"La presse écrite quotidienne : toujours la crise ?" avec Hubert Coudurier

Publié le par CitiZen Nantes

Mise à jour - Initialement publié le 19 janvier 2011 par CitiZen Nantes

Je ne comprends pas qu'il n'y ait pas plus de journalistes qui s'amusent un peu plus. Quand on a un pouvoir -nom d'un chien- c'est pour s'en servir.

Hubert Coudurier

Le Télégramme : Une affaire de famille

hubert_coudurier_nantes.jpgTranquille, Hubert Coudurier quand il arrive au CCO à l’invitation de l’Observatoire Universitaire des médias de Nantes. Débonnaire le métronome du Télégramme quand il évoque l’historique de cette aventure journalistique qui prend racine en 1885 avec Louis Coudurier, rédacteur en chef de la Dépêche de Brest.

Marcel lui succède en 1925 avant une assignation en résidence en 1940. En 1944, la Dépêche de Brest devient le Télégramme de Brest et de l’Ouest sous la direction de Victor Le Gorgeu, un radical socialiste. En 1960, c’est Jean-Pierre qui succède à son grand-père jusqu’à l’arrivée d’Édouard en 1995…

Un quotidien en bonne santé

Le Télégramme ne connaît pas la crise (de la presse) puisque ses ventes augmentent pour atteindre aujourd’hui 205 000 exemplaires (+ 6000 en 2010 quand son concurrent Ouest France en perdait 2000). 

Cette bonne santé dont jouit le quotidien s‘accompagne d’une diversification importante ces dernières années avec à la clef : une maison d’édition, un site internet (4 millions de visiteurs uniques mensuels sur telegramme.fr), une télévision avec Tébéo, une majorité du capital de RégionsJob (site internet de recherche d'emploi). Le groupe fait aussi dans la voile, la publicité (Studio T) et gère « Le Journal des Entreprises » qui lui permet de garder une présence sur le territoire de la Loire Altlantique…

Optimiste donc Hubert Coudurier qui ne voit pas le métier de journaliste comme « un acte de courage inoui » comme certains voudrait le faire passer. Et lucide quand il poursuit « Mais jusqu’à quand ? ». Laissant planer des interrogations.

Il ne voit pas non plus d'un mauvais oeil l’émergence de Wikileaks et croit en l’avenir inéluctable de la presse en ligne, mais payante. Il est fier aussi de l’indépendance de son groupe face aux hommes et femmes du marketing et autres fonds d’investissement… Il préfère voir plus loin quand la Tébéo sera la télévision regarder sur la terre entière par tous les bretons du monde...

Le concurrent Ouest-France et le cas Presse Océan

C’est en profondeur, avec la « plus value intellectuelle » de ses troupes que Coudurier joue la différence. Moins conformiste que Ouest-France et laissant, presque sur la route, et à regret, un quotidien comme Presse Océan dont les ventes quotidiennes sont grosso modo passées en quelques années de 100 000 à 30 000 exemplaires…

L’erreur est sans doute d’avoir voulu sauver le navire en changeant de maquette sans aller dans les mutations en profondeur du métier de journalistes et de mieux se démarquer de Ouest France explique le journaliste qui était sur les rangs pour reprendre Presse Océan. Il regrette de n'avoir pu s'ancrer à Nantes dont il garde quelques souvenirs de son passage à la tête de « l’Hebdo de Nantes» (lancé en 1999) quand il chatouillait le « condamné Ayrault »…(1)

À Nantes, on s’est aperçu (en 1999) qu’il y avait des réseaux, des choses qu’il ne fallait pas dire ; c’était mal venu. Je crois qu’on a fait rigoler tout le monde. Pendant un an c’était assez vivant.

Hubert Coudurier

Optimiste et lucide donc Hubert Coudurier qui aime observer au cours de ses voyages la montée en puissance des classes moyennes qui, dans les pays emergeants, s’organisent. Ou comme au Maghreb, opèrent « leur Mai 68 » pendant que « nous allons vers des régimes autoritaires ». Les médias amplifiant un « syndrome de déclin » en faisant dans le « misérabilisme »...

Yves Monteil

Extraits de la conférence d'Hubert Coudurier
Compléments

(1)

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yves 24/01/2011 13:34



L'article ne dit pas que ce sont des bons élèves. Juste que leurs chiffres parlent en leur faveur. Concernant le manque ou l'absence de diversité dans les rédactions, ceci n'est hélas pas le seul
cas du Télégramme. Ce sujet n'est pas ignoré de citizen nantes notamment avec notre affiliation au Réseau Presse et Cité qui traite directement de cette question. Merci pour votre commentaire.
Yves Monteil, CitiZen Nantes



Mel 24/01/2011 11:44



Poser les frères Coudurier en bonne élèves de la presse écrite est une plaisanterie! Ces gens pensent encore que Brest et plus largement le Morbihan est peuplé de Bretons purs jus: du coup, pour
eux, toutes les signatures de leurs canards doivent refèter cette tendance... Je mets au défi quiconque de trouver dans leurs rédactions une plume au nom à consonnance arabe, voir d'Afrique
subsaharienne. Y'en a pas!



bg 28/04/2016 18:10

Les éditorialistes bretons ? Christine CLERC , Anna CABANA sans doute ? Hubert COUDURIER a un discours de plus en droitier et se tâte avant chaque présidentielle pour soutenir le candidat de droite qui l' accréditera pour monter dans l'avion présidentiel comme " envoyé spécial ".
Le Télégramme est bien fait à condition de digérer la prose éditoriale .