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Jeudi 2 mai 2013 4 02 /05 /Mai /2013 23:31
- Publié dans : Centre ville

Procès d'un militant - 48s


Procès d'un militant par Orlanda Ribeiro 

Le procès ‘Engué’, un cas d’école face au mensonge policier contre un militant

Par Thierry Kruger - 2 mai 2013

"Ce procès fut comme un film américain, en 2 heures tout a été plié, jugé et s'est bien terminé alors que tout donnait l'accusé comme perdu si l'on se plaçait dans la position de l'Etat et de sa force..."

Nantes, 22 avril 2013, 14h40, j’entre dans la salle 3 où siège le tribunal correctionnel ayant à statuer sur l’innocence ou la culpabilité de Enguerrand ***, jeune militant de 22 ans, arrêté le 18 avril, vers 20h25, alors qu’il contre-manifestait en opposition aux manifestants anti-mariage pour tous’. Le prévenu avait été appréhendé par surprise par la police, maintenu en détention provisoire afin d’être déféré en comparution immédiate sous quatre chefs d’inculpation - ‘mise en examen’ en nov’langue - suite à la plainte de deux des trois policiers qui le mettent en cause avec une
plainte déposée contre lui  à "Waldeck Rousseau", l'Hôtel de Police nantais. Le troisième témoignage n'étant qu'une main courante, ne donnant pas lieu à des poursuites.

  A savoir : outrage envers deux membres des forces de l’ordre (art. 433-5 du code pénal), pour avoir dit « un policier suicidé, un policier pardonné », l’un des slogans des contre-manifestants - menace contre un policier (art. 433-3 du code pénal), par un geste imitant le tir au pistolet, que l’accusation requalifie en menace de mort, seconde infraction en ordre de gravité sur les trois que comporte cet article - violence contre un policier (art. 222-13*du code pénal), par un prétendu lancé de canette à la tête de l’un d’eux, qui n’a entraîné aucune incapacité. Et enfin, rébellion (art. 433-6 code pénal), pour une prétendue résistance durant l’arrestation. * note judiciaire : Habituellement une incapacité inférieure à huit jours ne donne lieu qu’à une contravention de 5e classe (art. 625-1du code pénal), sauf dans certains cas, aggravants, prévus aux articles 222-13 et 222-14.

La scène se situe dans une salle bondée, un public de 75 personnes environ dont plus d’une vingtaine debout, faute de place. Devant moi, le banc des avocats : à gauche l’avocate des deux policiers, à droite l’avocat d’Engué. Devant, le tribunal, où siège à gauche le procureur de la République, l’accusation, à droite Engué entre deux gendarmes, l’accusé. Au milieu, le président du tribunal et les greffiers. Près de l’accusé d’autres gendarmes dont un qu’il m’a été donné de connaître lors d’une de mes gardav’ sous Nicolas S., parce que policier gay assumé face à ses collègues.

Mais passons ce détail personnel ! Ce procès illustre le bon fonctionnement de la justice,malgré le fait que tout invitait à craindre une justice de classe ou pire, une justice politique aux ordres. En effet, les témoignages les plus accablants contre ce jeune homme provenait d’un officier de police, un homme assermenté,  tandis qu’’Engué’ comme militant anarchiste déjà appréhendé dans le passésemblait dans le collimateur de la Police. Or nous verrons que ses‘antécédents’ sont purement politiques et que le président du tribunal n’est pas tombé dans le manichéisme de l’accusation, tant du procureur que de l’avocate. Le défenseur, maître Vallée à, au cours d’une plaidoirie brillante, démonté le faux témoignage - c’est ainsi qu’il est apparu au fur et à mesure de son intervention - du principal accusateur.

Pour lire mon compte-rendu il est nécessaire  la méthode. J’ai pris aussi vite que possible les paroles exactes prononcées, marquée entre guillemets, tout en écoutant la suite et la résumant entre crochets.

Les mots accentués dans la prononciation seront soulignés, s'ils sont très accentués ce sera écrit en MAJUSCULE SOULIGNÉ. Les paroles qui sont des citations de pièces écrites du dossier d’instruction seront en italique. En noir les noms de ceux qui se sont exprimés : Le procureur, le président du tribunal, les avocats des parties respectives, un témoin et le prévenu. Les débats se sont déroulés dans la sérénité de bout en bout, à peine ponctué de quelques rires dans la salle et d’un rappel à l’ordre du président.

