Retour sur l'emprisonnement d'Enguerrand

Publié le par CitiZen Nantes

Mise à jour

Enguerrand a été incarcéré le 1er avril 2014 soit un peu plus de deux mois après la "manifestation anti-aéroport" du 22 février à Nantes.
Condamné pour avoir lancé un fumigène il a été libéré le 17 janvier 2015.
Retour sur plus de 9 mois de prison.

07/12/2014 - Marathon de soutien à Enguerrand

Un marathon symbolique était organisé ce 7 décembre dans les rues de Nantes pour demander la libération de ce jeune militant, en prison depuis 8 mois. Il a été condamné à un an ferme suite aux débordements de la manifestation du 22 février dernier contre le projet d'aéroport à Notre Dame des Landes. Un aménagement de sa peine vient de lui être refusé. "Acharnement judiciaire", disent ses soutiens qui comptaient 200 personnes environ ce dimanche.

Télénantes

Télénantes

A l'appel du comité de soutien à Enguerrand Delanous, militant anti-aéroport en détention depuis huit mois, ils dénoncent "l'acharnement policier et judiciaire". Ouest France

Ouest-France

Article Ouest-France - 06/12/2014

Article Ouest-France - 06/12/2014

27/11/2014 - Enguerrand stoppe sa grève de la faim

Engué a stoppé sa grève de la faim car il a besoin de forces pour résister entre ces 4 murs qui l'oppriment depuis bientôt 7 mois.

Le Canard Enchaîné dédie à notre camarade un petit papier qui soulage, dans son hebdo de cette semaine (ci-dessous).

C'est l'occasion de vous rappeler que le 7 décembre 2014, rendez-vous est donné à la préfecture pour un marathon contre cet emprisonnement, et plus largement contre la répression judiciaire. Liberté pour Engué !

Communiqué du Comité de soutien à Enguerrand

26/11/2014 - "Dans les prisons de Nantes"

Article de Jean-Luc Porquet (Le Canard Enchaîné) du 26/11/2014 à lire ici

Dessin de Cabu. Le Canard Enchaîné

Dessin de Cabu. Le Canard Enchaîné

13/11/2014 - Enguerrand en grève de la faim contre l'acharnement du ministère public

Le ministère public se déjuge en allant bien au-delà de la peine qu'il avait requis lors du procès du 1er avril, à savoir 6 mois ferme. Cela va faire 7 mois et demi qu'Enguerrand est sous les verrous.

Comité de soutien à Enguerrand

Aujourd'hui 13 novembre 2014, Enguerrand entame une grève de la faim. Vendredi dernier, il a vu sa demande d'aménagement de peine acceptée par la JAP (Juge d'Application des Peines).

Il aurait du sortir hier, sous bracelet électronique, et commencer à travailler à partir de lundi. Sa libération a toutefois été suspendue par le parquet, qui fait appel au prétexte qu'il n'a pas travaillé entre janvier 2013 et son incarcération.

Et pourtant, Enguerrand travaille en prison, et il a pour lui les avis du SPIP (Service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation) et de la pénitentiaire : le dossier rêvé.

Cette décision politique soulève deux paradoxes

Le procureur, par sa décision, empêche Enguerrand d'occuper l'emploi qu'il avait décroché au motif qu'il n'aurait pas travaillé pendant un an.

Le ministère public se déjuge en allant bien au-delà de la peine qu'il avait requis lors du procès du 1er avril, à savoir 6 mois ferme. Cela va faire 7 mois et demi qu'Enguerrand est sous les verrous.

La date d'appel n'est toujours pas connue.

Comité de soutien à Enguerrand

21/07/2014 - Lettre de prison d'Enguerrand 2/2

N'ayons pas peur de résister.

Enguerrand. Lettre de prison

Enguerrand avec sa petite fille la veille de la perquisition. Photo : M. 30/03/2014

Enguerrand avec sa petite fille la veille de la perquisition. Photo : M. 30/03/2014

Maison d'Arrêt de Nantes-Carquefou, le 26 juin 2014

3 mois.

Quand ces mots seront lus, cela fera un peu plus de 3 mois que je suis enfermé. Le temps passe, et commence à paraître long.

Le temps.

Cette société qui considère que « le temps, c'est de l'argent » - où tout doit toujours aller plus vite – cette société donc, n'a trouvé comme punition sournoise que celle de faire perdre leur temps à ceux qui ne jouent pas dans ses règles.

Sauf que le temps qui passe, que l'on passe ici, ce n'est pas de l'argent que l'on perd, ou que l'on ne gagne pas, ce sont nos vies qui s'écoulent, sans vraiment être vécues.

En essayant de voler notre temps, c'est nos vies qu'ils tentent de s'approprier.

Alors, pour résister à ce vol, il faut occuper son temps de manière constructive, afin qu'il ne soit pas complètement perdu. L'occuper, plutôt que de vouloir le tuer :

Tuer le temps, c'est gober cinq cachets par jour, fumer trois ou quatre joints et regarder la téloche.
Utiliser son temps en occupant son esprit, c'est lire, écrire, apprendre... ou encore éplucher le Code de Procédure Pénale, pour les emmerder avec leurs propres règles qu'ils ne sont même pas foutus de respecter.

Chaque seconde passée de manière constructive est déjà une évasion en soi. Et, aussi symbolique soit-elle, c'est toujours une petite victoire. Silencieuse, invisible - le perdant lui-même n'est pas informé de sa défaite, lui qui se croit si fort.

Et il ne l'aime pas, la défaite.

Ils n'ont pas aimé que, le 22 février, pendant plusieurs heures, nous ayons résisté, prouvé que c'était possible face à cette police militarisée ; redonné des aspérités à cette ville aseptisée.

