Dimanche 30 janvier 2011
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Publié dans : Tribunes Libres
Honte à Silvio Berlusconi. Honte aux escrocs qui ont violée la ville
d'Aquila depuis que la terre a tremblé ce 6 avril 2009. Honte à la nébuleuse "Protection Civile" passive et complice d'un système de propagande, fort comme l'étau; celui qui
étouffe et assèche les Italiens.
Honte à tous ceux qui font bombance sur le dos d'une ville fracassée.
Honte aux journalistes-spectateurs qui plutôt que la révolte vont à la chasse à l'accréditation, comme l'animal au point
d'eau, écrasant au passage consoeurs et confrères.
Honte au père dégoulinant de guimauve d'une nation italienne paralysée et lobotomisée. Honte à celui qui soudoie, en
s'attachant les services d'escort-girls pour endormir les bêtes humaines au service de l'administration, des promoteurs et des mafieux. Honte aux magistrats corrompus.
À petites doses homéopathiques la réalisatrice Sabina Guzzanti décrypte des ficelles tellement énormes que
le peuple de gauche, lui même, n'a plus la force de lutter, s'endormant chaque soir résigné et coupable de cette implacable paralysie.
Si Silvio vient à tomber sur le terrain judiciaire il faudra diffuser Draquila en prime time pour bien expulser les arcanes
du système dans un mouvement cathartique. Car la cicatrice est immensémment profonde et une alternance de surface risquerait de ne jamais débarasser le pays
d'une résine politique puante et médiatique.
Merci Sabina Guzzanti. "Grazie infinite" pour ce travail qui laisse sur place la
ritournelle de l'objectivité, la dépassant, l'embrassant pour atteindre une vérité documentaire sensible, comme une incise.
Yves Monteil - Nantes,
30/01/2011
>>Vendredi 28 janvier 2011 - "Draquila l'Italie qui tremble" de Sabina Guzzanti diffusé au Cinéma Bonne Garde
en partenariat avec le Centre
Culturel Franco Italien de Nantes. . Suivi d'un débat avec Anna
Coluccia et Patrick Goutefangea.
"Je voudrais être optimiste, mais la situation
ne cesse d'empirer. Et je crains que même la retraite de Berlusconi n'y change rien. À force de laver le cerveau des gens, cela a fini par produire son effet. Par exemple, dans les débats, on me demande de plus en plus souvent si, après tout, il n'est pas normal de limiter la liberté. À force de l'entendre à
la télé, les gens finissent par le répéter..." Sabina Guzzanti. Extrait de www.lesinrocks.com
Interview de Sabina Guzzanti