Voici à présent le texte exact de ma retranscription debout contre un mur sur 10 pages in-quarto (pliées en quatre) à partir de feuillets 21x29,7. Toutes les mentions ayants traits à la vie privée de l’accusé innocenté on étérayée : nom, domicile, situation familiale et détails hors-sujet sur sa vie privée utilisés par l’accusation. Lorsque ma retranscription commence, le procès a commencé depuis moins de 5 mn. 

COMPTE-RENDU DU PROCES ENGUERRAND CONTRE POLICE

1ERE PARTIE : L’ACCUSATION

Le procureur de la République (accusateur représentant le ministère public) : « Vous êtes vous-même votre victime (ironique) … ayant vu le tableau … trois plaintes … »

Enguerrand *** (l’accusé) : « … avec mes antécédents, le commissaire Pizoird a trouvé le bouc émissaire qu’il attendait ».

Le procureur : « Le taux d’alcoolémie interroge quand même sur votre véritable motivation quant à vous rendre à cette manifestation … (argument tendancieux on n'a pas de chiffre d’alcoolémie) Vis à vis de plusieurs personnes vous auriez franchi la ligne rouge ... » [maître Vallée, avocat, appelle à la barre un témoin à décharge]

Vincent A** (étudiant) : « On voulait se faire voir des manifestants … pour interpeler ces gens-là (les anti-mariage gay) ... On a commencé à discuter, il n’y a pas eu de violence... le service d’ordre [des anti-mariage] avait les mains dans les poches... Tout à coup, les policiers anti-émeute surgirent dans la rue ... Sans chercher à comprendre quoi que ce soit on a reculé. Ils ont ciblé Enguerrand. Ils lui ont donné un premier coup de matraque en le tirant... le temps qu'il tombe, les autres policiers ont continué de le molester : j’ai vu quatre coups de matraque... J’ai essayé de l’aider... J’ai reç un coup de matraque tournant... [et le jet d’'une bonbonne à gaz. »

Le président du tribunal (censé être impartial) (au témoin) : « [Vous indiquez que] …l’interpellation a été rapide et musclée… Vous êtes depuis le début de la manifestation avec monsieur *** ? (Enguerrand) … [Il cite l’une des accusations, on reproche à l’accusé d’avoir] fait un geste de la main en mimant le tir au pistolet »

Vincent A** : « Ça c’était bien avant … [avant que n’arrive] une double rangée de CRS entre les deux [groupes, manifestants et contre-manifestants. Vincent explique que Enguerrand avait une bouteille à la main et] ... il n’a rien jeté... [contre les flics car l’arrestation a été] trop rapide »

Maître StéphaneVallée (avocat de l’accusé) (au témoin) : « Avez-vous vu monsieur *** (Enguerrand) saisir l’un des policiers par le gilet pare-balle ? »

Vincent A** : « C’est trop rapide … On a vu une vidéo sur iTélé, ça va vraiment trop vite … J’étais aussi près des policiers, et une autre fille [aussi] … C’était vraiment sur LUI qu’ils voulaient aller ». [Il répond encore à quelques questions de maître Vallée, admettant s’être absenté] quinze minutes [durant lesquelles il n’était pas présent auprès de l’accusé, fait dont tirera partie le procureur peu après]

Le procureur : (à l’accusé) « Monsieur ***qu’est-ce que vous pensez des policiers ? … Ils sont utiles à la société ? »

Enguerrand*** : (bref silence, il réfléchit) « Y’a des cas. Ouiii (baisse la voix sur ce mot) … [mais plus] C’est un organe de répression des mouvements sociaux »

L’avocate de messieurs Legrand et Pouneau (deux des trois policiers) :« C’est la deuxième fois que je rencontre monsieur *** (Enguerrand) …Monsieur *** avait bu, il s’en était pris à deux fonctionnaires … Il y avait beaucoup moins de monde dans la salle (nulle ironie) [du tribunal, pour le soutenir à son procès] ...[Elle demande ensuite à considérer] le contexte … [En nous mettant à la place des forces de l’ordre] On est toujours à la mauvaise place, celle de s’interposer entre les gens qui manifestent et ceux qui contre-manifestent … en tenue de maintien de l’Ordre, une tenue lourde, impressionnante … Ils font quotidiennement l'objet de menaces … [L’accusé], il assume, le rôle qu’il a toujours eu, un rôle de provocation et d’agression ... Il a à rendre compte d’agression volontaire...

