Vendredi 11 mai 2012
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Publié dans : Cinéma
Depuis deux ans, le cinéma Katorza propose régulièrement des soirées "Citoyens ! Au Cinéma
!". Le vendredi 4 Mai 2012 le centre LGBT de Nantes et la Mystérieuse librairie étaient
partenaires du cinéma pour une soirée ciné-débat autour du souvenir des déportés pour homosexualité.
Chaque 29 avril, le jour du Souvenir des Déportés, le centre LGBT dépose une gerbe en souvenir aux Déportés pour
homosexualité. Cette gerbe est vue comme une sorte de gêne. Une soirée spéciale a donc lieu pour parler de ce sujet. Une soirée aux multiples facettes puisqu'elle s'articule autour de trois temps
:
- La projection du documentaire américain « Paragraphe 175 » qui rassemble les témoignages
saisissants de déportés homosexuels. Le titre vient du nom donné à l'article du code pénal Allemand qui condamnait l'homosexualité masculine depuis 1794.
- La présence de Michel Dufranne, scénariste de la bande dessinée « Triangle
rose », référence au symbole que les déportés homosexuels étaient forcés d'arborer. Il est venu spécialement de Belgique pour nous parler de son œuvre.
- Et enfin une discussion sur la question du souvenir et du droit à l'oubli que soulève le documentaire. Des anciens
déportés refusent légitimement de raconter leur histoire, d'autres se livrent pour montrer au monde que l'homosexualité a aussi fait partie des motifs de déportation.
Mémoires multiples
Que ce soit au travers du documentaire ou de la bande dessinée, les deux supports reflètent la volonté de traiter le sujet
de la déportation des homosexuels dans toute sa complexité. Le message est simple : il faut en parler, s'en souvenir.
La question a longtemps été tabou, mais c'est une réalité. Comme le rappelle Vincent Danis, président du
centre LGBT de Nantes, il ne s'agit pas de tirer la couverture à soi en revendiquant la place des déportés homosexuels au sein de la journée du souvenir des Déportés, mais bien de se rappeler que
l'homosexualité a constitué un motif de déportation, certes marginal mais bien réel.

Une vérité via le documentaire "Paragraphe 175" et la bande dessinée "Triangle
Rose"
Le documentaire « Paragraphe 175 » nous présente dans un premier temps une ville de Berlin libre et libérée,
insouciante. Au fur et à mesure des lois, le discours des témoins glisse vers des souvenirs plus sombres, plus enfouis. On ne veut pas en parler, mais on en parle quand même. Arrestations,
déportations, amours. Des histoires dans l'Histoire.
Avec la bande dessinée, Michel Dufranne offre une autre esthétique. L'histoire fictive d'un homosexuel
allemand est portée par les dessins réalistes de Milorad Vicanovic.
Mais pourquoi une bande dessinée ?
L'auteur nous explique que l'évènement déclencheur s'est produit lors d'une visite chez des amis. Un des enfants et rentré
de l'école, ils venaient d'étudier le journal d'Anne Franck et dans le cahier était noté "durant la deuxième guerre mondiale, de 1940 à 1945, les Allemands n’aimaient pas les juifs, ils ont
organisé la Shoah".
C'est donc pour lutter contre la banalisation d'une période tragique de l'histoire que Michel Dufranne commence un travail
de recherche conséquent. De nombreux témoignages lui ont en effet permis de retranscrire toute la dureté de la stigmatisation des homosexuels à leur déportation. Il a été aussi confronté à des
personnes ne souhaitant pas évoquer leurs souvenirs, une position « légitime » selon lui. Le devoir du souvenir confronté au droit à l'oubli.
Il faut retenir que ces deux moyens différents ne forment qu'une seule voix dont l'objectif est simple : « Faire vivre
une vérité historique et la transmettre »
Arnaud Douillard
Vidéo - Une cérémonie des déportés tronquée à Nantes et le cas Christian Vanneste,
député UMP
Triangle rose
BD de Dufrane/Vicanovic/Lerolle (Ed. Quadrants)
Le témoignage fictif d’un jeune homosexuel allemand persécuté, puis interné dans un camp de concentration à la fin des années 30. Une œuvre de Mémoire terrible traitant avec dignité d’un sujet
tabou.
Paragraphe 175
Documentaire américain de 1999 avec la voix de Ruppert Everett. Pendant le régime Hitlérien, les
homosexuels étaient persécutés en vertu du paragraphe 175 du code pénal allemand. Ce paragraphe, datant de 1871, condamnait à la prison "les actes contre nature" entre hommes. Paragraphe 175
donne la parole à des survivants qui nous racontent leur expérience personnelle et les conséquences durables de ce chapitre caché de l'histoire du IIIème Reich.
Bande-annonce
j'ai loupé ce film au cinéma mais j'ai pu le visionner en 4 parties sur le net.
Un film historique dure, et tendre à la fois, des témoignages qui nous parlent d'amour.
Ce filme aura servie à ce que cette histoire ne sois jamais oublié, au mémorial de l'holocauste au musée de Washington DC. les victimes homosexuelles du nazisme y sont remémorés.