Merci à Khady Sylla

Publié le par CitiZen Nantes

Mise à jour 18/10/2013

Nous avons appris (09/10/2013) aujourd'hui la mort de Khady Sylla qui a traversé Citizen Nantes et continuera notamment à travers sa participation au prochain faux-journal Breil Océan, pour lequel elle avait écrit un article.

La dernière fois que j'ai rencontré Khady Sylla, c'était en 2011 sur l'île de Ngor. J'avais alors fait une interview sans penser que je ne la reverrai jamais. Y.M

Interview de Khady Sylla

 

 

Interview de l'écrivain et réalisatrice Khady Sylla (1963-2013). Réalisé par Yves Monteil sur l'île de Ngor le 1er décembre 2011.

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Invité dimanche 26 septembre 2010 à présenter le film "La Petite vendeuse de Soleil" du réalisateur Djibril Mambéty Diop, j'avais demandé à l'écrivain et cinéaste  Khady Sylla d'écrire un texte. Y.M

Djibril Diop Mambéty et "La petite vendeuse de Soleil" - Khady Sylla

"La première fois que J'ai rencontré Djibril, je me suis retournée pour le regarder.  Le regarder s'éloigner. Je trouvais qu'il avait une belle allure. Je ne le connaissais pourtant pas. Plus tard on nous a présentés et j'ai su que c'était Mambety, Djibril Diop Mambety que j'avais vu ce matin-là. Cette première image, celle d'un roi mage, a survécu dans ma mémoire malgré le temps.

Djibril voulait être mon assistant pour un improbable film documentaire, un projet totalement inabouti de la débutante que j'étais. Ce prince était humble. Il dormait parfois sur un carton avec les lépreux de l'avenue Ponty à Dakar. Il recevait la visite de prostituées, de mendiants, de malades errants qu'il traitait comme d'importantes personnalités. Ces petites gens que Djibril aimait temps.

La petite vendeuse de soleil est l'une de ces petites gens. Elle est infirme; on pourrait l'attendre dans un rôle de mendiante. Mais sa petite voix qui claque, son énergie, nous la font découvrir dans un rôle qui ne l'ampute pas d'une once de sa dignité. Son sourire, son rire éclatants nous prouvent que le journal Le Soleil, comme son nom l'indique, est un symbole comme le cinéma de Mambéty en regorge. Le soleil, la joie de vivre de la petite vendeuse, lui permettent de triompher de tous les obstacles. Le dernier Mambety est lumineux et plein d'espoir.

En 1993 j'ai offert à Djibril un exemplaire de mon roman "Le jeu de la mer". Pour dédicace j'ai inscrit une phrase de Borges : "Les anges ont deux jours et deux nuits de plus que nous". Djibril a rajouté : "Il parait que je suis un ange Gabriel, Djibril". Puis il a ri et a dit : "Je ne suis pas un ange, je suis un morceau d'ange".

Pardonnez-moi, l'angéologie est très compliquée et il est difficile d'écrire sur ne serait-ce qu'un morceau d'ange, ce personnage Djibril Diop Mambety."

Khady Sylla. Dakar. Mercredi 21/09/2010

>> À lire aussi

 Wasis Diop, "Ce que je dois à Djibril…" Entretien de Fatou Kiné Sène. 30/08/2008 

"L'envol suspendu de Djibril Diop Mambety" - Michel Amarger in Ecrans d'Afrique, n°24,1998

"Djibril Diop Mambéty, in mémoriam" Olivier Barlet. 01/09/1998

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La petite vendeuse de soleil

Projection de "La petite vendeuse de Soleil"  de Djybrïl Diop Mambéty (1945. Sénégal - 1998 Paris).

Espace Culturel Louis Delgrès à l'invitation de Mémoire d'Outre Mer et Casa Africa,  26 septembre 2010. 

Résumé

Dans les rues de Dakar, Sili Laam, une fillette d'une dizaine d'années handicapée, doit se déplacer à l'aide de béquilles. Elle mendie pour survivre et aider sa grand-mère aveugle. Un jour, elle décide de mettre un terme à cette vie qu'elle ne supporte plus. Elle décide de vendre des journaux dans la rue comme tous ces garçons qui la bousculent. Peu à peu, elle se fait respecter malgré toutes les tentatives pour la décourager. La jeune bande de vendeurs y voient une concurrence et n'hésitent pas sur l'embarcadère pour Gorée à balancer dans la mer une des béquilles de la fillette. Babou plonge et la remonte. Sili sourit enfin. Elle vend des Soleil ! Elle se lance dans une danse avec ses béquilles, avec ses petits amis en buvant un coca. Dans la rue, elle rencontre un monde sans pitié qu'elle connaît bien mais aussi l'amitié partagée entre petites gens.

Extrait en wolof sous-titré anglais

 Fly d'invitation

citizen nantes petite vendeuse

Publié dans France & Monde

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