[Pour les faits qui nous intéressant ici nous avons eu des] Fonctionnaires déplacés en urgence … [pour empêcher] le contournement [par les contre-manifestants des anti-mariage gay] empêcher la jonction... entre pro et contre ... Ils (= les flics) vont empêcher la jonction... C’est un moment d’extrême tension... à aucun moment les Fonctionnaires n’ont aucun intérêt à la provocation ... mais à la réaction....

[L’accusé portait] une canette de bière, certe vide (aucune ironie) ...[elle l’accuse de l’avoir jeté contre les flics]  monsieur Legrand... reçoit un projectile sur la tête ...[puis elle l’accuse d’avoir saisi le gilet-pare balle d’un policier l’appréhendant] Monsieur P[oun]eau va se dégager de cette emprise, il va saisir une matraque souple (rires dans la salle) ... Heureusement qu’il avait eu ce réflexe ...

[L’interpellation] Elle a paru violente, mais je rappelle qu’il y a eu usage de matraque souple ... D’autres manifestants ont essayé de l’aider (l’accusé)... Le rapport médical de monsieur *** (Enguerrand) ... qui effectivement confirme bien les traces d’usage de la matraque ... [mais] il(Enguerrand) n’a que zéro virgule cinq jours d’ITT.

[Ensuite elle lui reproche d’avoir scandé un policier suicidé, un policier pardonné et fait du telling story en le rapportant à une policière suicidée à 38 ans peu avant la manifestation] ... Je trouve choquant qu’on puisse utiliser la mort de cette femme... Je la connaissais (elle le dira deux fois) ... Elle avait des enfants ...

Chaque fois qu’on s’attaque à des policiers, c’est à l’institution qu’on s’attaque ... [en prétendant] réduire la fonction policière à une fonction de matraquage. J’insiste sur [les dommages psychologiques subit par les deux policiers de la part de l’accusé, quoique pour eux] il n’y a pas eu de blessure... [et elle estime qu’ils ont droit tous deux] à une réparation morale. »

Le procureur : « Nous ne sommes pas dans uncombat idéologique … Nous sommes clairement sur des faits objectivés …commis par monsieur *** … Si l’on reprend les faits … que votre tribunal soit sûr de la culpabilité de monsieur *** … Les témoins en faveur de monsieur *** … ils n’ont pas vu forcément toutes les scènes … [Vincent a dit n’avoir pas toujours été près de l’accusé d’où] Il y a bien deux temps ...

[Tout d’abord l’accusé] main tendue... [imitant le geste de tirer] Nous avons bien menaces de mort réitérées ... [quand l’accusé dira] un policier suicidé,un policier pardonné ...[Puis] Suite à des violences commises après le jet de la canette de bière, il a été interpellé... Le fait que monsieur Pouneau (un policier) a été agrippé ... [lors de l’interpellation, après avoir reçu] la canette de bière dans le visage. (contradiction, l’avocate des flics a affirmé auparavant qu’il la reçu sur le casque) Évidemment que monsieur ***(Enguerrand) a été ciblé !

Monsieur *** était connu des services de police … [Ceux que je défends] C’est des policiers qui étaient assermentés… Si on ne considère qu’un policier ne dit pas la vérité, c’est L’ENSEMBLE de la Société qui est mise en cause ! (rires dans la salle)

Le président du tribunal (l’interrompt avec affabilité mais sêchement) : « … On est pas dans une tribune publique … »

Le procureur (se reprend, chargeant l’accusé) : « Le 7 janvier 2013 une peine de quatre mois avec sursis … C’est quelque chose qui est au-dessus de la tête d’un prévenu … Il peut (= Enguerrand) bénéficier d’un aménagement de peine…

[Je requiers envers l’accusé] six mois de prison dont quatre avec sursis, deux ans de mise à l’épreuve ... et le maintient en détention [de l’accusé ...et une] obligation de soin ... » (relative au prétendu alcoolisme de l’accusé, encore une humiliation)

 

2EME PARTIE : LA DEFENSE

Maitre Vallée : [résume les deux précédentes affaires d’Enguerrand avec la police, celle de l’arrestation au] « square Mercoeur ... [et la seconde où un policier a proféré contre l’accusé une] accusation erronée, démentie par une vidéo ... [et rappelle qu’antérieurement et déjà une fois] un policier a menti...

