Lundi 26 septembre 2011
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Publié dans : Cinéma
Le film de Nadia El Fani est un film militant. Il appelle à se questionner sur la liberté de choix et de
paroles dans un pays, la Tunisie, tout juste sortie de la dictature. Le tournage débute avant la révolution puis la réalisatrice revient filmer pendant les manifestations qui mèneront au
renversement du pouvoir en place. Médiatisé sous le nom de « révolution du jasmin », les tunisiens préfèrent l'appeler la « Révolution pour la
dignité »
"Laïcité Inch Allah" montre aussi l’engagement et la présence des femmes dans ces manifestations. Elles
ont prit la rue, voilés ou pas, jeunes ou moins jeunes. Elles étaient toutes là pour soutenir ce mouvement "non violent" qui par une suite de manifestations et de sit-in durant quatre semaines
(décembre 2010 et janvier 2011) a abouti au départ du président de la République de Tunisie, Zine el-Abidine Ben Ali, en poste depuis 1987.
La salle de cinéma du Katorza était bondée et le débat chargé d’émotions, de témoignages, de sentiments et de
"nostalgie à la française". Comme un voyage interculturel fort en amitié avec des points de vue de femmes qui s'interrogent sur la question de l'obligation religieuse et sur les
libertés individuelles.
La laicïté fut aussi le sujet et le terreau de discussions fertiles sur la quête de tolérance avec la présence de
Zineb El Rhazoui (accompagné du producteur du film Jan Savak), journaliste indépendante, co-fondatrice et porte parole du Mouvement Alternatif pour les
Libertés Individuelles (M.AL.I). Elle intervenait au Katorza en qualité de porte parole de "Ni Putes, Ni Soumises".
Zineb El Rhazoui 1/2
8:34 Dans le cadre de "Citoyens ! Au
Cinéma !" Cinéma Katorza - 19/09/2011
Laïcité et Islam
Article 1er de la Constitution de la République tunisienne : La Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain
; sa religion est l'Islam, sa langue l'arabe et son régime la république.
Pour devenir un pays laïc, il faut remettre en question l’édifice
même de la constitution tunisienne. Présente à l'image, la réalisatrice Nadia El Fani ne cache pas sa non-adhérence aux préceptes du jêune imposé lors du Ramadan (1). Même si elle
respecte ceux qui obéissent et appliquent cette loi, elle questionne les uns et les autres sur leurs pratiques avec beaucoup de tendresse et d’humour. Mais lorsque l’on questionne l’ordre établi ou lorsque l’on s’exprime au nom des libertés individuelles le dialogue se
fait sourd et des actes de violence viennent contredire tout ce que toute religion prône dans les textes : la tolérance. Lire Tunisie : Nadia El Fani, cinéaste menacée de mort parce
qu'athée sur
Rue89
Ces textes de lois sont écrits par des hommes contre les femmes parce qu'aux yeux des uns elles sont une tentation et il
doit s’en protéger. Est-ce cela qui viendrait justifier les inégalités de traitement ? Le documentaire
montre des femmes tunisiennes battantes, ancrées dans l’histoire de leur pays. Elles sont là, actives. C’est un film indépendant et non de propagande à
l’inverse d’autres révolutions de printemps au jolies nom de fleurs où le rôle des femmes fut important mais si peu exposées.
Dans le documentaire on trouve des tunisiens et tunisiennes désireux d'être libres de ne pas suivre
tout ou partie des préceptes religieux sans être incommodés par la loi d’un État non laïc. Il peint le portrait d’un peuple en quête de soi,
J'ai aimé aussi les choix musicaux qui ponctuent le film et viennent allégrement alléger le discours tout en y ajoutant du sens. On peut y lire sous-titrées en français les paroles de
résistance. On y découvre aussi des influences plus actuelles comme le reggae et autres tendances. La réalisatrice ajoute son humour c’est un film d’une humanité sincère. Toutes les religions parlent de tolérance
mais combien la pratiquent ?
Zineb El Rhazoui
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Au Portugal, "les Trois
Marias"
Toutes les dictatures ont produit de la censure. Au Portugal un livre avec un titre faisant allusion à la
religion « Trois Marias » est censuré en 1972. L’État intente un procès aux auteures parce qu’elles contestent le pouvoir en place. Le livre est un pamphlet de
revendications féminines et de témoignages du mécontentement face à une situation de guerre coloniale qui ne pouvait plus durer. Une guerre qui faisait peser sur le peuple une misère économique
et sentimentale sans précédent. Censuré aussi parce qu'elles ont osé parler de leur corps sans tabou. Le corps des femmes étant instrumentalisé, et la question du voile en est un
exemple.
Le Portugal, où sévisait l’osbscurantisme, a été gouverné plus de 40 ans par un dictateur, ancien séminanariste. Après la révolution des oeuillets en 1976, le pays inscrit la laïcité dans sa
constitution.
"Laïcité Inch'allah" parle de ce besoin de laïcité dont il existe diverses
conceptions. Rappelons ici que la France qui se dit laïque garde de son passé colonialiste des régions -territoires d'outremer- comme la Guyane, département français encore régi par
l'ordonnance de Charles X du 27 août 1827 toujours en vigueur. Le culte catholique seul est reconnu et bénéficie d’un financement public...
(1) "Le ramadan est une tradition, le jeûne a pour but d'enseigner aux musulmans la patience, la
modestie et la spiritualité. dans le Coran, Allah proclame que le jeûne a été rendu obligatoire aux musulmans, comme il le fut auparavant aux Juifs, se référant ainsi à la pratique du jeûne
durant Yom Kippour". Source : wikipédia
Orlanda - 21 septembre 2011
PRIX DE LA LAÎCITÉ
http://www.laicite-republique.org/prix-de-la-laicite-2011.html