supermarché où on va tous les deux, à 1,5 km de là, s'acheter seulement un pain chacun. L'homme, prénommé Thierry voulait aller à la FNAC, fermée exceptionnellement ce jour-là, et s'était retrouvé dans le no man's land, prisonnier dans la nasse.

Nous sommes passé côté Commerce par l'entrée gauche des grilles où les policiers surveillaient les passages vers ce cour. Quand on est arrivé au petit supermarché, le jour tombait : j'ai dû quitter les lieux une demi-heure maximum avant l'heure du coucher du soleil.

J'ai reconnu bien des personnes, constaté que les autonomes ont entre 20 et 30 ans, n'étaient pas plus de cent à deux cents, dont guère à peine une cinquantaine de très actifs, cela sur 30 à 40 000 manifestants. En comptant les sympathisants, dont le nombre ne varie guère, quoiqu'en hausse, depuis 2006/07, cela fait au maximum 1 % des manifestants qui se sont castagnés.

Devinez la place que prendra les 99 % de manifestants pacifiques.

Il faut retenir que les incidents étaient attendus et que des commerces s'étaient préparés (voyez plus haut). Le fait de barrer le cours des 50 Otages de hautes grilles jointes, comme durant le sommet anti G8 de Gênes a été une décision provocatrice, car jamais je n'avais vu une manifestation empêchée sur le cours des 50 Otages.

Sun Tzu, grand stratège chinois parlait de terrain choisi par l'ennemi. C'est celui que je viens de vous décrire et les autonomes et leurs sympathisants se sont jetés tête la première dedans. Je n'ai constaté, le fait est d'importance, aucun cocktail molotov, comme en Grèce, en Espagne, en Ukraine et c'est pourquoi on ne peut pas parler d'émeute, ni de guérilla urbaine. La police a été, contrairement à son habitude, d'une prudence bien plus grande, mais cela a toujours été le cas lors des grandes manifs anti Ayraulport, le sobriquet usité des anti-aéroports de NDDL.

Un député Vert m'avait dit lors d'un des tournages de notre prochain film que l'Etat évitait de castagner quand il y a des manifestants paysans.

C'est après mon départ que la police s'est bien lâchée ...

Thierry Kruger

* Ce gars est dans mon dernier film : "La possibilité d'être humain"
** Rue Kervégan, j'apprendrais cela tard dans la nuit, des cocktail molotov on été utilisés. Sur l'île Feydeau je vis une sorte de barricade en feu.

Compléments

Témoignages et conclusion

Choses vues d'un journaliste : Blessés et bombes soniques

Bravo pour ce reportage Thierry. Je retrouve chacun des éléments que tu décris. On y était. Je faisais parti des badauds. La question reste toujours la même : quelle information et surtout quelle place les médias auraient fait à cette manifestation sans ces heurts ? La seconde question est et sera : Comment peut on se battre contre une telle débauche de moyens ?

Tu as bien décris une partie de l'après midi, coté barricade. Permets-moi d'évoquer la partie commerçante. Le rideau était tellement étanche qu'on aurait pu croire, si ce n'est la présence de nombre autocollants de l'Acipa*, que rien ne se passait. Pire, on se croyait sans trop de difficulté dans un roman de science fiction. Les gens se posaient des questions certes. Ils étaient impressionnés par la violence qu'ils voyaient, entendaient de loin. Mais cela ne les concernaient pas. On les laissait faire du shopping alors que des terroristes tentaient de dérégler l'appareil.

Autre point Thierry, j'ai vu les premiers flashballs de ma vie. Des gens ont été blessés. Des doigts ont été arrachés par des bombes soniques. Les médias n'en soulèvent même pas la moindre évocation....

Bref, aujourd'hui, j'ai compris que la démocratie n'était plus. Nous nous en doutions. Les gens parlaient effectivement de Kiev. Jusqu'où dans un tel cas de révolter, notre état serait aujourd'hui prêt à aller pour sauver notre modèle ?

