Erscia ne fera plus scier !

Publié le par CitiZen Nantes

13/10/2013 - N. Cooper
Le couperet est tombé mercredi 9 octobre 2013, le Conseil d’État a tranché, le projet de scierie industrielle Erscia (Morvan) ne verra pas le jour.

Pour le Conseil d’État, le projet ne comprend pas de "raisons impératives d'intérêt majeur", ce qui ne lui donne donc pas le droit de déroger à la directive européenne de 1992 sur l'habitat de la faune, transcrite depuis dans le code de l'environnement français. Il lui manque cette condition sine qua none, estime la haute juridiction administrative, pour obtenir une autorisation d'aménagement à détruire, altérer, dégrader des sites de reproduction ou d'aires de repos d'animaux et de transports d'espèces animales".

"Cet avis marque un changement de jurisprudence du Conseil d'Etat, observe Benoist Busson, avocat de FNE. Il y a certes d'autres décisions qui ont abouti à l'abandon de futurs chantiers au nom de la directive habitat et de la faune, mais ils étaient défendus par des promoteurs privés. Cette fois, le Conseil d'Etat a contrecarré un projet de politique publique. Mettre en avant la création d'emplois ne suffit plus, on peut donc s'attendre à ce que les contentieux se multiplient à l'avenir.

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09/06/2013 - N. Cooper

Notre-Dame-Des-Bois. Erscia fait pas scier !

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Nouvelle venue dans le paysage des Zones à Défendre et qui a décroché «la queue du Mickey» : Marcilly dans le Morvan.

Situé à l’entrée du parc naturel régional du Morvan, les quelques 200 habitants de ce charmant petit village ont un quotidien quelque peu bouleversé depuis l’annonce de la destruction du «Bois de Tronçay» en faveur d’un pôle de transformation de bois d’ERSCIA France, du groupe luxembourgeois Wood & Energy.

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Le bois se trouvant à vol d’oiseau à 500 mètres du village, cela avait de quoi soulever quelques inquiétudes écologiques et environnementales vue l’implantation d’un tel méga complexe industriel ; sans compter le balai journalier de quelques 175 poids lourds qui iront l’alimenter.

L’aberration du projet, au milieu de tant d’autres, notons le, est la ferme volonté de la municipalité de Corbigny, propriétaire de la zone, de raser 92 hectares de magnifique feuillus afin d’y implanter un incinérateur... à bois.

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Après deux suspensions du projet par le tribunal administratif de Dijon, M.Matalon préfet de la Nièvre tiendra ses engagements de ne pas écrire un 3ème arrêté de destruction d’habitats d’espèces protégées. Élu en novembre 2011, il disparaît de son poste sans connaissance de sa nouvelle destination et se voit remplacer par une préfète, Michéle Kirry, sur proposition du ministre de l’intérieur Manuel Valls.

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A peine installée sur son siège, elle retire le 2ème arrêté, en publie un 3ème autorisant Nièvre aménagement à défricher une parcelle du bois ; ce qui sera fait dans l’instant le 4 février 2013.

Branle bas de combat dans les chaumières, après quelques coups de fil, des dizaines de personnes opposants-es au projet converge vers le site. Ils ne parviendront malheureusement pas à faire face aux gardes-mobiles venus en nombre et une centaines d’arbres seront abattus. Qu’à cela ne tienne le soir même une sérieuse résistance s’organise, avec l’occupation d’un champs longeant le bois. Notre-Dame-Des-Bois était née.

N.Cooper

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>> Plus d'infos : adretmorvan.org  /  zad-boisdutroncay.org

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Publié dans France & Monde

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