Publié dans : Tribunes Libres
Vendredi 22 janvier 2010
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CitiZen Nantes accueille via ce billet une première contribution de Leïa.
Retour sur la réunion publique organisée par la Ligue des Droits de l’Homme à Nantes.
La Ligue des droits de l’Homme a lancé une campagne nationale intitulée : "Urgence pour les libertés ! Urgence pour les droits
!" Le 9 décembre dernier, celle-ci invitait les citoyens, leurs associations, organisations syndicales et politiques, à débattre de la situation d’urgence en ce qui concerne les nombreuses
atteintes aux droits et aux libertés en France, dues aux dérives d’une société de surveillance généralisée et d’une marchandisation sans limite des biens et des personnes.
Animée par Jean-Pierre Dubois, Président de la Ligue des droits de l’Homme ; Laurent Thévenot, sociologue, directeur
d’études à l’EHESS, co-fondateur du Groupe de Sociologie Politique et Morale, et Pierre Concialdi, économiste, animateur du Réseau d’alerte sur les inégalités, altermondialiste et
chroniqueur à Siné Hebdo, cette réunion a rasssemblé une foule de participants : le grand amphithéâtre de la faculté de médecine de Nantes était tout juste suffisant pour accueillir les
nombreuses personnes venues assister à ce débat. Cela prouve bien la nécéssité d’un débat publique sur ces problématiques, trop souvent éludées dans les discours politiques actuelles.
Au delà de la question du niveau de consommation des français, abordée par Pierre Concialdi, en faisant référence aux minimas sociaux
et à la qualité des salaires, deux questions majeures ont été abordées au cours de cette réunion : la protection des droits et la défense des libertés au sein d’une société de surveillance
généralisée.
Laurent Thévenot a su rappelé le caractère illusoire de la liberté de choix face aux lois du marché et aux politiques sécuritaires qui
s’en portent garantes. Pour vaincre ce paradoxe, il devient donc nécessaire de remettre en question cette société fondée sur la
normalisation de tout et de tous. L’action collective, bien qu’indispensable au changement, est également soumise à ce processus de normalisation et d’évalaution, à des fins de rentabilité. Les
syndicats, par exemple, en se faisant les représentants de la parole des travailleurs, anihilent trop souvent la notion de subjectivité, ce qui freine nécessairement les
initiatives.
Jean-Pierre Dubois est intervenu sur cette question du contrôle social assurée par des politiques pénales et sécuritaires de plus en plus prégnantes, et ce au dépourvu des politiques sociales.
Nous vivons dans une véritable société de surveillance où les droits les plus élémentaires sont trop souvent bafoués. Quelques exemples comme la récente création du ficher Edwige, la mise en
détention de jeunes enfants, le refus de droits d’asile, ou le débat sur l’identité nationale, prouvent bien que nous nous
éloignons de plus en plus d’une société de libertés, d’égalités sociales et de solidarité au profit de politiques de discrimination et d’exclusion.
Au nom de la marchandisation et de la concurrence généralisée, les droits sociaux reculent et les services publics sont
remis en cause. Ces problèmatiques qui relèvent du politique créent des foyers incendiaires qui se multiplient. « Nous voulons réagir contre le sentiment qu'il y aura toujours davantage de
difficultés sociales, de précarité, de recul des libertés, explique Jean-Pierre Dubois. Nous voulons dire qu'on peut maîtriser l'avenir si on réveille le débat démocratique ».
Exprimant la conviction qu'il n'y a de société que solidaire, la LDH prépare un pacte de Citoyenneté qu'elle proposera ensuite aux politiques lors des prochaines échéances. Ce que nous
retiendrons ici c’est surtout l’invitation qui a été faite à penser ensemble un autre chemin vers un avenir plus juste et plus humain. Partant du principe que rien ne nous condamne à subir, cette
initative de la LDH démontre bien qu’il est temps d’instaurer des espaces pour en débattre, au delà de nos divergences et de nos différences.
Leïa pour CitiZen Nantes. 22/01/10
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