Les relations gars-filles en question

Publié le par CitiZen Nantes

Mardi 12 juin 2012 avait lieu à la maison de quartier du Breil une soirée d’échanges de théâtre-forum  sur les relations garçons-filles proposée par le Planning Familial et la Compagnie Gaïa, en partenariat avec la Maison de quartier du Breil, l’Accord et Citizen Nantes. La soirée s'appuyait sur les ateliers menés pendant l'année avec des collégien-ne-s du Breil à Nantes.

En 2012, des collégiennes et collégiens du collège du Breil ont participé à des séances de théâtre-forum avec la compagnie Gaïa et à des ateliers avec l’association du Planning Familial. 

Arc-en-Ciel Théâtre, le Planning Familial et le Collège du Breil se sont unis contre le sexisme !

Maud et Karine du Planning Familial, Marion et Arnaud de la Compagnie GAÏA se sont prêtés au jeu : autour de petites mises en scène, ils posent la problématique des relations entre les filles et les garçons. Inspirées des interrogations des collégiens du Breil, on y retrouve violence verbale, soumission, préjugés. La diffusion du court-métrage  Chronique du Sexisme Ordinaire éveille également l’intérêt : jusqu’où aller pour s’affirmer ? Pendant une agression, rééquilibrer les forces en imposant son point de vue, et risquer des répercussions plus graves, ou bien s’effacer pour faire passer la crise…

Le bilan de cet atelier théâtre auprès des jeunes élèves s’avère rude : « C’est comme ça. » L’argumentation est timide, chacun des enfants se rallie à une opinion générale, sans pour autant y adhérer. Le ressenti général de fatalité sur ces situations quotidiennes n’encourage pas le changement. Mais comment faire lorsque la société elle-même formate les esprits ? Le sexisme, et en parallèle le racisme, ne sont pas naturels, ils s’apprennent ; ces phénomènes découlent de la recherche du profit, dans un système économique coopératif. Il est indispensable de s’intéresser à l’Histoire pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui, que ce soit à propos de l’esclavage, du colonialisme, ou de la condition des Femmes au travers du temps.

Une mère dans le public est outrée : « Les stéréotypes sont véhiculés dès la crèche ! » ; dans les livres d’école, les garçons bleus comptent des camions, pendant que les filles roses additionnent des poupées ; les magasins de jouets transforment les petites en vraies ménagères, alors que les voitures de police, les mini motos et les grues envahissent l’autre versant du rayon. À la sortie de l’enfance, la réalité effraie : au même titre que les hommes, les femmes sont payées 27% de moins ; il n’y a aujourd’hui que 4% de femmes chefs d’entreprise… Dès lors que ces pratiques deviennent communes, il devient difficile de lutter contre un ancrage culturel dans une société conformiste.

« Les collégiens du Breil arrivaient mieux à définir le racisme que le sexisme » Un problème qui émerge peu à peu de l’ombre… « Ils connaissent bien leur leçon : ils savent dire ce qui est bien, et ce qui est mal. Ce qu’ils ont du mal à comprendre, c’est le pourquoi ! Notre intervention n’était pas seulement préventive, mais aussi explicative. »

Quoiqu’il en soit, les jeunes ne sont jamais venus aux ateliers en traînant des pieds, et même, ils en redemandent.

Question d’éducation ? De programmes scolaires ? De commerces stéréotypés ? Les Femmes et les Hommes ne sont pas au bout de leur peine pour rétablir l’ordre.

Claire Godardjournee-de-la-jupe-ni-pute-ni-soumise-25-image-398-copie-1.jpg Visuel de la journée de la jupe 2010

>> Voir aussi l'article et la vidéo sur "Chronique du sexisme ordinaire"

>>Voir aussi "Pantalon au féminin" avec Christine Bard au Breil

 

 

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