"Nous ne marcherons plus !"

Publié le par CitiZen Nantes

2012 sera une année importante pour la France et les français. Cette élection sera des plus intéressantes, offrant la possibilité à divers candidats d'exposer une vision pour la France. Toutefois, une question restera encore une fois en suspend et ne fera pas l'objet d'une réflexion profonde. Cette question est celle des quartiers populaires. Ces quartiers qui sont pourtant devenus le symbole de la crispation nationale.


C'est pourquoi en nous inspirant de la marche pour l'Egalité et contre le racisme de 1983, notre génération veut crier son malaise son angoisse au vu d'une situation des plus préoccupantes. 


Nous lançons un Appel intitulé "Nous ne marcherons plus" pour dire que 28 ans se sont écoulés et que la situation des Français issus de ces quartiers populaires ne s'est pas améliorée. Pour dire que la France ne se fera pas sans nous et que nous sommes une partie intégrante de cette nation plurielle. 


Cet appel est signé par 32 personnalités du monde universitaire, associatif, politique, et culturel.  Ce chiffre est celui de ceux qui avaient débuté la marche de Marseille vers Paris (100 000 personnes à l'arrivée).


Puis nous collecterons des signatures via respectmag.com (voir le lien en bas de page) afin d'organiser une grande conférence de presse sur les quartiers populaires 
 à Paris en Décembre pour demander aux candidats à la présidentielle de s'engager sur 5 mesures qui seront au préalable définis par notre groupe de travail. 
Nous signerons un pacte sur les quartiers populaires.


Des élus de l'ensemble des partis politique exception faite au Front national, des personnalité travaillant dans le milieu associatif et des personnalités d'envergure nationale comme Jean baubérot, Alain touraine, Nacira guenif, Eric Fassin, Esther benbassa, Vincent Geisser, et Pascal Boniface nous ont déjà exprimé leur solidarité en signant l'Appel.
 



L'Appel "Nous ne ne marcherons plus" est le premier appel signé collcetivement par des universitaires, des associatifs des élus et d'anciens marcheurs sur cette réalité au combien importante.
 
 Cet appel devra dire à tous les candidats que les quartiers ne pourront plus être les victimes expiatoires d'une nouvelle crise.

Haidari Nassurdine,
 élu PS à Marseille,
 Initiateur de l'appel


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Marche pour l'égalité et contre le racisme. INA 1983

 

L'appel

Partie de Marseille le 15 octobre 1983 dans l’indifférence générale, une longue marche pour l’Egalité et contre le Racisme allait rassembler le 3 décembre de la même année près de 100 000 personnes à Paris. L’aspiration à l’Egalité de ces jeunes, excédés par les meurtres racistes à répétition, mais aussi par les violences ordinaires, les humiliations et les brimades de toutes sortes était sans précédent. Cette marche non violente pour une citoyenneté à part entière interpellait l’ensemble de la société sur l’écart entre les valeurs républicaines qu’elle professait et la réalité de la ségrégation et des discriminations raciales.


Malheureusement, près de trois décennies se sont écoulées et les conditions de vie des jeunes Français d’ascendance migrante et coloniale et des quartiers populaires ne se sont toujours pas vraiment améliorées. Et même si quelques initiatives politiques ont amélioré certains aspects de la vie quotidienne en surface, même si une petite classe moyenne a su émerger de ces quartiers, les inégalités, les injustices et les violences ordinaires perdurent en prenant de nouvelles formes.


Certes, les crimes racistes ont quasiment disparu, mais la situation actuelle reste explosive. Chômage de masse (en moyenne deux à trois fois plus concentré dans les quartiers populaires), inégalité scolaire, confrontations violentes et répétées avec la police, conditions de logement indécentes, expulsions des plus pauvres des zones « rénovées », paupérisation galopante : faute d’être remises en cause, que ce soit par la droite ou la gauche, loin de reculer, ces logiques économiques, sociales et environnementale n’ont fait que s’aggraver.


Mais il y a plus : depuis 2002, au mépris de la mobilisation massive contre l’idéologie du Front national, la normalisation de la parole raciste en politique comme dans les médias, l’instrumentalisation de l’Islam et la stigmatisation de l’immigration ou encore l’exploitation du passé colonial ont beaucoup contribué à légitimer les discriminations à grande échelle.


Ainsi, les effets déjà anciens de la relégation sociale, de la marginalisation économique et du mépris culturel dont la droite et la gauche partagent la responsabilité, sont aujourd’hui redoublés par les discours et les actes d’un sarkozysme qui traite les habitants des quartiers, et surtout les jeunes, comme des étrangers de l’intérieur. Or cette nouvelle génération, au demeurant bien française, malgré les obstacles renouvelés devant elle, a largement contribué au développement économique, politique, social, associatif et culturel de la France.
Nous ! Citoyens oubliés de la République, déclarons ne plus croire aux promesses sans lendemain, aux grands discours creux et paternalistes.


Nous ! Citoyens discriminés de la République, renouvelons l’appel à l’égalité et à la solidarité.
Nous ! Citoyens de seconde zone de la République, réaffirmons notre détermination à transformer les conditions de vie des quartiers.

 

Nous ! Citoyens de la République de toutes origines, refusons les inégalités, défendons une certaine idée de la politique consistant à être au service de tout citoyen, quelle que soit sa condition sociale, ses croyances, sa religion, ses appartenances politiques ou son pays d’origine. 


Nous ne marcherons plus dans les calculs politiques à court terme qui instrumentalisent la différence, qui installent le désespoir et la déshérence au cœur de nos cités.
Nous ne marcherons plus dans ces politiques de la ville annoncées en fanfare, « plans Marshall » ou « antiglandouille »…
Nous ne marcherons plus pour demander ce qui devrait nous revenir de droit : une égalité réelle garantie par la loi et vérifiée dans les faits.


Par cet appel, nous exigeons de tous les candidats à l’élection présidentielle de 2012 qu’ils présentent un projet qui mette enfin en application le principe constitutionnel d’égalité. Nous les appelons à réparer les injustices sociales subies par toute une génération oubliée, lassée et déçue par une politique qui a dénaturé et trahi les valeurs de notre pays en disqualifiant ses propres citoyens. 


Le projet de notre société ne peut plus se faire sans nous, car malgré l’aveuglement de certains, c’est bien avec nous toutes et nous tous que se construit aujourd’hui la France de demain.

>> Signez l'appel sur RespectMag

 

Marche pour l'égalité et contre le racisme - 1983

INA. 03/12/1983 - Reportage sur l'arrivée à Paris de la marche pour l'égalité et contre le racisme. Partie de Marseille le 15 octobre dernier avec 32 immigrés pour attirer l'attention sur les problèmes des jeunes issus de l'immigration, c'est une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes qui les a accompagné aujourd'hui.Déclaration de Toumi DJAÏDA initiateur de cette marche avec le prère DELORME.Interview d'une manifestanteDéclaration de Georgina DUFOIX, secrétaire d'Etat à la famille et aux immigrés.

Publié dans France & Monde

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