A Nantes l'anti-répression multiforme

Publié le par CitiZen Nantes

La manifestation anti-répression du samedi 22 novembre à Nantes est un énorme échec politique pour la préfecture et pour madame la maire. Oslab

La manifestation anti-répression d'hier samedi 22 novembre à Nantes est un énorme échec politique pour la préfecture et pour madame la maire.

2000 personnes conscientes et déterminées, là où tous les vecteurs d'opinion n'attendaient que 150 isolés, ostracisés sous l’appellation se voulant infamante de « zadistes ».

2000 personnes révoltées contre la mort de Rémi, contre le surarmement de la police, contre la souffrance des trois mutilés de l'oeil du 22 février dernier à Nantes, contre la répression judiciaire ubuesque de l'été dernier, conduisant un jeune père de famille à des mois de prison ferme pour avoir seulement brandi un fumigène... Trop, c'est trop.

Cette réunion de 2000 personnes a été rendue possible par le concours de tous, chacun avec sa culture propre, depuis les milieux « anti-rép » bien organisés à Nantes, jusqu'au « Blancs blocs » relayés par l'ACIPA qui ont désinhibé des centaines de personnes de la peur de manifester, en passant par l'Assemblée de Rezé et l'OBSLAB,

Bel échec pour Vinci et pour le capitalisme productiviste corrompu, et pour la peur de se mettre ensemble debout.

Maintenant, il faut mettre en images ce succès, car trop de citoyens abreuvés par la télé n'ont pas vu les images d'une foule imposante, et n'ont pas vu le déploiement indécent des forces de l'ordre payées par les contribuables, payées pour provoquer à la violence.

Concours photos

Nous invitons donc tous et toutes à organiser sur Facebook deux concours de photos :

- Celui de la plus belle image du caractère imposant de la manifestation (et des banderoles et pancartes, curieusement censurées, sur ordre implicite de la préfecture), et

- Celui du déploiement indécent, menaçant et polluant des pandores motorisés, harnachés, sous-éduqués et surpayés / sur-armés.

Pour cela, allez sur vos sites Facebook favoris : « Nantes révoltée », « Face aux armes de la police », « Témoignages manifestation contre l' aéroport de NDDL le 22/02/14 à nantes » « Entretiens du café LA PERLE » (Obslab)

Après cela, nous serons, si nous le voulons tous, à la veille d'une prochaine grande victoire contre les abus du maintien de l'ordre policier à Nantes « Capitale européenne du flash-ball », et ailleurs :

- obtenir les chiffres du coût réel de la police répressive, en interpellant la Chambre régionale des comptes, et lancer ensuite le boycott national et méthodique de la fraction de nos impôts qui part en achats criminels de flash-ball LBD, qui mutilent nos jeunes, et de grenades offensives qui les tuent. C'est un devoir citoyen, maintenant.

Source : Oslab 24/11/2014

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23/11/2014

"Blancs-blocs"

Cet appel, ci-dessous,  pour la constitution de "blancs-blocs" a été lancé, en amont de la "manifestation contre les répressions" du 22 novembre 2014 à Nantes, par des citoyens opposés à la construction de l'aéroport de Notre Dame des Landes.


La non-violence... est un sport de combat

Après le meurtre de Rémi Fraisse, le pouvoir et les médias sont en train, au niveau national, de réussir un incroyable tour de force :

- Ils détournent l'attention sur les « violences » des « casseurs », alors que c'est la police qui tue. 

- Ils noient le poisson sur le débat « violence/non-violence » pour diviser artificiellement l'opinion et le mouvement. 

- Ils instrumentalisent la colère et la rage légitimes, par l'opportune apparition, dans les manifs, de policiers déguisés en black-blocks, prompts à déclencher les affrontements.

Il faut redire une fois encore que la violence inouïe du monde que nous vivons est PREMIERE et PRINCIPALE, qu'elle nécessite et exige la violence d’État (pour imposer l'injustice, les inégalités...), que les policiers et gendarmes sont sur-armés, avec des armes qui tuent, face à des personnes armées le plus souvent de leur seul courage, et qu'il n'est pas question de renvoyer dos à dos les deux « violences ».

blanc-bloc.jpg

Cela étant, localement, mais aussi partout en France, deux craintes existent. Des personnes redoutent d'être assimilées aux « casseurs », et se retirent, ce qui affaiblit le soutien populaire aux luttes. Des organisations refusent d'exposer aux violences, coups, blessures, et peut-être malheureusement la mort, des personnes, des familles venues participer à des manifestations pacifiques. On voit ainsi fuir loin des manifestations beaucoup de personnes qui en partagent pourtant les objectifs. Ces craintes légitimes ont amené et amèneront encore, des organisations à ne pas appeler à des manifestations qui risquent de déraper ; ainsi l'Acipa, ou Copain 44 n'ont pas appelé à la manifestation du 1er novembre, à Nantes, contre la répression policière et judiciaire ; la lutte contre la répression n'étant pas l'objet initial de ces associations qui veulent d'abord obtenir l'abandon du projet d'aéroport en renversant le rapport de force par la conviction et la mobilisation du plus grand nombre.

Faut-il donc renoncer au droit constitutionnel à manifester, en général, et plus particulièrement en ce moment pour dénoncer cette mort prévisible, car tout était sciemment mis en place pour que l'irréparable se produise, renoncer à dénoncer la répression, renoncer à continuer la lutte contre les GPII ? Évidemment non.

