"Sème ta ZAD" : Manifestation(s) de mise en culture à Notre Dame des Landes

Publié le par CitiZen Nantes

Mise à jour

23 mai 2015 - Semis collectifs de blé noir sur la ZAD

Rendez-vous à partir de 10h30 au lieu-dit Lama Fâché, au carrefour de la route des Fosses Noires avec la route départementale déclassée 281 (La Paquelais - Fay de Bretagne).
"Sème ta ZAD" : Manifestation(s) de mise en culture à Notre Dame des Landes
Au programme
Semis à la volée d’une parcelle pendant que les machines s’occupent du reste et repas ensemble le midi. On prépare des frites et des salades, mais c’est bienvenu de ramener d’autres victuailles à partager. Un point presse est prévu à 11h.

Malgré les déclarations de Valls en début d’année, la ZAD reste plus vivante que jamais : habitant-e-s et paysan-ne-s refusent de partir et occupant-e-s venu-e-s rejoindre la lutte ces dernières années continuent d’y construire leurs vies, d’y cultiver et d’y tisser des liens. Les projets foisonnent : fest noz pour fêter l’anniversaire de la construction du hangar des Rosiers, fête à l’occasion du rendu du procès pour expulsion du Limimbout le 14 mai, grandes bouffes et concerts, culture des terres, musique, réflexions sur la lutte, sur le présent et l’avenir, sur les problèmes comme sur les rêves les plus fous, constructions, rénovations, réparations de tracteurs ou de vélos, entretien de chemins et sciage de bois... la liste est sans fin !

Si les autorités semblent actuellement silencieuses sur leur détermination à imposer ce projet, des scientifiques travaillant sur les mesures de compensation n’en n’ont pas moins été surpris récemment sur le terrain. De notre coté, il nous semble toujours aussi nécessaire de ne pas leur laisser la place libre et c’est pourquoi nous continuons d’occuper les terres accaparées par AGO et consorts. C’est aussi l’occasion de se projeter dans un avenir sans aéroport, de préparer le futur de ces terres une fois le projet abandonné : on parle de réserve foncière avec de la place pour tou-te-s les habitant-e-s qui souhaiteront rester, pour des projets vivriers hors cadre comme pour des installations paysannes plus classiques.

Aujourd’hui, le mouvement de lutte contre l’aéroport occupe environ 220 hectares. Une partie de ces terres est répartie entre différents projets portés par des paysan-ne-s qui résistent ou par des occupant-e-s avec Sème Ta ZAD. Une autre partie est cultivée collectivement par l’ADECA, COPAIN, Sème ta ZAD, ainsi que celles et ceux qui viennent aux rendez-vous : c’est l’occasion de grands chantiers de semis. C’est sur ces terres cultivées collectivement qu’on vous invite cette année à semer tou-te-s ensemble une douzaine d’hectares de blé noir.

À l’appel de l’ADECA, de COPAIN, et de Sème Ta ZAD

Source

13/04/2013 - "Sème ta ZAD !"

Notre Dame des Landes - 13/04/2013 par Orlanda Ribeiro - Citizen Nantes

Compléments

Cartes et programme 2013
"Sème ta ZAD" : Manifestation(s) de mise en culture à Notre Dame des Landes
"Sème ta ZAD" : Manifestation(s) de mise en culture à Notre Dame des Landes
"Sème ta ZAD" : Manifestation(s) de mise en culture à Notre Dame des Landes
18/03/2013 - Appel "Sème ta ZAD"

Depuis le 16 octobre, la résistance déterminée à l’opération d’expulsion de la ZAD incarne un espoir : celui que nos vies, nos habitats, nos champs ne soient plus broyés par les logiques marchandes et par les visions stériles de l’aménagement du territoire. Plus de 200 comités locaux de solidarité ont fleuri ces derniers mois, et ici où là, du bocage nantais aux autres zones à défendre, nous voulons de nouveau envisager des victoires.

Le 17 novembre, nous avons montré que malgré l’invasion policière, ils ne pourraient pas vider la ZAD de ses habitant-e-s et que nous pouvions être 40 000 à revenir et reconstruire. Début janvier, une assemblée agricole lançait un appel à projets sur les terres de la ZAD expropriées par Vinci pour remettre en place les potagers détruits et les démultiplier avec l’arrivée de nouveaux et nouvelles paysan-ne-s. Vergers, blés, légumineuses, poules et potagers...une dizaines d’initiatives s’élaborent d’ores et déjà.

