L'affaire du juge Borrel, mort à Djibouti

Publié le par CitiZen Nantes

Mise à jour du 07/01/2014

En lien avec le communiqué sur l'Affaire Bernard Borrel diffusé par l'association Survie et relayé ici, nous diffusons l'interview de sa femme : Elisabeth Borrel. La rencontre avait eu lieu à Nantes le 28 avril 2007. La femme du juge était invitée par l'association Survie44, antenne locale de Survie, à l'occasion de la sortie de son livre : Un juge assassiné

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03/01/2014 Un témoin-clé évoque des pressions de Djibouti - Le Monde via Médiapart

Un témoin-clé dans l'affaire de la mort du juge Bernard Borrel en 1995 à Djibouti, détenu récemment au Yémen, affirme dans un entretien vendredi 3 janvier à Mediapart avoir fait l'objet de pressions de Djibouti pour revenir sur son témoignage.

Contacté par l'AFP, Mohamed Alhoumekani, ex-membre de la garde présidentielle djiboutienne, a également confirmé avoir « déposé plainte la semaine dernière au tribunal fédéral de Bruxelles pour séquestration contre les gouvernements du Yémen et de Djibouti ».

Lire l'intégralité

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2006 - Un juge assassiné - Elisabeth Borrel
A l'aube du 19 octobre 1995, le cadavre d'un homme est découvert dans des rochers, à 80 km de Djibouti. Le corps en partie carbonisé est celui d'un magistrat français de 39 ans, coopérant depuis un an au ministère de la Justice djiboutien. Son nom : Bernard Borrel. Alors que le corps du juge est toujours à l'endroit où on l'a retrouvé, un télégramme part de l'ambassade de France à Djibouti vers le Quai d'Orsay à Paris : " Bernard Borrel s'est donné la mort ". Sa femme, Elisabeth, est informée du suicide de son mari. On lui promet une autopsie à Djibouti ; elle n'aura jamais lieu. Quand elle demande des documents médicaux, comme les radiographies du corps de Bernard, on lui annonce qu'ils ont disparu. Des amis, des parents tentent de la convaincre que le suicide ne tient pas. Elisabeth, elle-même magistrate, a du mal à admettre qu'on lui cache les vraies raisons de la disparition de son mari. Peu à peu pourtant, elle se rend à l'évidence : elle a été manipulée. Elle dépose finalement plainte pour assassinat en 1997, à Toulouse. Extrait du résumé du livre "Un juge assassiné" - Elisabeth Borrel 2006

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28/04/2007 Interview d'Elisabeth Borrel - Citizen Nantes 


Affaire Borrel : Interview d'Elisabeth Borrel par Yves Monteil. Nantes 28/04/2007

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26/08/2013 - Risque imminent d’étouffement de "l’affaire du Juge Borrel" 

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Un témoin-clé dans l’affaire françafricaine d’assassinat d’un coopérant français risque de disparaître : à moins qu’elles ne cherchent encore à étouffer l’affaire, les autorités françaises doivent le protéger.

Mohamed Alhoumekani, un des témoins principaux dans l’instruction judiciaire pour assassinat de Bernard Borrel, a été arrêté samedi 24 au Yemen où il visitait sa famille. Il est détenu dans les locaux de la police criminelle de Sanaa. Ex-officier dans la garde républicaine djiboutienne, il avait témoigné auprès des autorités judiciaires françaises à propos de l’assassinat à Djibouti du Juge Bernard Borrel, le 15 octobre 1995. Coopérant français, Bernard Borrel a été reconnu comme mort en service. Les autorités françaises avaient dans un premier temps conclu au suicide, version qu’elles ont défendu pendant des années malgré les éléments prouvant qu’il s’agissait d’un homicide. Bien que le Procureur de la République française ait enfin reconnu qu’il s’agissait d’un crime, comme l’a confirmé la dernière autopsie, le procès pour son assassinat n’a toujours pas eu lieu, et des responsables djiboutiens et français n’ont de cesse de faire entrave à la vérité et à la justice.

Mohamed Alhoumekani avait été contraint de fuir son pays et de solliciter l’asile, puis la nationalité en Belgique, pour donner son témoignage. Celui-ci pourrait mettre en cause une implication possible de la Présidence djiboutienne dans la commandite du crime. La vie de ce témoin-clé est aujourd’hui en danger : détenu sans chef d’inculpation, il aurait été victime de mauvais traitements selon le témoignage d’un proche. Le Général Fathi, chef d’état-major des armées djiboutiennes, est arrivé dimanche midi à Sanaa, probablement pour faire pression sur les autorités yéménites et obtenir son extradition. Or, les disparitions, les tortures, les emprisonnements extrajudiciaires ont été régulièrement dénoncés par les associations pour la défense des Droits Humains à Djibouti, comme la Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme (LDDH) et l’Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD).

L’extradition de ce témoin vers la dictature djiboutienne présente un risque majeur pour la vérité sur l’implication des autorités djiboutiennes et, au-delà, des autorités françaises, dans l’assassinat de ce coopérant. L’instruction étant toujours en cours en France, le gouvernement français doit intervenir auprès des autorités yéménites pour empêcher de voir ainsi disparaître un témoin essentiel… A moins qu’il ne cherche à étouffer l’affaire comme les gouvernements précédents ?

Survie

Publié dans France & Monde

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