Ils n'ont pas apprécié d'avoir échoué à nous diviser, à nous opposer les uns aux autres selon nos modes d'action.

Après avoir blessé nombre de camarades le 22 février, le temps des procès a suivi. Ils ont cherché à nous intimider avec les peines de prison, qu'elles soient fermes ou avec sursis.

Plus que de punir les actes des inculpés, il s'agit d'instiller la peur parmi ceux qui luttent, les dissuader de continuer. S'ils veulent que nous ayons peur, c'est qu'ils nous craignent, qu'ils craignent la force qui se dégage de nos luttes. Cette force qui pourrait balayer leur vieux monde absurde.

N'ayons pas peur de résister, de lutter jusqu'au bout, peu importe ce que cela implique. La croyance dans le fait que nous luttons pour une cause juste est plus forte que leurs menaces.

Si nous ne nous laissons pas terroriser, la victoire est certaine.

À un de ces quatre sur les barricades !

Engué

22/05/2014 - Enguerrand, candidat aux élections européennes

De sa prison, Enguerrand a décidé d'être Candidat aux élections européennes sur la liste NPA-Gauche Indépendantiste. Il l'explique dans une lettre datée du 15 mai 2014 (ci-dessous).

15/05/2014 - Lettre de prison d'Enguerrand 1/2

"Je ne me tairai pas"

Enguerrand, lettre de prison

Depuis le 1er avril, je suis entre quatre murs pour avoir répondu à la brutalité policière d’une force hallucinante qui s’est abattue sur la manifestation du 22 Février. Les procès qui s’en sont suivi, dont le mien, poursuivaient le même objectif que les agissements policiers du jour même.

Cet objectif c’est celui de nous terroriser pour mieux pouvoir briser les luttes. Quand un flic mutile ou qu’un juge emprisonne, au-delà des premiers concernés c’est toutes celles et ceux qui luttent qui doivent être amenés à penser que le prochain pourrait être eux et qu’ils feraient mieux de rentrer sagement chez eux. Il faut nous faire taire !

Si j’ai accepté la proposition qui m’a été faite de rejoindre la liste soutenue par le NPA et Breizhistance, c’est avant tout pour montrer, malgré la prison ou l’interdiction de manifester pendant 3 ans à Nantes et sur la ZAD, que je ne me tairai pas.

Paradoxalement, je ne crois pas en la possibilité d’un réel changement passant par les urnes. L’histoire nous a démontré que c’est avant tout de la rue, des luttes et du rapport de force entre les peuples et leur gouvernants qu’ont toujours émergé les progrès sociaux.

Malgré tout, les élections permettent au moins une chose, elles forcent (un peu) les médias – ne serait-ce qu’un court et bref instant – à sortir de leur partialité permanente, permettant à d’autres voix de s’exprimer.

Alors que l’Europe devrait s’employer à la transition énergétique et agricole, à l’harmonisation et à la hausse des niveaux de vie des européennes et des européens, elle s’évertue aujourd’hui à briser les services publics et casser la réglementation du travail. Aujourd’hui elle permet à des multinationales de détruire la nature et de bétonner nos terres nourricières alors que nous ne cessons d’importer de plus en plus de denrées alimentaires.

Enguerrand

Quand on ose protester, les mouvements sociaux sont systématiquement réprimés. Plus le temps passe, et plus les polices s’arment et se militarisent, ressemblant au fur et à mesure à des escadrons servant on ne sait quel régime autoritaire. Partout en Europe les luttes sont durement réprimées, avec leurs lots de blessés et d’incarcérés. Si les luttes environnementales, comme à Notre-Dame-des-Landes, au Val de Suza en Italie ou en Chalcidique en Grèce*, subissent une répression particulièrement forte, c’est que le nombre de personne y participant est important. La concentration géographique permet alors à la police de s’en servir comme laboratoire de la répression et du maintien de l’ordre. Expérimentation qui servira ensuite à réprimer plus encore les mouvements sociaux de masse plus « classiques ».

Si l’UE et ses Etats membres versent dans l’autoritarisme, certains de ses opposants n’offrent de perspectives plus réjouissantes. Le rejet de la politique de l’UE devrait se traduire, si l’on en croit les « sondocrates », par une vive poussée du FN dans l’Etat Français et des partis aux idées réactionnaires, islamophobes ou antisémites ailleurs en Europe. Ces partis n’offrent en réalité rien d’autres qu’un « national-capitalisme », un retour à l’ordre moral et à une politique des plus austère et autoritaire. 

C’est pourquoi il convient de défendre un programme de rupture avec le fonctionnement actuel de l’UE, pour ne pas laisser aux fascistes le titre « d’unique opposant à l’U.E. » implantant plus encore leurs idées racistes et xénophobes.

Solidarité avces toutes celles et ceux enfermés pour leurs idées ; ax blessés, mutilés, assassinés par la police partout dans le monde !

Ken ar c’hentañ !

Enguerrand

*lutte contre la construction de la ligne LGV Lyon-Turin et contre une exploitation minière en Grèce. 

31/03/2014 - Perquisition et interpellation

Elles ont eu lieu à l'aube du 31 mars. Avec d'autres inculpés, il est passé en comparution immédiate dès sa sortie de garde à vue, le lendemain, 1er avril.

Un comité de soutien s'est monté et une manifestation s'est déroulée le 17 mai pour soutenir les inculpé-e-s et blessé-es du 22 février et condamner les répressions abusives.

Publié dans Prison, Nantes, Enguerrand, Nddl

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Bruno des baumettes 26/07/2014 10:49


bonjour, merci pour ce témoignage que j'ai relayé sur mon blog : http://brunodesbaumettes.overblog.com/2014/07/le-temps-carceral.html - Bruno