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"UN MÉDIA PEUT-IL CLAQUER LA PORTE AU NEZ DE SES ANNONCEURS
?"
"Quand j'ai lancé Dijonscope il y a deux ans, c'était pour proposer un autre média local, un média indépendant et exigeant, pas pour passer mon temps à courir après les annonceurs pour faire rentrer un peu d'argent dans les caisses et espérer être à l'équilibre " Sabine Torres - Extrait de "l'Actu des médias", Erwan Gaucher. Lire l'intégralité sur www.erwanngaucher.com
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Par le Festival des Escales à l'occasion de leurs 20 ans
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CITIZEN DANS LA PRESSE
Presse Océan 05/04/11 | Jet FM 07/06/2010 | Prun' 92fm 12/05/10 | EuradioNantes 09/04/10 | Télénantes 10/11/09 Nantes Passion 23/06/09 | Ouest-France16/04/09 Presse Océan 01/03/09
Conférence de l'Université Permanente de Nantes
! Jeudi 17 février 2011 à 14h30 - Amphi Kernéïs, 1 rue Bias. Nantes
Entrée dans la limite des places disponibles. 5 euros
Il ne s'agit pas de traiter de tout ce qui s'est passé depuis l'indépendance des colonies, ni dans chacune de celles-ci, ni dans les anciennes puissances coloniales. C'est un bien trop vaste sujet. Je veux contribuer à expliquer les graves émeutes qui se produisent plus ou moins séparément depuis les années 1980 dans certaines banlieues des villes françaises et même simultanément en Novembre 2005. Lire la suite sur www.up.univ-nantes.fr
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"La question post coloniale avec Yves Lacoste et Nicolas Bancel"
Tribune Libre. Tristan Gourichon. 09/07/10
Ce matin, en faisant mon repassage, j’ai écouté une émission de France Culture dont je voudrais vous parler. C’est ce qu’elle portait comme arrière-plan idéologique qui m’intéresse ici, autant que son contenu. L’émission s’appelle « Répliques » et elle est animée par Alain Finkielkraut, philosophe. Ses invités du 3 juillet 2010 étaient Yves Lacoste, Géographe et Nicolas Bancel, historien, intervenant sur le thème de « La question post coloniale ».
Nicolas Bancel est un historien bien connu de Citizen Nantes car c’est un des acolytes de Pascal Blanchard, star des "Zap vidéos" de Citizen. Ils travaillent tous les deux sur l’importance de la
mémoire coloniale dans la société française et comment celle-ci peut influencer le rapport à l’immigration et ses corollaires.
Aujourd’hui, j’ai envie de prendre un peu de hauteur et de tenter une analyse médiatique critique de cette émission. Le
cœur du débat était en somme de savoir si les « études post-coloniales » dont les travaux de Bancel sont une composante,sont intéressantes ou non pour comprendre
la société française. Or, nous avons assisté à une attaque en règle contre ce courant de recherche, sans qu’aucun argument tangible ne soit avancé. Ce que je trouve
le plus frappant c’est que l’on n’ait pas du tout parlé du fond et que cet évitement trahit un malaise de notre société française : on n’accepte pas de regarder notre passé colonial et post
colonial en face.
L’argumentation d’Yves Lacoste repose sur un discrédit des travaux de Nicolas Bancel, en mettant en avant que le courant des « post-colonial studies » est une espèce de
fourre-tout où l’on trouve différents types de chercheurs et de disciplines qui s’opposent parfois. Or, Bancel, Blanchard et les autres chercheurs français de ce courant, passent leur temps à
mettre en garde sur ce fait, par honnêteté intellectuelle. Ce dont Yves Lacoste semble en partie dénué car il fait semblant de ne pas connaître ces positions ; faisant d’ailleurs mine, tout comme
Finkielkraut, de confondre ces historiens avec le mouvement militant des « Indigènes de la République » créé en 2005, dont certains écrits étaient plutôt discutables à mon goût. Pourquoi un tel
procédé ?
Car Lacoste et Finkielkraut sont incapables d’entendre que la France ait pu ou peut faire
des différences dans le traitement de ses citoyens. Il ne semble même pas concevable, pensable, pour ces deux penseurs, de voir l’action de la France comme injuste. Ils sont porteurs d’un déni de
mémoire, de ce que Blanchard appelle l’ « impensé colonial ».