Le début du mois d’avril sera un moment charnière : la fin de la « commission de dialogue » proposée par le gouvernement pour « mieux expliquer la nécessité de l’aéroport » signifiera le retour possible d’opérations d’expulsions de grande ampleur. En face, la dynamique d’occupation de la ZAD, relancée le 17 novembre dernier, se tourne à présent vers des projets agricoles destinés à s’implanter dans la durée. La remise en culture, en masse, des terres expropriées sera notre manière de tirer le trait sur un dialogue fantoche – et de célébrer les quelques mois passés à (re)construire, malgré l’incessante occupation militaire des routes du bocage. Cette manifestation sera aussi une manière de prendre de l’avance sur d’éventuels travaux en allant s’installer sur une partie des terres menacées à court terme.

Cette manifestation sera le fruit de ce qui se compose progressivement entre des paysans et des occupant-e-s venu-e-s s’installer pour défendre la zone : défrichage et occupation des terres maraîchères du Sabot en mai 2011, défense de la ferme du Rosier puis de la Châtaigne à l’aide de plusieurs dizaines de tracteurs enchaînés en novembre, occupation in extremis avant sa destruction de la ferme de Bellevue fin janvier... Au-delà de ces quelques dates emblématiques, la régularité des assemblées agricoles ainsi que les complicités nouées au quotidien, aussi bien autour d’un repas que derrière une barricade, ne cessent d’invalider les catégories fermées dont use le pouvoir pour qualifier et diviser les opposant-e-s au projet d’aéroport.

Ce qui se joue aujourd’hui à NDDL rappelle et renouvelle l’histoire dense de certains mouvements paysans locaux au cours des décennies passées : liens forts avec les grèves et mouvements de 68, actions directes face aux diktats de l’industrie, occupations de terre contre les « cumulards »...

"Sème ta ZAD" : Manifestation(s) de mise en culture à Notre Dame des Landes

Forte de ce terreau, la manifestation du 13 avril, en écho à la journée mondiale des luttes paysannes en appelle à une communisation des terres et des pratiques. Nous entendons par là :

- une forme de partage en porte à faux avec les grandes concentrations agricoles et les freins posés à l’accés au foncier pour les projets d’installation paysanne.

- l’entraide, la mutualisation de moyens, d’outils, mais aussi les possibilités d’installations collectives

- un dialogue fécond entre savoir-faire agricole traditionnel et pratiques expérimentales, entre professionnel-le-s et paysan-ne-s hors-cadre.

- des réflexions communes autour de la question alimentaire : sur une production autonome en rupture avec les logiques agro-industrielles, sur les liens possibles avec Nantes et ses habitant-e-s.

- la capacité de relier la question agricole à des formes de vie, d’habitat et à des luttes sociales.

En pratique il s’agira, le 13 avril, de partir outils en mains en plusieurs cortèges depuis les bourgs alentours et de converger sur la ZAD pour se redéployer en direction des différents projets et chantiers agricoles. Au programme et suivant les facteurs hydrométriques : plantation de vergers, de haies et de bosquets aromatiques, pose de ruches, défrichage, repiquage de semis, installation de structures (serres, cabanes à outils...), drainage des terrains, nettoyage des fossés, réparations des clôtures détruites durant les affrontements et balisage des chemins forestiers... Seront aussi prévus des foires aux semences, des expositions de variétés anciennes et aujourd’hui clandestines, des discussions et ateliers autour des pratiques agricoles – et en soirée, des fêtes, bals et banquets.

Nous invitons donc à cette occasion tou-te-s les opposant-e-s au projet d’aéroport à se mobiliser. Venez fêter le retour du printemps et montrons-leur qu’ici comme ailleurs, nous ne voulons ni de leur aéroport ni du monde qui va avec. Rendre fertile ce qu’ils veulent rendre stérile, là est notre force.

(Une liste de besoins plus précis liés aux diverses installations sera transmise quelques semaines avant la manifestation)

Publié dans Nddl, Alternatives

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