"La République de la Malbouffe"

Publié le par CitiZen Nantes

Mise à jour du 19 juin 2012

Dans le cadre du Printemps Bio en Loire-Atlantique, le GAB 44 (Groupements des Agriculteurs Biologiques de Loire-Atlantique) et le cinéma Katorza nous ont fait nous rencontrer le Jeudi 7 Juin 2012 pour une soirée « Citoyens au Cinéma ! », autour du film La République de la Malbouffe.

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« Opacité, Précarité, Obésité », une devise qui en dit long sur notre alimentation.

Le documentaire La République de la Malbouffe du réalisateur Jacques Goldstein, d’après une idée originale du restaurateur Xavier de Namur, appuie sur la perte de considération des Français pour l’art de se nourrir. À qui la faute ? Les raisons sont multiples, et font polémique. Le débat s’est poursuivit suite à la projection, autour de Malbouffe et Agriculture Bio, en présence de Benoît Rolland, producteur de  La Ferme des 9 journaux à Bouguenais et représentant du GAB 44.

Extraits du débat

 

« Les enfants ne savent plus comment poussent les tomates ! »

L’industrialisation des fermes et de l’agriculture est effectivement un gain de temps, et permet de produire en grand nombre, à tout moment de l’année. Mais cette « politique du progrès » a fait perdre le goût du naturel aux populations. Pire, les gens s’en accommodent, et n’ont plus aucune idée de ce qui est bon. Une femme dans la salle s’exclame : « Les enfants ne savent plus comment poussent les tomates ! » ; Benoît Rolland ajoute que son veau rosé fait peur aux consommateurs, habitués à une viande plus blanche, propre aux animaux parqués dès leurs premiers jours, et buvant du lait jusqu’à être abattus. Comme dans le documentaire a été abordé le côté esthétique des produits : un acheteur sera séduit par un légume aseptisé, mais reculera devant un étalage tout juste cueilli, recouvert de terre. Les normes alimentaires, notamment pour les restaurations collectives, en écoles ou centres hospitaliers par exemple, ont atteint des degrés de sécurité plus que restrictifs, pour contrer à toutes revendications. Les Hommes perdent peu à peu contact avec la nature…

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Il est plus simple de racheter une ferme industrielle que de trouver des terres, et y investir sa patience et ses efforts physiques. Les bonnes choses ont un prix, oui, mais Benoît Rolland, comme d’autres soucieux de préserver un savoir-vivre de qualité, s’en donnent la peine, pour cercler Nantes d’une ceinture verte productive. Le bio a la vie dure face à cette ère des machines et pesticides en tout genre. Mais il s’agit d’une valeur éthique. Certains éleveurs industriels ne mangeraient même pas leurs propres produits…

Les consommateurs les plus avertis restent méfiants : le label est-il signe de confiance ? Une chasse à l’info s’impose, pour contourner les dérives.  

« Les cuisines des restaurants devraient être ouvertes aux clients ! »

De nos jours, le « fait-maison » est à reconsidérer : seulement 20% des restaurateurs ne sont pas des assembleurs. Plus il y a de menus à la carte, plus il y a de chance pour que les plats proposés ne soient pas entièrement confectionnés sur-place.

Un étudiant dans la salle évoque le côté pratique et accessible au niveau financier des produits tout-prêts en vente en grande surface. Les lieux de restauration rapide attirent, et les valeurs culinaires propres à la France se perdent au fil du temps. La baisse de la TVA ? La lassitude après une journée trop remplie ? Le manque de savoir-faire ? Les justifications sont nombreuses pour se dédouaner d’une mauvaise alimentation quotidienne. Finalement, si chacun y met du sien, un instant pour se rendre au marché et faire sa propre cuisine n’est pas grand chose à l’échelle d’une vie saine. Encore mieux, relier avec le jardinage ! Tout est une question de goût, et d’intérêt personnel. Pas seulement dans les Lycées Agricoles, la sensibilisation à l’écologie est une valeur inestimable, quand on sait que la Terre, et avec elle les Hommes, sont en péril.

Claire Godard

Illustration de PJ Kerio

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Bande annonce

Publié dans Arts et culture

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