Affaire Lamine Dieng, témoignage de sa soeur de passage à Nantes

Publié le par CitiZen Nantes

Mise à jour

Lamine Dieng

Lamine Dieng

Pendant 7 ans, la famille de Lamine Dieng a réclamé la mise en examen des auteurs de ce qu’elle appelle « cet homicide barbare commis en bande organisée ».
Le calvaire de Lamine a duré 30 minutes, au cours desquelles il a été maintenu face contre terre par 300 kg. Ce qui correspond au poids total des policiers qui étaient agenouillés sur son dos.

Courrier de l'Atlas - 25 mai 2014

Rappel des faits

Dans la nuit du 17 juin 2007, trois policiers se sont rendus rue de la Bidassoa, dans le XXe arrondissement de Paris, à la suite d'un appel téléphonique signalant une altercation dans un hôtel. D’après leurs témoignages, c’est là qu’ils ont retrouvé Lamine Dieng pieds nus, allongé sous une voiture.

Selon eux, il était très agité et a commencé à s'extraire de sa position. Les policiers ont décidé de l’immobiliser, mais il a résisté et les a bousculés tous les trois. Ils ont alors appelé des renforts. Deux autres policiers sont arrivés quelques minutes plus tard, suivis d'un capitaine et d'un lieutenant.

Lamine Dieng a été immobilisé par cinq policiers, face contre terre, les mains menottées dans le dos (le bras droit passé par-dessus son épaule) et les pieds entravés par une sangle. Il a ensuite été transporté dans un car de police, où on l’a placé dans la même position.

Le capitaine de police s’est alors rendu compte que Lamine Dieng ne bougeait plus. Arrivés sur place, les pompiers et le SAMU ont tenté en vain de le ranimer.

La famille de Lamine Dieng n’a été informée de sa mort que 36 heures plus tard.

Source

24/05/2014 - Après 6 ans et 11 mois d'instruction judiciaire un non lieu est prononcé

11/10/2012 - De passage à Nantes, sa soeur Rama Dieng témoigne

Elle était à Nantes le 6 octobre 2012, invitée pour une rencontre sur le thème "Le Code Noir ou la déshumanisation de l'homme noir". Depuis la mort de son frère, elle milite pour alerter sur le nombre croissant de victimes de violences policières, mortelles.

Nantes Salle de la Manufacture des tabacs. 06/10/2012 - Par Yves Monteil, Citizen Nantes

03/07/2012 - Lettre Ouverte à François Hollande et Jean-Marc Ayrault

Extraits

L’uniforme garantit-il l’impunité à celui qui commet un crime en le portant ? Là où nous réclamons l’égalité en droit à la Justice, les policiers réclament l’immunité. Les familles du collectif Vies Volées demandent :

  • La reconnaissance juridique de ces homicides par un jugement impartial
  • La reconnaissance publique de la mémoire des victimes et des circonstances de leur mort par la pose d’une plaque commémorative pour chacune d’entre elles

Le collectif demande aussi la révision de l’enseignement des méthodes d’interpellation létales dans les écoles de police, et leur prohibition, hors cadre de légitime défense, notamment :

  • la clé d’étranglement
  • le pliage
  • l’utilisation de l’arme à feu, à fortiori sur un fuyard en ciblant les parties vitales
  • les courses-poursuites, à fortiori après des gamins en 2 roues sans casques et apeurés
  • l’utilisation des pistolets à impulsion électrique, surtout en contact direct sur une personne entravée ou immobilisée
  • l’utilisation du flashball
  • les coups portés à une personne entravée et immobilisée,
  • l’immobilisation en position ventrale avec compression thoracique ou abdominale, à fortiori si elle est accompagnée du menottage dans le dos de la personne allongée.
La clé d'étranglement

La banalisation de son usage a valu à la France une condamnation par la Cour Européenne des Droits de l’Homme dans un arrêt du 9 octobre 2007, à la suite du décès de Mohamed Saoud en 1998 au motif de "violation du droit à la vie”.

Extrait de la lettre. Source Pressenza

Les familles du collectif demande que l’État tienne compte de sa condamnation par la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Cette méthode a été interdite en Suisse, Belgique, Allemagne, à New-York et Los Angeles. Dès 2002, le Comité européen pour la Prévention de la Torture a demandé à la France d’éviter son utilisation.

La lettre dans son intégralité

Complément

10/01/2012 - Non lieu dans l'affaire Boukrourou, mort aux mains de la police (Amnesty International)

Trois ans après la mort de Mohamed Boukrourou, marocain de 41 ans, suite à son interpellation le 12 novembre 2009 à Valentigney (Doubs), quelques mois après la décision du juge d’instruction de mise en examen des quatre policiers présents au moment de l’interpellation pour "homicide involontaire", la famille de la victime s’est vue notifier une décision de non lieu le 24 décembre 2012. Lire la suite

21/06/2014 - Rendez-vous annuel en hommage à Lamine Dieng
Affiche Collectif « Vies Volées » - 21 juin 2014

Affiche Collectif « Vies Volées » - 21 juin 2014

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