"Les justes" d'Albert Camus par Régis Flores

Publié le par CitiZen Nantes

« Jamais sans doute, dans l'œuvre théâtrale de Camus, l'amour n'avait pris un visage plus émouvant que dans Les Justes. Entre Kaliayev et Dora, il y a le malheur d'un peuple. »

Jean-Claude Brisville

« En février 1905, à Moscou, un groupe de terroristes, appartenant au parti socialiste révolutionnaire, organisait un attentat à la bombe contre le grand-duc Serge, oncle du tsar. Cet attentat et les circonstances singulières qui l’ont précédé et suivi font le sujet des Justes. Si extraordinaires que puissent paraître, en effet, certaines des situations de cette pièce, elles sont pourtant historiques. Ceci ne veut pas dire, on le verra d’ailleurs, que Les Justes soient une pièce historique. Mais tous les personnages ont réellement existé et se sont conduits comme je le dis. J’ai seulement tâché à rendre vraisemblable ce qui était déjà vrai...

J’ai même gardé au héros des Justes, Kaliayev, le nom qu’il a réellement porté. Je ne l’ai pas fait par paresse d’imagination, mais par respect et admiration pour des hommes et des femmes qui, dans la plus impitoyable des tâches, n’ont pas pu guérir de leur cœur. On a fait du progrès depuis, il est vrai, et la haine qui pesait sur ces âmes exceptionnelles comme une intolérable souffrance, est devenue un système confortable. Raison de plus pour évoquer ces grandes ombres, leur juste révolte, leur fraternité difficile, les efforts démesurés qu’elles firent pour se mettre en accord avec le meurtre – et pour dire ainsi où est notre fidélité. »

« Je voudrais préciser encore : Que la forme de cette pièce ne doit pas tromper le lecteur. J’ai essayé d’y obtenir une tension dramatique. J’ai essayé d’y obtenir une tension dramatique par les moyens classiques, c'est-à-dire l’affrontement de personnages égaux en force et en raison. Mais il serait faux d’en conclure que tout s’équilibre et qu’à l’égard du problème qui est posé ici, je recommande l’inaction. J’ai seulement voulu montrer que l’action elle-même avait ses limites. Il n’est de bonne et juste action que celle qui reconnaît ses limites et qui, s’il lui faut les franchir, accepte au moins la mort. Notre monde nous montre aujourd’hui une face répugnante, justement parce qu’il est fabriqué par des hommes qui s’accordent le droit de franchir ses limites, et d’abord de tuer les autres, sans jamais payer de leur personne. C’est ainsi que la justice d’aujourd’hui sert d’alibi aux assassins de toute justice. »

Albert Camus

L’œuvre est une pièce de théâtre en 5 actes, écrite en réponse au livre Les Mains Sales de Jean-Paul Sartre situant un groupe de révolutionnaires socialistes cherchant à éliminer un traître du Parti.

La pièce Les Justes fut représentée pour la première fois au Théâtre Hébertot le 15 décembre 1949 dans une mise en scène de Paul Œttly.

 

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Réservations

Les Justes : premières représentations : 27 et 28 février 2014 à 20h30 / Salle Vasse, 18 Rue Colbert à Nantes.

Réservations et achat des places en ligne : site du TPN, Billetreduc.com et au 02 85 52 68 16. Tarifs réduit 8€ / plein 12€

Mise en scène

Régis Flores est comédien-metteur en scène, très présent sur la scène nantaise depuis 15 ans, à l’origine du TNT, du Théâtre Populaire Nantais (TPN) et de la plus récente Cours Des Miracles. Il a mis en scène et joue un monologue « Monsieur Malaussène au théâtre » de Daniel Pennac. Depuis 1998, il a joué et mis en scène une vingtaine de pièces dont un spectacle théâtro-musical « Ernest Jeanlin, sa vie son œuvre », sur l’alcoolisme et la solitude, un mix cinéma théâtre « La paix des braves » de Jean-Claude Carrière sur la guerre d’Algérie, une comédie satirique « Couple ouvert à deux battants » de Dario Fo et Franca Rame.

Distribution

Flore Vannier Moreau : Dora Doulebov / Jerémy Sanagheal : Ivan Kaliayev / William Flaherty : Boris Annenkov, Skouratov / Yann Tarcelin : Alexis Voinov, Foka / Régis Florès : Stepan Fedorov, le gardien / Mathilde Banderly : La grande-duchesse / Violoncelliste : Gwendoline Démont Costumes : Melaine De La Pinta

Le théâtre populaire nantais

Le Théâtre Populaire Nantais est né il y a deux ans avec l’envie de créer une compagnie qui jouerait des textes d’auteurs, le désir de renouer avec un théâtre simple, sincère et populaire, un théâtre où le sens et le jeu sont au centre de l’histoire, un théâtre brut et sans concession pour monter de grandes œuvres et les présenter à un public moins habitué des salles de spectacle. Le TPN veut permettre un large partage de ce morceau de vérité absolue qu’est l’instant du théâtre. A l’origine du projet, Régis Flores et Yann Tarcelin qui, il y a maintenant 15 ans avec leurs compagnons, avaient déjà crée un petit théâtre, le TNT, dédié aux artistes en manque d’espace de jeu.

Le TPN s’est associé à la Cour des Miracles, collectif construisant des temps de programmation sous chapiteau, et qui a pour objectif de jouer des spectacles dans des villes n’ayant pas ou peu de programmation culturelle.

« J’aime l’idée d’un théâtre populaire, un théâtre divertissant mais pétri de sens et d’émotion. J’aime l’idée d’un théâtre en liberté, un théâtre à taille humaine, fait de sueur et de rire, surtout de rire. » Régis Flores

Publié dans Arts et culture

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