Mouvement de colère des étudiants en sociologie à l'université de Nantes

Publié le par CitiZen Nantes

16/02/2014 - 15 jours de mobilisation des étudiants de l’UFR de sociologie à Nantes : le bilan.

Partie d’un ras-le-bol partagé par les étudiants confrontés à un manque de moyens croissants, des effectifs surchargés, des suppressions de cours et de parcours, la mobilisation des étudiants de l’UFR de sociologie à Nantes a regroupé jusqu’à 300 étudiants de sociologie, rejoints au plus fort de la mobilisation par un nombre conséquent d’étudiants des autres UFR de sciences humaines et sociales.

Les temps forts de ce mouvement ont été relayés par la presse écrite et audiovisuelle : la première assemblée générale du 30 janvier 2014, qui a réuni plus de 250 étudiants ; le conseil de l’UFR de sociologie, qui a débouché sur le vote d’une motion de soutien au mouvement et de condamnation des politiques menées par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Politiques purement gestionnaires et comptables sans préoccupations de la vie et de l’avenir des étudiants ; nouvelle AG le 4 février 2014 rassemblant plus de 280 étudiants de sciences humaines et sociales ; et une action à la présidence de l’Université de Nantes le 5 février 2014 par 150 personnes autour du slogan : « la culture coûte cher, essayez l’ignorance ».

A ce jour, la mobilisation a eu pour conséquence d’améliorer nos conditions d’études, notamment le dédoublement des travaux dirigés pour les parcours (Formation Education Développement social, Travail Organisation Culture), et des renforts d’enseignants.

Toutefois, le problème du manque de moyens pour les sciences humaines et sociales reste entier : Du fait de la privatisation et de la marchandisation de l’université, les sciences sociales, considérées comme non rentables, sont les premières impactées par les coupes budgétaires. Si elles ne présentent pas d’intérêt pour les entreprises, pourquoi sont-elles investies par un enseignement privé coûteux, à l’instar de l'Université catholique de l'Ouest qui va ouvrir dés la rentrée 2014 une formation de sciences de l’éducation à 3500 euros l’année ? Ainsi, le discours ambiant qui placerait l’homme au cœur des priorités est incohérent.

Nous tenons à rappeler que notre action locale s’inscrit dans une perspective de pensée globale : le problème que nous mettons en exergue touche et touchera l’ensemble des universités publiques. L’augmentation récente des frais d’inscription des écoles d’ingénieurs publiques des Mines et des Telecom n’est pas anodine...

Les étudiants de sociologie

________________________________________________________

31/01/2014 - Nouvelle occupation !

Aujourd'hui, les étudiants de sociologie de l'université de Nantes ont de nouveau occupé l'amphithéâtre 4 de l'UFR. En effet, notre mobilisation, née mardi, a véritablement pris de l'envergure, et ce, à la fois sur le plan de la qualité et de la quantité.

D'abord en qualité, dans la mesure où notre mouvement est dorénavant légitimé par la motion votée hier par le conseil de l'UFR de sociologie, qui "soutient les revendications" de la mobilisation et "condamne la politique gestionnaire et les orientations du Ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche". Aussi sur le plan de la quantité puisque hier, notre nombre était supérieur à celui de 250 étudiants à l'Assemblée générale.

Notre projet envisage d'élargir la mobilisation à l'ensemble des filières des sciences humaines et sociales, qui subissent, elles aussi, des conditions d'études similaires.

Les étudiants de sociologie

________________________________________________________

30/01/2014 - Montée en puissance de la mobilisation des étudiants de sociologie 

La mobilisation ne fait que grandir à l'UFR de sociologie de Nantes. En effet, l'assemblée générale des étudiants de sociologie a réuni à 11h30 plus de 250 étudiants dans l'amphithéâtre 4, occupé depuis mardi.

S'en est suivie une action des étudiants au conseil de l'UFR (lequel regroupe élus enseignants, élus du personnel, élus étudiants et personnalités extérieures) qui a débouché sur l'écriture et le vote d'une motion par ses membres. Cette motion appuyait deux idées majeures : d'une part, le conseil d'UFR de sociologie "partage les préoccupations et il en soutient les revendications". D'autre part, il "condamne la politique gestionnaire et les orientations du Ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche".

Cette position du conseil a motivé notre mouvement sans le satisfaire. En effet, les problèmes que nous mettons en lumière, largement partagés dans l'Enseignement supérieur, ne peuvent être résolus qu'en interne.

Par conséquent, nous souhaitons élargir la mobilisation aux autres UFR de Lettres et Sciences Humaines.

Les étudiants de sociologie

 etudiants-sociologie-nantes.jpg

Assemblée générale du 30/01/2014

________________________________________________________

29/01/2014 - Renforcement du mouvement de sociologie 

Le mouvement des étudiants de sociologie qui a eu lieu hier a l'Université de Nantes s'est prolongé aujourd’hui... il s'est même renforcé. En effet, dés 7h45, nous avons de nouveau occupé l'amphithéâtre 4 afin d'organiser la mobilisation : les moyens d'actions et les formes de protestation, la rédaction d'un cahier symbolique de doléances témoignant de nos conditions, et l'intervention dans des cours ont constitué une véritable dynamique de notre mobilisation.

A ce deuxième jour de mouvement, l'intervention de la présidence de l'UFR, en plus de n'apporter aucune solution, a conforté notre position. Celle de maintenir le mouvement de sociologie d'une part ; et d'élargir à moyen terme la mobilisation d'autre part.

Les étudiants de sociologie

________________________________________________________

28/01/2014 - STOP à l’enseignement à deux vitesses ! Mouvement de colère des étudiants en sociologie à l'université de Nantes 

En fin de matinée, les étudiants de sociologie ont manifesté leur mécontentement lié à leurs conditions d'études : carences matérielles, effectifs surchargés, suppressions de cours et de spécialisations... Les professeurs en sont même venus à parcourir des salles contiguës afin de dispenser leurs cours pour une unique classe !

Notre contestation matinale a pris la forme d'une mobilisation dans l'après-midi. En effet, les réseaux sociaux et nos multiples interventions pendant des cours ont constitué de véritables relais d'informations, permettant ainsi aux étudiants d'investir et d'occuper massivement l'amphithéâtre 4. Nous étions donc 140 étudiants à 16h afin de discuter des projets de la mobilisation : continuer l'occupation, renforcer la mobilisation et investir l'espace public.

Les revendications qui fondent notre mobilisation correspondent d'une part à l'amélioration de nos conditions d'études ; et d'autre part, à une reconnaissance des sciences humaines et sociales, perçues, à l'inverse des sciences dures, comme non utiles car non rentables.

Par cette action, nous remettons une nouvelle fois en cause la loi Fioraso qui vise principalement à donner entière autonomie aux universités en créant des pôles d'excellences régionaux. Autrement dit, des universités qui se concurrencent, et qui mettent en concurrence les étudiants représentent un tournant libéral inacceptable. La conséquence : des différences de moyens intolérables selon les filières !

Un proverbe cantonnais dit « Si vous n'étudiez pas quand vous êtes jeunes, vous regretterez le temps perdu quand vous serez vieux. »... et bien, nous regrettons de ne pas être déjà vieux pour gagner un temps déjà perdu.

Les étudiants de sociologie

Publié dans Tribunes Libres

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Une étudiante 12/02/2014 12:43


La mobilisation s'étend au bâtiment Tertre !
Nouvelle occupation votée par l'AG d'hier : l'amphi B est le nouveau QG des étudiant-e-s en lutte !