"Regards croisés : Gadjé, Manouches et si on faisait connaissance ?"

Publié le par CitiZen Nantes

11/02/2010 - Avant-première de "Liberté" de Tony Gatlif. Au "Katorza" Nantes.

"La liberté c'est vouloir protéger sa famille" 

Avec son film "Liberté", Tony Gatlif* assure d'entrée avoir voulu agir comme un "détonateur" sur un pan occulté de notre histoire. L'occasion aussi de pointer un idéal familial aujourd'hui disparu.

"La racine du film, ce sont les justes
 Incarnés par Théodore (Marc Lavoine), maire et vétérinaire d'un village de la zone occupée et Mademoiselle Lundi (Marie-Josée Croze), ils cherchent au péril de leur vie à éviter l'enfermement de leurs compatriotes tsiganes. 
tony-gatlif-11-02-10_katorza-copie-1.jpgMunis de leur illégitime carnet anthropométrique, les membres de cette famille ont une idée bien précise : Rejoindre les leurs  en  Belgique. Mais très vite ils sont frappés d'une interdiction de déplacement et restent confinés dans un champ aux abords du village. L'appel de la route est pourtant plus fort et contre l'injonction policière, ils repartent avant de se faire arrêter et interner dans un camp de rétention.
Théodore offre alors, comme gage de leur libération, une vieille bâtisse appartenant à sa famille. Mais, là encore, cette sédentarisation forcée ne peut contenir l'appel des leurs. Il faut reprendre la route et défier la menace allemande... Et française. Un comble pour des français...

En filigrane, deux autres personnages traversent l'écran : Petit Claude, qui paumé dans cette guerre, se raccroche à cette famille qui l'accepte sans le vouloir. Et Taloche, violoniste endiablé, à la folie explosive qui contient en lui toute l'âme tsigane. Il est l'âme tsigane. Terrien quand il gratte et creuse le sol. Il s'y roule, s'y traine jusqu'à vouloir s'y engouffrer. Céleste aussi dans le bonheur qu'il insuffle par sa musique et son exhubérance éclatante.


Taloche s'impose comme le coeur du film et c'est lui qui jusqu'au bout restera insoumis à l'étau qui se resserre sur le clan. C'est lui seul qui échappe à la dernière arrestation. Il vole Taloche et se réfugie dans un arbre, dernier espoir de liberté. La vie. Celle que Vichy et les nazis veulent tuer. Quand on abat Taloche qui retourne à l'humus, c'est la liberté qu'on abat.
Texte et photo : Yves Monteil

Bande-annonce

>> Sortie officielle le 24 février 2010

 

 

Publié dans Arts et culture

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