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"Quand j'ai lancé Dijonscope il y a deux ans, c'était pour proposer un autre média local, un média indépendant et exigeant, pas pour passer mon temps à courir après les annonceurs pour faire rentrer un peu d'argent dans les caisses et espérer être à l'équilibre " Sabine Torres - Extrait de "l'Actu des médias", Erwan Gaucher. Lire l'intégralité sur www.erwanngaucher.com
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LA NOUVELLE MENACE DE L'INTERNET

"À tous les députés du Parlement européen : Nous, citoyens du monde, vous appelons à défendre un Internet libre et ouvert et à refuser de ratifier l'Accord Commercial Anti-Contrefaçon (ACTA) qui l'anéantirait. Internet est un outil essentiel aux peuples du monde entier pour échanger des idées et promouvoir la démocratie..." Pétition mondiale sur www.avaaz.org
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FESTIVAL DES ESCALES : LA RÉTRO 2011
Par le Festival des Escales à l'occasion de leurs 20 ans
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Vendredi 9 mars, Tour Bretagne, l’ "Observatoire Universitaire des Médias" recevait Roger Chinaud, en pleine promotion pour son livre "De Giscard à Sarkozy : dans les coulisses de la Ve", afin de répondre à la réflexion du mois, "Médias et politique : qu’en pensent les politiques ?"
L’homme commence fort. "Il n’y a pas de rumeurs dans ma présentation, ce qui aujourd’hui est assez exceptionnel". Homme public, homme de terrain et de
l’ombre, Roger Chinaud, né à Paris en 1934, est imposant, à l’aise et connu de l’auditoire. Secrétaire général des Républicains Indépendants (R.I.), président du groupe parlementaire giscardien,
puis du groupe UDF, député de Paris, député européen, vice-président du Sénat, maire du XVIIIe arrondissement de Paris,… les titres ne manquent pas.
La politique et les médias, il connait. Rumeurs, liberté d’expression, indépendance des médias, peoplisation de l’information et de la politique,… il en a été acteur, spectateur, victime. Force d’anecdotes et de souvenirs, il commence par rappeler le "rôle" de chacun, "le monde politique est fait de la politique elle-même mais aussi de son traitement médiatique, qui sont indissociables. L’un ne peut être sans l’autre et presque réciproquement."
Lorsqu’il entend qu’aujourd’hui dans la société, "ce n’est pas ce qu’on dit qui compte mais ce qu’on entend", il n’a aucun doute quant à l’identité du responsable. La rumeur a selon lui trouvé une zone extraordinaire, "un ogre fabuleux qui a besoin de rumeurs en grand nombre pour en avaler tous les jours" : Internet. Le seul et unique coupable de l’emballement médiatique autour d’informations parfois fausses est le manque de contrôle de la toile, sa trop grande liberté. Et quand les grands médias s’en mêlent dans leur "course à l’échalote", c’est eux mêmes qui enflent la rumeur sans en assumer les conséquences, "c’est le rendez-vous des faux-cul" comme il aime à le répéter. Mais attention, Roger Chinaud n’est pas homme à prôner la censure de l’internet, il accepte qu’ "on raconte ce qu’on veut. A condition qu’on ne confonde pas ça avec la vérité".
La vérité. Justement il y revient souvent et insiste fortement. Il déplore le manque d’éthique, l’abandon de certains principes dans les mondes politiques et médiatiques et voudrait replacer au cœur des réflexions le citoyen, celui que par habitude il appelle "l’électeur".
"L’important pour ceux qui s’intéressent à l’actualité, c’est de savoir si l’information délivre un message de vérité ou non", et la presse écrite qui se plaint de perdre de l’argent, si elle perd des lecteurs, c’est pour lui "parce qu’on n’y retrouve plus la vérité de l’objectivité des faits".
Devant l’exemple du "40% alarmant, 60% émouvant", campagne de publicité RTL, l’ex conseiller de Valéry Giscard d’Estaing se conforte dans l’idée que la priorité n’est plus la vérité. "Comment voulez-vous ne pas faire peur aux gens ?" assène-t-il. "L’émotion n’est pas la vérité ". On sent même une once de nostalgie dans ses propos lorsqu’il évoque les années durant lesquelles les grands journaux de province, comme Ouest France ou Presse Océan travaillaient avec l’AFP (Agence France Presse) et que "personne -les hommes politiques compris- n’aurait remis en question. A l’époque c’était la vérité."
Aujourd’hui, "l’information est traitée comme une marchandise, on cherche à offrir tous les jours aux gens des têtes de gondoles ». Les gens ne sont pas à leur place, « les journalistes s’interviewent eux-mêmes et vous ne pouvez-pas être patron de presse quand vous vendez des avions ou que vous êtes un grand entrepreneur industriel. L’expression journalistique est par nature libre ou n’est pas, les médias doivent être un monde à part".
Roger Chinaud s’intéresse à l’actualité et en donne des exemples : Denisot, Aphati qu’il surnomme avec un amusement exaspéré "Apatix",…avant de s’arrêter sur le "cas" Stéphane Guillon qui intervient 3 jours par semaine sur France Inter après l’éditorial, "il donne l’impression à l’auditeur que c’est la même chose et c’est fait exprès. Ce sont des injures pures et simples, de la diffamation à une heure de grande écoute pour l’information. Il faudrait réserver des temps, voire censurer".
Pour l’homme médiatisé qu’il a été, lui aussi sujet aux critiques, la caricature est "une bonne chose. Même excessive, elle est utile voire indispensable –pour les politiques plus que pour n’importe qui d’autre- mais il ne faut pas confondre le mélange des genres. Il ne faut pas se laisser aller à l’information secondaire (l’image, …) et confondre la critique avec l’information de fond."
L’information de fond, justement, c’est celle qu’il avoue ne pas retrouver dans le journal télévisé de Laurence Ferrari sur TF1. Les sujets pour l’ensemble négatifs, ne sont "pas l’information sur les vraies choses". R. Chinaud a d’ailleurs une solution toute trouvée à proposer : réserver 5 minutes de libre expression au gouvernement pendant le journal télévisé (même si la parole doit être laissée à l’opposition le lendemain), 5 minutes d’information brute, pas "saucissonnée par un journaliste qui n’aura pas travaillé le fond des choses."
Homme politique, homme d’utopie, il assure que, dans tous les cas, il faut revenir à la dimension collective des choses, à la notion de partage. Et bien loin d’accabler les médias en matière de responsabilité, ce sont pour lui, aussi bien aux journalistes qu’aux hommes politiques de faire un effort en ce sens et "d’arrêter de fabriquer une société d’assistés."
C. Gendron pour CitiZen Nantes. 13/04/10
En partenariat avec l'Observatoire Universitaire des Médias de Nantes
Photo : Observatoire Universitaire des Médias
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