* L'asso du 44 regroupant des dizaines de milliers anti 'Ayraultport'

Jezek Ben Ali, journaliste. 22/02/2014

Témoignage d'un photo-reporter 'flashaballé'

Toute la finesse policière... Alors que je filmais et ne représentais aucun danger j'ai senti un choc au niveau de la poitrine. Suis tombé net et ai tout de suite compris qu'un tir de flashball a courte distance m'avait touché. Et c'est rien comparé aux blessés pleine face...

Yves Monteil, photographe, fondateur de Citizen Nantes. 22/02/2014

Témoignage d'une manifestante sur la 'barricade' rue Kervégan

Surréaliste... J'en reviens avec une grosse bosse et deux doigts tout bleus (une lacrymo en pleine tête, j'ai eu le reflex de me baisser et de me protéger la tête avec mes mains)...

Ce soir, l'hélico et les forces de l'ordre étaient toujours présents en grand nombre, la rue Kerveguan ressemblait au film "Les Misérables" avec barricades de gros pavés et sous les pavés arrachés, le sable...

Tout de suite, cette phrase m'est venue à l'esprit: "sous les pavés, la plage !"... Aujourd'hui, il n'a plu que des grenades et des pavés, le ciel était bleu à travers la fumée...

Guillemette *** - 22/02/2014

Impression d'une manifestante : Le dégoût

Un retour au bercail dégoutée par autant d'enflures bleues. Les médias ont de nouveau orchestrés la retransmission de la manif contre l'aéroport en encensant la torpeur ! c'est les flics qui ont chargé la lacrymo et nous a laissé dans des nuages suffocants à pleurer et faire hurler des gamines de 5 ans, du lacrymo plein les yeux ! des personnes âgées qui n'avaient rien à voir dans la manif et ne pouvaient pas sortir des lieux sans se prendre plein de lacrymo.

Coco

Un dégout renforcé de ce système policier. Qui sont les casseurs? Ceux qui balancent des fusées de détresse et soignent les blessés ou ceux qui fonctionnent par groupe musclés type robocop avec canons à eau qui t'envoient dans le décor, lacrymos et flash ball sur des gosses !

Playmobils la main sur le gâchette du flash ball dès le début de la manif. J'ai plein de potes qui ont été blessés par des tirs de flash ball, hématomes sur la cuisse, le ventre, les fesses, le nez (défoncé et la gueule en sang )

Tout cet armement sans même un système de secours pour évacuer les victimes de leur folie !Je n'ai jamais vue une manif qui partait aussi vite en répression musclée et barbare. écœurant..

Coco *** - 22/02/2014

Hélicoptère de la gendrmerie au-dessus du CHU. Photo : Yves Monteil

Hélicoptère de la gendrmerie au-dessus du CHU. Photo : Yves Monteil

Témoignage de Pablo, caméraman : Autre point chaud

Devant la médiathèque Jacques Demy, il y a eu des affrontements. Les keufs barraient toute la largeur. Là, une bouteille en verre est passée à 10 centimètres de ma tête. J'étais visé parce que je filmais. Elle s'est écrasée sur un pare-brise derrière moi

(...) Si si, j'ai vu des cocktails molotov ... (chez des autonomes)

Il m'indique encore, à propos des services municipaux "Ils sont en train de nettoyer partout" et que demain, il n'y aura plus trace des tags ...

Entretien téléphonique du 22/02/2014

Conclusion

Devant tous ces témoignages d'agression de journalistes, le Flambisme rejoint le Sarkozysme dans la puanteur délétère de l'autisme d'état, car si on a repéré quelques attaques par jets des autonomes, ce sont des inconnus qui aussi, avec les flics nous ont agressé et pis, volés...

Ce fut une provocation que la préfecture ferme le cour des 50 otages empêchant la manif de défiler et obligeant à un face à face durant plusieurs heures avec les forces de police...