On a des violence reprochées à monsieur *** (Enguerrand), sans que l’on sache lesquelles ... Durant la rébellion... la canette de bière... le policier attrapé par la veste... [Il se demande quand donc tout cela a-t-il eu lieu, mettant en doute leur véracité] ... Quel coup de pied ? ... un éventuel coup de pied donné à un membre du service d’ordre des manifestants contre le mariage pour tous’ ... [Il y a un] problème de caractérisation des faits ... [Au sujet de] la canette de bière ... les policiers ne disent pas la même chose : monsieur Legrand [a dit lors de sa plainte] Il me jette dans le visage une canette de bière qu’il tenait dans la main ... monsieur [... autre policier, dépose quant à lui que] il se trouvait à dix mètres ... [Il a jeté une canette dans notre direction] sans réussir à atteindre l’un de nous (contradiction donc) »

Est-ce qu’on s’en tient aux témoignages des policiers … [cite l’assertion du procureur selon laquelle un policier dit toujours la vérité] Un procès-verbal d’un policier ne vaut que pour renseignements... [Ensuite, il réfute l’accusation du procureur selon laquelle nous avons en faveur de l’accusé que des] dépositions de personnes idéologiquement très proches de monsieur *** (Enguerrand) ... Les personnes qui sont dans les immeubles alentours, qui voient la scène ...[elles, n’ont pas de lien avec l’accusé. Il reprend l’acte d’accusation] : monsieur*** (Enguerrand) s’avance vers les policiers. Ces personnes viennent vous dire qu’à aucun moment, elles n’ont vu ce jet de canette, à aucun moment elle n’ont ... [vu l’accusé aggripper un policier lors de son interpellation. Il cite la déposition d’une habitante dans les étages] :

Laura B**, étudiante … les policiers se sont précipités sur le petit groupepoussant les personnes … [Un homme est mis à terre], ils lui ont passé les menottes. L’homme ne s’est pas débattu et n’a pas eu de geste violent envers les policiers.

Monsieur Dahan [infirme le fait que] monsieur *** (Enguerrand) jeta quoique ce soit.

[C’est pouquoi, je vous demande] de relaxer ... [monsieur *** tant pour la scène de violence avec la canette que pour, dixit le second policier], la saisie du revers de mon gilet [par l’accusé afin de s’emparer de sa bombe lacrymo, l’obligeant à lui frapper le bras de sa matraque souple, dans la poche opposée, et du fait que ce dernier aurait résisté et qu’il l’a donc] menotté avec beaucoup de difficultés...

[Il n’y a donc à charge qu’]un seul témoignage de policier ... [que cela constitue donc un] problème de probation ... [et que pour le fait de rébellion ou résistance il demande aussi de] relaxer monsieur*** (Enguerrand) [Enfin, il ajoute aussi que Enguerrand conteste avoir fait le geste du pistolet en direction des policiers]

20h20 slogan scandé par la foule, 20h25, là où monsieur ***(Enguerrand) aurait fait le geste en question ... En quoi le fait de dire un policier suicidé, un policier pardonné est une menace de mort ?... Un slogan, aussi absurde soit-il, scandé durant une manifestation, [n’est que liberté d’expression, un fait banal]

[A jugé du timing des faits reprochés présenté par l’accusation] On a l’impression que tout est fait en même temps [l’accusé regarde lepolicier, dit ce slogan et fait le geste d’imiter un tir au pistolet dans sa direction] ... Clairement, monsieur Pizoird est ... policier ... [C’estl’officier qui a donné l’ordre d’arrêter Enguerrand]

[Si l’on suit l’]article 433 tiret 3 du Code Pénal, menace non réitérée contre un policier ... [Contre l’accusé] On est sur 6 mois de prison et 4500 euros d’amende [mais l’article 433-3 prévoit] 75 000 euros d’amende et 5 ans [d’emprisonnement] ... [Ce n’est donc pas la bonne qualification pour les faits qui sont reprochés à l’accusé, or il n’y a] pas de possibilité de requalification... Je demande de relaxer monsieur *** (Enguerrand) sur les chefs de ... [violence par jet de bouteille et] menace de mort.

