La "Drôle de guerre" de Notre-Dame-Des-Landes

Publié le par CitiZen Nantes

Mise à jour 23/10/2012

Toute la semaine dernière, à Notre-Dame-Des-Landes les forces de l'ordre ont investi la ZAD, Zone d'Aménagement Différé devenue "Zone A Défendre" pour les opposants) pour préparer le terrain à la construction d'un nouvel aéroport. Dans un bruissement médiatique des dizaines d'hommes et de femmes qui vivent encore légalement chez eux -mais en sursis- et ceux qui vivent, sans en avoir le droit, dans différents lieux de la zone ont fait l'objet d'un harcèlement quotidien imposé par le haut. L'État, la préfecture, la police et la gendarmerie.

Au service d'une société : Vinci.

Une semaine dingue pour quiconque ouvre un peu les yeux et se soustrait, à minima, à la soumission de celui qui impose.

Quand une loi est inique, il faut la détruire (1)

Comment une mobilisation d'une semaine de quelques 500 hommes, en moyenne, de la police et de la gendarmerie réunies peut-elle passer quasi inaperçue ? Où ailleurs serait-il possible de rester ainsi sans trop réagir à des opérations d'expulsions et de destructions de lieux, fussent-ils occupés illégalement. 

Comment une telle armada de forces de l'ordre, d'entreprises privées en tous genres et tout ce vacarme orchestré par un préfet, Christian de Lavernée, à la posture évidemment autoritaire et schizophrène -au sens où l'agresseur devient l'agressé- peuvent-ils ainsi dérouler leur plan ?

Quoi qu'il en soit les "quelques jours" que s'était donné la préfecture pour sécuriser le site sont dépassés et tout ne semble pas aussi simple. C'est comme un grand spectacle. La détermination sur place est forte et rien ne peut être "gradué" quand il s'agit d'expulser des personnes et de détruire des biens.

nddl_crs.jpgAux premières heures des expulsions.  Photo : DR

Quand l'agresseur se fait l'agressé

C'est que les autorités jouent avec malignité de leur pouvoir. Ellles musèlent en même temps qu'elles distillent leur communication tantôt victimisante tantôt comme absolue et indéfectible.  La presse tend à suivre le mouvement. Hélas. Pas aidée par des policiers et gendarmes qui autorisent ou pas aux journalistes, ou quiconque d'ailleurs, le droit de témoigner. Quand ce n'est pas une frange des opposants qui se méfient légitimement de la presse en général et de l'image en particulier. 

La guerre de la communication

C'est comme une connivence larvée entre décideurs et médias. Sur nos réseaux sociaux nous indiquions samedi 20/10 : L'envergure de l'opération militaro-policière en cours, n'a rien de supérieur à l'envergure de la vie des personnes qui vivent sur la ZAD et à la résistance qu'ils y mènent. La loi et la légalité ne doivent pas seules servir la soit-disante objectivité... Surtout si l'illégalité est objectivement légitime.  

L'État et donc la préfecture ainsi que les politiques en faveur du projet savent communiquer. Ils savent agiter le chiffon médiatique en réduisant l'opposition immense que suscite ce projet depuis des années à des messages radicaux qui ont surgit sur internet ou à la menace de mort taguée à l'adresse de Jean-Pierre Fougerat, député-maire de Couëron.

Il existe pourtant un contre-point grâce à l'excellent blog zad.nadir.org, un auto-média complet sur l'occupation de la ZAD et plus rapide que n'importe quel média. Ils sont le média. Exemple, au moment où j''écris, avec un extrait de la lettre ouverte à M. Le Préfet : "Non, M. le Préfet, votre violence n’a rien d’une «riposte graduée !».

(...) M. le Préfet, le plus violent pour nous, ce n’est pas de perdre nos maisons. Nous sommes autonomes, nous les reconstruirons en moins de temps qu’il ne vous a fallu pour monter cette opération. Nous avons appris à vivre sans argent, sans télé et sans dépendance à la consommation démesurée qui alimente votre système économique. Nous produisons notre pain, notre lait, notre électricité, nos légumes et notre viande et construisons nous mêmes nos habitats. C’est peut être cela qui vous insupporte le plus, la démonstration qu’il est possible de s’affranchir de l’emprise de l’Etat que vous représentez et du capitalisme que représente ici Vinci et ses partenaires.  

No more comment.

Yves Monteil

>> Retrouver aussi  le dossier spécial "Notre-Dame-Des-Landes"

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