Mais il est temps d'affirmer collectivement notre non-violence active. C'est un outil pour les luttes. Elle est possible. Des centaines de cheveux blancs ont pratiqué spontanément sur le terrain pendant l'automne 2012, pendant l'agression contre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, la présence en témoins, l'interposition pour essayer de limiter le massacre par la police des « zadistes », le tout sans théoriser le moins du monde sur l'action non-violente.

De nombreux appels sont lancés au niveau national pour le 22 novembre contre la répression, par des organisations, syndicats, partis... variés. Il est temps de rendre visible notre choix de la non-violence, et les moyens ne manquent pas.

- On peut porter du blanc (la couleur de la paix) : casquettes, bérets, bonnets et autres écharpes... mais aussi chasubles blanches sur les manteaux (deux serviettes de toilette blanches fixées aux épaules, grands sacs poubelles blancs découpés pour tête et bras)

- On peut se regrouper, prendre la tête des manifs ou se positionner à des endroits stratégiques, installer des positions non-violentes (sit-in), faire des manifestations limitées dans le temps ou des flash-mob.

- On peut s'affirmer en témoins, photographier, filmer avec des tels portables : il est possible que des dizaines de bras munis de portables se lèvent pour filmer et envoyer directement sur les réseaux sociaux les violences sur les personnes, ou les actes stupides et contre-productifs, comme les atteintes à des structures de transport en commun.

- On peut se donner comme tâche de repérer et filmer les policiers déguisés en black-blocks. S'organiser pour le faire permet de donner immédiatement et de manière massive des témoignages, des images...

- On peut, selon le nombre et la situation, tenter d'isoler les personnes violentes pour les éloigner des affrontements.

Cessons de laisser dire et croire que notre appel à des manifestations sans dérapage ne serait qu'un mauvais alibi pour masquer notre propre peur : la peur est certes bien compréhensible dans le contexte actuel, mais elle ne nous paralyse pas ! Cessons de regarder avec désolation les violences comme si nous ne pouvions rien y faire : non, nous ne sommes pas démunis !

Constituons des « blancs-blocs » nombreux, bien visibles et identifiables, agissant fermement dans le respect de l'intégrité des personnes.

Dès le 22, nous proposons que le plus grand nombre possible de personnes arborent très visiblement écharpes, coiffures, vêtements blancs ...

La non-violence... est un sport de combat

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zadist 08/12/2014 10:56


pour le moment il n'y a pas d'amalgamme à faire entre l'orga de la manif et les blanc bloc qui ont (les blanc bloc) un effet répulsif pour les manifs plutôt que rassembleur puisqu'ils appellent à
la délations et la collaboration avec la police ce qui le strct inverse de l'appel à cette manif....là vous faites de la confusion plutôt que de l'information... ces personnes auraient pu faire
le choix d'organiser cette manif mais non! ils ont préféré faire de la contre-insurection et carrément une contre-manif anti-rèp', refusant le dialogue...ils sont pas mieux que des flics en civil
dans une manif!!!

isabella 30/11/2014 11:41


Aux Blancs-blocs : avez-vous filmé (photographié, isolé) les automobilistes
agacés fonçant sur les manifestants ? Avez-vous filmé (photographié, isolé) les agriculteurs productivistes massacrer des ragondins devant la préfecture ? Vous filmez-vous
(photographiez-vous, isolez-vous) lorsque vous avez, quotidiennement des réactions haineuses et contre productives ?


Je m'étonne qu'au mensonge de l'État et des grands médias — qui inversent les
responsabilités en accusant les manifestants de violence alors qu'ils pratiquent une violence systématique et protéiforme — on oppose une action qui ne fait que servir les stratégies
policières : scinder le mouvement de résistance en des groupes opposés (les blancs et les noirs), pratiquer une dangereuse délation (« il est possible que des dizaines de bras munis
de portables se lèvent pour filmer et envoyer directement sur les réseaux sociaux {…} les actes stupides et contre-productifs, comme les atteintes à des structures de transport en
commun. ») et isoler les « mauvais éléments » (« On peut, selon le nombre et la situation, tenter d'isoler les personnes
violentes pour les éloigner des affrontements. »).


Ces personnes, qui viennent vêtues de blancs, pensent-elles avoir l'âme pure tandis
que les autres l'auraient noire ?


Se rendent-elles comptent qu'en isolant et dénonçant les « violents »
« irresponsables » et « contre-productifs », elles balaient d'un même coup toute la résistance de NDDL et omettent que c'est en très grande partie grâce à cette résistance —
parfois nécessairement butée — qu'aucune piste d'atterrissage ne recouvre encore la zone humide ?


De mon côté, tout en assumant le fait que la violence me fait peur, qu'elle soit
physique ou mentale, frontale ou insidieuse, je remercie toutes les personnes qui sont restées sur la place au moment où les forces de l'ordre étaient les plus violentes. Et si je ne partage pas
tous les slogans ou actions des manifestants, je les intègre volontiers à la lutte à laquelle je participe, à ma manière aussi.


Je vois dans ce mouvement, au delà de la lutte contre ces grands projets destructeurs,
la possibilité de dévoiler toutes les violences qu'on subit quotidiennement : la désinformation et la manipulation ; les injonctions à travailler, à être propriétaire,
à fêter Noël en famille, à faire carrière ; notre impuissance face à un système hégémonique, etc.


J'y vois aussi une multiplicité de voix et de voies, échos de nos propres
contradictions. C'est de cette multiplicité et de cette complexité que peuvent naître, à mon avis, des discussions constructives. Ce n'est sûrement pas en séparant le bon grain de l'ivraie qu'on
y arrivera. À ce jeu-là on se sert que la discorde et la répression.




ORLA 27/11/2014 11:45


YES très belle initiative ...