Retour sur la manifestation en hommage à Rémi Fraisse

Publié le par CitiZen Nantes

Il n'y a eu eu aucune utilisation de flashball ou de grenade



Henri-Michel Comet, préfet de Loire Atlantique (BFM - 01/11/2014)

Le point de départ des débordements qui ont eu lieu ce samedi 1er novembre à Nantes lors de la manifestation contre les répressions policières et en hommage à la mort de Rémi Fraisse à Sivens, se situe rue de Starsbourg à 15h40. Un policier pointe la tête du cortège avec un Flashball (LBD 40)...

Début de manifestation

 

Jusqu'ici aucune violence à signaler lorsque les manifestants remontent, depuis la Place du pont Morand, le Cours des 50 Otages dont les artères sont bloquées par les Gardes Mobiles de la Gendarmerie.

Première cristallisation minime place Bouffay sous le regard de nombreux journalistes. Deux chaises en plastique volent vers les gendarmes ; des manifestants temporisent et le cortège continue de suivre le Cours Franklin Roosevelt avant de s'engouffrer dans la rue de Strasbourg.

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Journalistes et badaux aux premières loges place Bouffay

Des inscriptions fleurissent sur les murs. La vitrine - sans doute la seule - d'un coiffeur est victime d'un impact.  Au croisement de la rue du Château les Gardes Mobiles restent de marbre face aux jets d'oeufs et de peinture. Mais au carrefour suivant ce sont des CRS qui sont en faction. Et à priori ils n'ont pas les mêmes consignes.

Provocation ou inconscience policière

C'est en effet à l'angle de la rue de Verdun qu'un policier, armé d'un Lanceur de Balles de Défense (LBD 40),  tient en joue la tête du cortège. Placés à une centaine de mètres devant la manifestation, les nombreux journalistes et des badauds font des images de la montée du cortège. J'interroge du regard autour de moi. Silence dans les yeux objectifs et neutres de journalistes. Il est évident que cette arme pointée sur la tête du cortège va faire dégénérer les choses.

Le Flashball est un sujet sensible notamment à Nantes où depuis 2007 4 jeunes ont perdu l'usage d'un oeil. L'arme est dans les esprits des manifestants dont les premiers voient maintenant le policier.  Cache ton Flashball ! invective une dame.

Le policier a beau légèrement se replier, le gros de la manifestation arrive. Il est trop tard. Sous pression, le cordon de CRS distribue les premières lacrymogènes et bombes assourdissantes. Début du film.

Un policier pointe son Flashball, rue de Strasbourg

Un mauvais film

La manifestation est disloquée et se recomposera un peu plus tard Cour des 50 otages. Dans la rue de strasbourg bientôt vide, des membres de la police en civil (Bac) encagoulés jouent leur partition à coup de matraques téléscopiques, blessent un jeune manifestant-quidam et interpelle ce monsieur qui crie plus fort que d'autres.

18 manif-nantes-fraisse-18Des membres de la Bac interpellent une personne qui criait rue de Strasbourg

Pour le reste, le résumé du film est le soir même à la télévision et dès le lendemain dans les journaux. Partout les mêmes images de jets de projectiles et de poubelles renversées. Si on ajoute les  panneaux de publicité brisés et aussi ce feu, jamais éteint, qui trône comme un symbole et ajoute à la dramatisation, on a tous les mêmes images.  

Car au-delà des jets nourris de projectiles qui durent quelques secondes et se produisent une dizaine de fois dans l'après-midi, il ne se passe rien. 

23 manif-nantes-fraisse-1 

A l'angle de la rue Feltre et du Cour des 50 Otages vers 18h20

C'est l'histoire d'une longue attente, de badauds, de quelques derniers réfractaires, un hélicoptère, une tension. Et puis des tirs de Flashball au visage (1), au moins deux fois. Avec, la nuit, de nouveaux tirs dans les corps ici et là.

Point de hordes mais on y croirait presque, tellement le décor est beau et l'histoire bien racontée.

 26 manif-nantes-fraisse-5518h40 L'hélicoptère survole la dispertion de la manifestation et des curieux

Yves Monteil

(1) Tir de Flashball en plein visage. Samedi 1er novembre à Nantes

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Image : Taranis News

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 Les quatre paradoxes de la manifesation nantaise du samedi 1er novembre - OsLab

1 - Une manifestation « interdite » mais s'autorisant de fait massive et responsable pour Rémi ;

2 - Une manifestation de « casseurs » sans casse matérielle ; 

3 - Une manifestation « insurrectionnelle » mais où la police conduit scientifiquement l'itinéraire de bout en bout et blesse des innocents ;

 4 - Une diffamation d'État irresponsable par l' « acide », qui aura des conséquences durables et incalculables ;

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 Conflit de pouvoirs : pour Rémi Fraisse - Par Arié Alimi
 
"Je ne connaissais pas Rémi Fraisse. Et je ne pensais pas en acceptant de défendre ses parents, en qualité de parties civiles, que j’aurai également à le défendre".
 

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Nota Bene 02/11/2014 21:10


"La personne qui crie rue de Strasbourg" n'est autre qu'un père qui réclame la dépouille de son fils, d'un père qui s'appelle M. Fraisse et réclame avec sa femme aux GM "Rendez-nous Rémi", d'un
père qui, sept jours après n'a pas revu le corps-cadavre torturé de son fils, d'un père rendu fou par la violence et la bêtise de notre état


Rémi, tu n'es pas mort pour rien, tu es mort pour le futur que nous construisons, une république écologique et sociale où les jeunes pourront enfin souffler, où la terre pourra se reposer, où
chacun aura son rôle à jouer comme dans un vrai jeu de société


Paix à toi, grand garçon qui je suis sure demeure déjà au nirvana des fleurs, on va te retrouver bientôt et t'enterrer comme un homme, un grand homme 


Et sache que ton corps céleste nous éblouit déjà en France, en Europe et ailleurs