Face à la police, soyons créatifs !

Publié le par CitiZen Nantes

Mise à jour du 26/11/2014
Retour sur la manif anti répressions du 22 novembre
Pris dans une nasse inextricable de sentiments contradictoires, oppressé de tous côtés par les flics et les journalistes, préférant une défaite honorable au victorieux coup de pub, je me suis extirpé du piège nantais au bout d'une heure, piteux de n'y avoir pas trouvé la bonne occasion de jeter ma poésie à la face de la police. 

J'étais triste et un peu honteux aussi, tout en étant convaincu qu'improviser une toile dans ces circonstances aurait été dénuée de sens, au minimum inefficace dans son aspect forcé.

Pendant ce week end j'ai été invité à jouer sur scène avec le quartet de Timothée Le Net (1), des costauds dont l'amitié artistique et la musique incandescente m'ont réchauffé le cœur, et inspiré cette peinture ; je la leur dédie, ainsi qu'à Rémi Fraisse, à qui les musiciens ont dédicacé le morceau Latiwé pendant leur set.

La lutte continue ! 

S.Cattaneo

(1) à Saint-Jean-la-Poterie, lors d'une soirée de soutien aux opposants à Notre Dame des Landes
 

Peinture dédiée à Rémi Fraisse

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17/11/2014

Musique partout, police nulle part !

Je m’adresse à mes amis musiciens.

Dans la nuit du 25 au 26 octobre 2015 mourait Rémi Fraisse, 21 ans, atteint dans le dos par une grenade offensive lancée par un gendarme.

Les détails de cette bavure, les mensonges de l’état et la répression contre les manifestations vous ont tous choqués : qui ne serait pas inquiet et dégoûté par une telle brutalité, un si grand mépris, une si flagranteninjustice ?

À titre individuel un certain nombre d'entre vous participe aux rassemblements contre les brutalités policières ; peut-être même y en a-t-il, parmi les plus déterminés, qui tentent en ces occasions de mettre en échec la police par tout moyen nécessaire... qui sait ? Je n'ai vu personne de ma connaissance le faire, mais ça ne veut rien dire : on porte un masque dans ce genre de circonstance.

Mais vous avez conscience d'être plus que des pourvoyeurs de distractions patentés, ou des saltimbanques établis, n'est-ce pas ?

N'est-ce pas ?

Vous êtes des artistes. Et la beauté de votre art pourrait tout aussi bien ces jours-ci s'épanouir dans la rue, fleurir dans les campagnes et dans villes... Voilà qui aurait du sens, et une classe formidable !

Dès lors qu'attend-on pour descendre sur les boulevards et balancer votre poésie dans la gueule des flics ? Je vous aiderai si vous voulez, en vous accompagnant avec mes pinceaux, mes couleurs, et on fera un happening : on a besoin de ça en première ligne, je peux vous le dire. Les pandores détestent danse et musique, qui les déstabilisent : je l'ai constaté dans la forêt de Rohanne à notre-Dame-des-Landes. En peignant et jouant de la musique face à ceux qui armés, casqués, retranchés derrière leurs boucliers tuent, blessent et mutilent nous nous dresserons contre leur violence, et opposerons à la hideur d'un système inique notre beauté forcément magnifique.

Je vous attends.

Les copains, les copines : samedi 22 novembre, l'histoire sera de notre côté.

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S.Cattaneo

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Samedi 22 novembre, manifestation contre les violences policières

14h sur le parvis du palais d’INjustice de Nantes

Lettre aux syndicats, associations, collectifs de luttes : Ensemble, contre la répression et les violences policières

Par cette lettre, nous tenons à vous alerter sur la répression toujours plus grande que nous subissons lors de nos luttes. Le 22 février dernier, lors de la manifestation contre le projet d’aéroport, un impressionnant dispositif de police interdisait le passage sur le parcours qui avait été annoncé. Il s’agissait pourtant du parcours traditionnel des manifestations à Nantes, la traversée du cours des 50 otages. Il s’agissait également d’une manifestation d’ampleur avec quelques 40 000 manifestant-e-s.

Cette manifestation survenait dans un contexte tendu, où depuis des années le mouvement anti-aéroport gagne en force sans que l’État ne bouge d’un pouce dans sa volonté d’imposer le projet. Au cours de la manifestation, un local de Vinci a été saccagé et des engins de chantier détruits. Quelques projectiles sont venus s’écraser sur les grilles anti-émeutes et sur les boucliers des CRS. Pour nous, cela ne justifie pas que ces derniers aspergent l’ensemble de la manifestation de gaz lacrymogène. Cela ne justifie pas non plus les tirs de flash-ball qui ont fait perdre un œil à trois personnes.

Suite à la manifestation, l’État s’est acharné à trouver des coupables. Non pas au sein des forces de l’ordre qui ont mutilé des manifestant-e-s, mais au contraire parmi ces dernier-e-s. Pour contrer l’individualisation de la répression d’une manifestation que nous assumons collectivement, nous proposons à tou-te-s celles et ceux qui souhaitent se solidariser avec cette manifestation d’écrire des lettres d’auto-dénonciation que nous allons remettre au procureur le 22 novembre au cours d’une nouvelle manifestation.

Entre temps, les gendarmes ont tué Rémi Fraisse au cours d’une manifestation dans le Tarn. Nous avons donc élargi la manifestation du 22 novembre, pour en faire une manifestation contre les violences policières.

Nous pensons que chaque syndicaliste doit se soucier des rapports de force qui permet à l’État de réprimer les mouvements sociaux. La mort de Rémi Fraisse n’est pas un accident. Elle est le résultat logique de l’utilisation massive de la force pour mater les manifestations. Accepter cet état de fait, c’est se condamner à toujours plus d’impuissance dans nos luttes et laisser à l’État une plus grande marge de manœuvre pour contrôler et décourager les mouvements sociaux.

Au delà des manifestations, nous tenons aussi à dénoncer l’utilisation de la violence d’État . Chaque année la police est responsable de nombreux meurtres, notamment quand il s’agit d’imposer l’ordre dans les quartiers populaires, de protéger la propriété privée ou de contrôler les frontières.

Nous vous appelons à relayer cet appel auprès de vos adhérent-e-s, et à venir nombreux et nombreuses le 22 novembre.

Le collectif d’organisation de la manif, composé des membres de différents comités locaux contre le projet d’aéroport, de collectifs anti-répression et de membres de différentes associations.

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> Lettre d’auto-dénonciation qui peut être envoyée jusqu’au 22/11/2015. Les courriers signés seront communiqués au Procureur de la République .

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