Requiem pour un média

Publié le par CitiZen Nantes

Requiem pour un média

Alors que des fonds publics payent parfois 100 000 euros des boites de com' à la con pour des rapports de 20 pages, il existe sur Nantes un chouette média à des tarifs syndicaux imbattables ! Vous avez, chers clients, assos, collectifs de comités d'entreprises, para-institutionnels, directeurs d'établissements scolaires souhaité nous payer quasi toujours zéro euro durant toutes ces années qu'exista ce beau média contributif indépendant fait pour vous.

Non, je ne parle pas de vous, petites assos modestes et solidaires, car pour votre réelle utilité sociale, on ne demandait rien. C'était un échange de savoir, un éclairage mérité qu'on pouvait vous devoir. Mais comment pouvions nous continuez à co-collaborer si d'autres, les plus riches ou plus à l'aise ne payent jamais ? Comment toi, petit(e) môme(s) de 17 berges on aurait pu te former sans passer aux travaux pratiques, sans passer par l'achat de matériel, sans au final, te payer ton stage journalisme-cinéma ?

Houai, c'est chouette 2150 abonnés Twitter gratos à not' média alternatif mais quand il s'agit de passer à un prix entre 75 % d'un paquet de cigarettes à plusieurs paquets par an, ben y'en a que 1% qui acceptent de payer.

Ok, l'argument ne porte pas si vous êtes non-fumeur... Mais comparez avec le coût d'un quotidien comme Ouest France ou du magazine Géo.

Mais songez encore, ami(e)s de la Liberté libertarien pour qui tout est dû : la presse libre à un coût, un coût sacrément faible au regard des subventions publiques, avec vos sous, accordées à des milliardaires pour le Figaro, Libé, le Monde, l'Express, le Point, Picsou Magazine. Oui oui, vous avez bien lu, Picsou est condidéré comme presse et nécessiteux !

Songez que CQFD, Fakir, Zelium, La Lettre à Lulu, Siné Hebdo, Le Monde Libertaire, Offensive, le Monde Diplo ne vivent que de leurs quelques milliers à quelques dizaines de milliers d'abonnements ou numéros papiers vendus. Le Plan B, le Sarkophage ont disparu sans un bruit... Jamais ces médias ne sont dans les Revues de 'presse' des médias de Marché. C'est une chance que vous les connaissiez et lisiez peut-être.
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Voulez-vous que, comme Rue89 ou Bakchich nous voir associés aux mastodontes grassement subventionnés de la presse papier ?

Voulez-vous que nous devenions un déversoir non modéré de toutes sortes d'infos non vérifiées ou hiérarchisées ?

Voulez-vous des bannières publicitaires vulgaires avec cougardes à gros nibards pour 'rebeus' esseulés ? Ah houai, c'est de 'gauche' la pub pour les femmes jugées trop vieilles par le Marché machiste et si en plus ça aide les 'minorités visibles' !...

Songez encore que le journal français le plus vendu au monde, se déclinant en plus de 20 langues et plus d'un million d'exemplaires est le Monde Diplomatique, non subventionné, qui ,lui, envoie sur le terrain des enquêteurs, partout, fait intervenir universitaires, chercheurs, syndicalistes, free-lance géniaux, auteurs renommés, poètes, avec l'apport iconographique de grands petits photographes, artistes et plasticiens.
N'est-ce pas cela que nous voulons au local comme au global ?

Votre cher média local contributif compte et pardon pour tout(e)s ceux et celles que j'oublie, un journaliste-rédacteur-en-chef- photographe super bon, une 'reportère' camérawoman-monteuse qui sait filmer comme au cinéma votre activité.
Un petit reporter-caméraman-monteur-cinéaste, vu que ses films passent dans les cinémas. Lors d'un atelier vidéo au Breil on a vu un réalisateur-acteur-monteur-scénariste de courts, de clips qui est aussi un pédagogue et metteur en scène au poil ; un preneur de son expériménté, sans compter une nuées, que dis-je, un nuage, d'interviewrices-petites-reportères sachant bien leurs dossiers, parfois un peu plasticiennes, un peu esthètes, un peu pédagogues, mais nous l'étions tous...

Pour avoir considéré que nos compétences n'étaient pas, les trois-quart du temps, un métier, nous ne serons plus là pour vous proposer une couverture médiatique complète à prix abordable. Puisque vous n'avez pas voulu nous salarier mais nous exploiter le plus souvent, je vous renvoie vers les 'professionnels' qui feront le travail sans créativité mais suivront vos indications, puisque vous êtes juges de ce qu'est le journalisme et la vidéo, et vous donneront, très cher, le film de propagande que vous désirez et qui n'intéressera quasi personne en dehors de vot' structure.

Quand vous allongerez au tarif professionnel du Marché, vous regretterez de nous avoir exploité sans nous respecter. Vous regretterez notre disparition en voyant la nièce d'un hiérarque PS bossant dans la com' à qui on aura donné de bonnes caméras sur fond public et qui vous montrera le devis élevé de ses prétentions népotiques. Alors chères assos culturelles exploitrices, qui préférez faire appel à des intervenants extérieurs parce que bardés de subventions, sachez que le montant des subventions n'est pas un gage d'excellence mais de soumission à la doctrine infantile d'un parti, d'une coterie, d'un copinage, d'une soumission dans l'esprit rentier d'un dû qui ne demande pas à rendre des comptes.

Puisque l'argent est votre seule valeur, que vous vous en foutez qu'il soit public et donc destiné à servir le peuple et les prolétaires inombrables de notre société en voie de désagrégation, puisque vous préférez servir une boite de com' bourgeoise pour rejetons de bourgeois encartés UMPS à allure de publicitaires, vous allez bien regrettez votre égoïsme, votre racisme et mépris social...

Dès que je retrouve une caméra, dans quelques mois, j'ai l'envie d'aller fouiller dans vos comptes, voir comment vous utilisez les subventions, voir comment vous jouez au plasticien de mes deux, au faux rebelle, au cultureux cachant un inculte, aux promotionneurs de vos seul(e)s ami(e)s, qu'ils aient ou non du talent, pourvu qu'ils aient l'oeil d'un hiérarque UMPS subventionneur. En bref, voir si sous le masque du bénévolat et de la gratuité se cache une banale exploitation, raciste, de l'Homme par l'Homme par une bourgeoisie aux allures prolétaires, avec le sourire parfois enculeur de petits garçons.
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Vous n'aurez pas à me payer pour vous poser des questions, je le ferais gratuitement, puisque je n'aurai d'autre but que de comptabiliser l'usage du travail gratuit que vous faites et les bienfaits en retour que vous procurez à votre main d'oeuvre 'sympa' de précaires et de jeunes futurs précaires, ravis par votre discours de cotoyer des 'créateurs', des 'artistes', des 'entrepreneurs' ou autre 'médiateurs sociaux' si utiles pour rabattre les voix des moutons paupérisés vers le divin subventionneur UMPS.

A bon entendeur, le socio-kulturel tenu en laisse. Moi quand je fais un film, j'ai des spectateurs, pas vingt adhérents s'auto-branlant de leur si beau travail si bien rendu par votre communiquant filmique encarté.

Vive la liberté d'opinion !
Vive le pouvoir créatif du peuple !
A bas la rente, le népotisme et l'esclavagisme !

Thierry Kruger - 23/03/2014

Publié dans Médias et data

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