Comme je le redis les incidents étaient annoncés à l'avance, parce qu'on a fait en sorte qu'ils se produisent par un dispositif policier jamais vu. Toute la presse grassement subventionnée, alors que parfois le titre appartient à des milliardaires, à mis en une que la 'manifestation dégénère' le lendemain. Le but était de répandre la peur.

Comme ceux qui, n'allant jamais à la synagogue et ne pratiquant plus leur judaïsme, veulent voir des antisémites partout, ceux qui ne sont pas allés à la manifestation ont peur des images, peur de ce qu'ils n'ont pas vécu.

Je suis consterné d'avoir 'perdu' les images car elles ne manquaient ni de fêtes, de rires, d'audaces et on aurait vu le stoïcisme (au début seulement) des forces de l'ordre et la maladresse des autonomes jetant sans efficacité aucune bouteilles et pétards. Non ce n'était pas une guérilla urbaine où alors les autonomes, à part quelques uns de je connais, sont des nuls en stratégies militaires. C'était un lieu où on ne devait pas voir certaines choses, ce qui a fait que la presse libre a été, une fois encore, attaquée.

Thierry Kruger

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Fabriceawaterloo 25/02/2014 21:00


Bonjour,


Arrivé seul de la capitale dans une ville que j'avais connue il y a longtemps, j'étais au point de ralliement de la manif bien avant l'heure. C'était tranquile, jeunes, tout jeunes même parfois,
et seniors mêlés.Et ça arrivait et ça continuait d'arriver après que le cortège ce soit ébranlé. Y avait bien des petits groupes de jeunes masqués, parfois autour de caddies récupérés : qu'y
avait-il dans ces caddies ? Personne ne leur a demandé : alors l'ambiance était bonhomme, on ne pensait pas à mal. Est-ce de ces caddies que sont sorties bombes de peintures et même projectiles
qui ont endommagé quelques facades rue de Strasbourg ? Aurait-il été possible que des gars du collectif demandent à y jeter un coup d'oeil ? Même si ce contrôle avait été possible rue de
Strasbourg - un vrai couloir-, cela n'aurait pas permis d'éviter les débordements sur ces larges artères que sont le Bd Philippot et le cours Kennedy. Là j'ai vu flamber la foreuse et j'ai
assisté à la mise à feu d'une peleteuse par un seul jeune à un endroit distant du cortège d'une bonne cinquantaine de mètre (ou plus) : ça c'est passé très vite, et c'était tout ce qui a de plus
délibéré et sans aucune "utilité" de défense contre les forces de l'ordre qui n'étaient pas du tout dans le voisinage immédiat.


Scandalisé par les violences policières, je suis également  consterné par les justifications simplistes que se donnent parfois certains pour exercer leur colère contre les forces de police.

Thierry Kruger 24/02/2014 18:27


Pas si nul que ça les autonomes : sur d'autres images certains avaient une batterie de lance-fusées (des pétards) qui ne sont pas sans évoquer des lances roquettes multiples, les tubes étant
placés en rang sur un cartonnage tenu debout. De plus, ceux-ci portaient un équipement bien plus complet (casques, masque à gaz, bouclier). Mais à ce jeu là, tout du moins en zone urbaine, les
forces de l'ordre auront toujours une lobgueur d'avance. 


C'est à Notre Dame des Landes que lesZADistes ont utilisé une technique utilisée par les gaulois contre César assiégeant Vercingétorix (l'opération policière s'appellait si je ne m'abuse César)
 Encercler ceux qui encercle le camp retranché avec des troupes de secours disséminés aux quatre coins dans la campagne environnante.


L'usage d'un fossé rempli d'eau, suivi de pieu (émoussé) puis d'une barricade est la copie des circonvellations césarienne. Le mur de branche autour du 1er village rebelle est point par point une
technique médiévale d'enclosure des jardins.


Voila pour la stratégie pas si 'nulle' des autonomes, qui n'ont l'avantage qu'en campagne.