Pour preuve, deux exemples qui prolongent et éclairent leur argumentation :
Le premier, c’est Lacoste qui nous le fournit. A trois reprises, il insiste sur le fait d’utiliser le terme d’ « Indépendance » plutôt que de « décolonisation », avec le parti-pris, tout à fait
sincère de sa part, que le second terme ne rend pas hommage aux combattants qui ont lutté pour la libération de leurs pays colonisés. Il élude ainsi l’action de la France en pointant uniquement
le focus sur les peuples africains résistants. Il continue en insistant sur le fait qu’il n’y a en somme pas eu de « post-colonie » puisque les anciennes colonies sont devenues souveraines
et maître de leur destin avec un rapport serein avec la métropole. Quel déni historique pour un géographe ! Et la Françafrique ? et les ressources pétrolières pillées par Elf ? ça se voit dans
une recherche géographiques, des champs pétrolifères et des productions pléthoriques dont les dividendes n’apparaissent qu’en partie infime dans les caisses des Etats africains…
Le second exemple, de la même vaine, est fourni par Finkielkraut. Il faut rappeler qu’il est un des tenants de la thèse du « racisme
anti-blanc » dont ferait preuve les enfants d’immigrés de banlieue. Il se rapproche d’Eric Zemmour dans la paranoïa du « jeune » et la glorification de la République Française. Mais,
contrairement à Zemmour, c’est un homme intelligent et instruit. Il sait tout de même effacer (un peu) ses positions lorsqu’il interviewe Nicolas Bancel, dont les thèses vont à l’encontre des
siennes. Seulement, même s’il aime par-dessus tout la polémique et le débat, il ne peut s’empêcher de trahir sa pensée dans le choix même de ses questions et relances. Ainsi, il cherche à
minimiser la colonisation par deux tours de passe-passe.
Tout d’abord : peut-on réellement dire que la colonisation a été entièrement négative alors qu’il y a eu des progrès importants ? D’une part, ce n’est pas à un historien de prendre position sur le bien/le mal ; d’autre part, la confiscation de la souveraineté d’un peuple et par là-même de ses pouvoirs de décider de son propre destin, devrait suffire à condamner la colonisation. L’invasion par la France de l’Allemagne nazie est-elle bénéfique au prétexte que nous avons pu bénéficier de certaines technologies issues du savoir-faire allemand ? Tout le monde répondrait non assurément. Mais là, ça ne choque pas le philosophe.
Pire, Yves Lacoste cherche à minimiser la colonisation en mettant en avant le fait que la fin du commerce des esclaves n’arrangeait pas du tout certains entrepreneurs africains, qu’il ne peut même pas appeler ainsi car on sent bien que pour lui, ce n’étaient que des sauvages social-traitres ; et que la colonisation a permis de faire repartir les affaires, des dits africains.
Et Lacoste d’en remettre une couche en argumentant que les colons sont arrivés dans des
territoires où les indigènes se faisaient la guerre et que certains pouvoirs locaux ont utilisé cette nouvelle donne pour assoir leur pouvoir. Et alors ? Que cela démontre-t-il ? Mis à part que
l’Homme est partout pareil et que sa soif de domination s’accommode de toutes les situations ?
L’ensemble de l’émission s’est déroulée de cette façon. Bancel, au banc des accusés essayait de faire entendre sa voix et son point de vue et les deux autres,
évitant systématiquement le sujet principal par différentes tactiques rhétoriques. Au bout du compte, on n’a pas su si les « études post-coloniales » sont utiles ou non pour comprendre le
traitement de l’immigration et les révoltes populaires de banlieue. Que l’on soit d’accord ou non avec Bancel, Blanchard et les autres, on n’a pas pu avoir une réflexion saine. Ce qui a bloqué le
débat, c’est toujours, cette « certaine idée de la France » qui nous aveugle. Plus qu’un choc d’idée, on a assisté en écoutant cette émission, à un choc générationnel.
Un certain nombre de nos concitoyens babyboomers et plus
âgés, on beaucoup de mal à questionner l’action de la France, du fait d’un endoctrinement républicain, d’un refoulement collectif. Il a fallu attendre l’arrivée de chercheurs « plus jeunes » nés
dans fin des années 60 et 70 pour ouvrir un débat plus objectif.
Il me semble que les Français les plus jeunes (quelle que soit leur origine culturelle ou
leur catégorie socioprofessionnelle) pensent la France plus comme une communauté de personnes avant de l’entendre comme une Nation, une République. La mondialisation a fait son œuvre (positive
?!) et permet l’ouverture d’un questionnement qui devrait être salutaire et nous permettrait peut-être de repenser nos rapports sociaux.
Tristan Gourichon. CitiZen Nantes. 9 juillet 2010
>> Écoutez le podcast de
l'émission
>> Lien vers le site de l’émission
>> Yves Lacoste, « La question post-coloniale" (2006) (pdf)
>> Autre billet en lien avec une émission ("Sur les Docks") de France Culture
: "Une valise en partage" par Claire
Leleu
Bonus : "Pascal Blanchard, les immigrés français"
16:39 Pascal Blanchard, historien de l'immigration et de l'Afrique contemporaine, dresse une fresque de l'immigration en France de 1800 à nos
jours, pour remettre en perspective les notions d'identité nationale, et d'étranger en France. Plus de conférences sur notre site www.les-ernest.fr
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