[Quant à la troisième accusation, la rébellion] Cette rébellion elle n’existe pas pour les témoins. Monsieur *** (Enguerrand) se fait mettre au sol, gazer et menotter ... [Il admet personnellement, à propos des seules images connues de l’arrestation, tournées par iTélé] Je n’ai pas vu la vidéo mais des photos...

Dernier fait, outrage envers monsieur Pizoird et Legrand. [L’article 433tiret 5] prévoit que l’outrage doit être adressé à une personne* ...[mais ici il s’adresse] à un certain nombre de personnes, à une entité.  * note judiciaire : « Constituent un outrage … les paroles, gestes ou menaces, les écrits ou images de toute nature non rendus publics ou l'envoi d'objets quelconques adressés à une personne chargée d'une mission de service public, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de sa mission… »

Messieurs Legrand et Pouneau ne sont pas présents à 20h20 à côté de monsieur Pizoird [lors de l’outrage, le slogan un policier suicidé etc.] … Ils ne peuvent pas être parties civiles d’une infraction pour laquelle ils ne sont pas victimes…

[Quant au sujet de savoir si l’accusé avait été ciblé exprès, il cite la déposition d’un des policiers] Monsieur Legrand [a dit] J’ai immédiatement annoncé les faits à la radio... J’ai décidé de différer son interpellation ... Monsieur Legrand sait, parcequ’on lui a dit, que c’est monsieur *** (Enguerrand) ... Y’a pas d’infraction relevée contre monsieur *** si ce n’est l’orde d’interpellation du commissaire Pizoird ...

[Je demande donc] la relaxe pour l’ensemble des chefs d’accusations... Je sais que vous êtes capable de faire le prix (lapsus), le tri [dans tous ces éléments]...

Il va falloir trouver un intérêt de le maintenir en détention... Ce n’est pas parce que monsieur *** est déjà passé en correctionnelle..., pas sur la façon dont il délincte ... Monsieur *** (Enguerrand) il est là ... [dans l’affaire du blocage d’une voie de tram] pour des raisons idéologiques... Entre le sursis et la prison simple il n’y a rien...

À partir du moment où on impose une contrainte judiciaire, monsieur *** est venu... Les deux mois fermes, ça va le détruire ... [S’ajoutent les autres mois de sursis. L’avocat mentionne un jugement en cour d’appel à Rennes où le tribunal dit] Pourquoi vous ne demandez pas des aménagements de peine ? ... [Puis, se tournant vers l’accusé] Si on vous condamne à l’emprisonnement ferme ce sera, pourquoi pas, avec un bracelet électronique ... [Enguerrand déclare n’avoir rien à ajouter]

VERDICT DU PROCES

A 15h59 la séance est levée, la cour quitte le tribunal pour délibérer. Après guère plus d’une vingtaine de minutes elle revient. A 16h23 le président prononce la relaxe d’Enguerrand pour non concordance des témoignages au sujet de trois des chefs d’inculpation (outrage, violence, rébellion) et pour vice de procédure quant au quatrième (menace de mort). Ce dernier, on l’a vu, ayant été incorrectement qualifié et ne pouvant l’être à nouveau. Des applaudissements nourris saluent le verdict.

Le jeune militant anarchiste est donc libre. Il ne retourne en cellule que pour prendre ses affaires. J’ai rédigé mon article de présentation le soir-même, puis saisis mes notes du procès le 29 avril pour la partie accusatoire et la nuit du 1 er au 2 mai pour la plaidoirie de la défense. Tout ce matériel a été transmis à l’ex-accusé qui, au vu de la rapidité du délibéré et des attendus du jugement fait figure en fait, de victime.

Thierry Kruger pour Citizen Nantes

Kruger-visuel-copie-1.jpg 

Ma photo (ci-dessus), datée de novembre 2012, est symbolique ; elle illustre les 4 chefs d'inculpation de la police, inventé pour faire taire toute contestation comme 4 dents de requin propre à broyer la contestation.

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