Inauguration "in" du Mémorial de l'abolition de l'esclavage

Publié le par CitiZen Nantes

L'inauguration officielle du Mémorial aura lieu dimanche 25 mars 2012 à partir de 15h, sur le quai de la fosse, en présence de Lilian Thuram, ancien footballeur à l'origine d'une fondation contre le racisme, Christiane Taubira, députée de Guyane et Claire Brisset, ancienne défenseur des droits de l'enfant.

“Frères et amis. Je suis Toussaint Louverture ; mon nom s’est peut-être fait connaître jusqu’à vous. J’ai entrepris la vengeance de ma race. Je veux que la liberté et l’égalité règnent à Saint-Domingue. Je travaille à les faire exister. Unissez-vous, frères, et combattez avec moi pour la même cause. Déracinez avec moi l’arbre de l’esclavage.” Toussaint Louverture, Déclaration à Saint-Domingue, 29 août 1793 (Saint-Domingue, Antilles)

1ères rencontres internationales du Mémorial : 22, 23 et 24 mars
À l’occasion de l’inauguration du Mémorial de l’abolition de l’esclavage à Nantes, se tiendront les 22, 23 et 24 mars, au Château des ducs de Bretagne, les premières Rencontres Internationales du Mémorial. Ces Rencontres, qui réunissent des chercheurs de plusieurs disciplines (droit, histoire, littérature, philosophie), des artistes et des acteurs de la mémoire, ont pour objectif de revenir sur le long combat pour l’abolition de la traite négrière et de l’esclavage colonial et de débattre d’enjeux contemporains. Entrée Libre dans la limite des places disponibles.

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chantier-memorial-abolition-esclavage-2010.jpgChantier du Mémorial. Nantes, Mai 2010

Nantes face à son histoire

Nantes, premier port négrier français. Entre le 15e siècle et le 19e siècle, de nombreux ports européens tels Liverpool, Londres, Bristol, Nantes, La Rochelle, Bordeaux, Amsterdam, Lisbonne, se livrent à la traite négrière. Au 18e siècle, Nantes devient le premier port négrier français. Armateurs, banquiers, industriels, commerçants, constructeurs navals, marins : tous, à des degrés divers, tirent profit de ce commerce.

Une longue période d’oubli. En 1848, après de longs combats, est votée l’abolition de l’esclavage, en grande partie grâce au combat mené par Victor Schœlcher. Nantes tourne la page mais, entre cynisme et mauvaise conscience, elle est recouverte du manteau du silence et de l’oubli.

Il faut attendre les années 1990 pour que des Nantais entament avec la Municipalité une démarche volontaire pour regarder l’histoire en face. En 1992, avec plus de 400 000 visiteurs, l’exposition « Les Anneaux de la Mémoire » permet de comprendre et d’analyser ces faits historiques.

Une mémoire assumée et de nouveaux combats pour aujourd’hui et pour demain. Depuis, Nantes poursuit ce chemin de la mémoire retrouvée. En vingt ans, il a été jalonné d’actions locales et internationales : coopération et jumelages avec des villes africaines et sud-américaines, soutien aux associations, organisation du Forum Mondial des Droits de l’Homme, ouverture de salles consacrées à la traite négrière au Musée d’histoire de Nantes, ouverture de l’Institut des Etudes Avancées avec son approche originale des rapports nord-sud, etc. Enfin, en 2011, l’édification du Mémorial en hommage à tous ceux qui ont lutté, qui luttent et lutteront contre l’esclavage, vient clore un cycle et en ouvrir un autre : celui du présent et de l’avenir. Extrait de memorial.nantes.fr

Nantes_Memorial_escalier.jpgEscalier donnant accès au Mémorial

Le mémorial - Une volonté politique
L’esclavage fait partie de notre histoire. Nantes fut le premier port négrier français au 18e siècle. La ville fonda alors une partie de sa richesse sur cet odieux trafic que nous reconnaissons aujourd’hui comme un crime contre l’humanité. Pendant longtemps, Nantes a détourné le regard de ce passé jusqu’aux années 1990, où nous avons décidé de le regarder en face. Nous l’avons alors exhumé, exploré, analysé, compris, assumé. Nous avons ainsi libéré notre mémoire. L’exposition Les Anneaux de la Mémoire, en 1992, fut le symbole de cette prise de conscience collective. Assumer un tel passé, sans esprit de repentance, permet aujourd’hui de mener nos combats les yeux grands ouverts. Le Mémorial porte cette volonté politique forte. Il ne s’agit pas d’un nouvel acte de contrition, mais bel et bien d’un appel à se souvenir des combats passés pour se projeter dans l’avenir, lutter contre toutes les formes d’esclavage moderne et d’aliénation des droits de l’Homme afin de construire un monde plus solidaire. En élevant le Mémorial sur les bords de la Loire, au cœur de la ville, là d’où partirent tant d’expéditions négrières, en lui donnant la forme d’un geste artistique monumental relié au palais de justice par la passerelle Victor-Schœlcher, nous rappelons que la lutte pour la liberté et la dignité de tout être humain est une cause fondamentale qui engage notre idée de la société. Le Mémorial est une nouvelle étape pour comprendre notre histoire et témoigner de l’avenir que nous voulons construire ensemble. Des salles du Musée du Château des ducs de Bretagne consacrées à la traite, en passant par le Bouffay, l’île Feydeau et le quai de La Fosse, il prend toute sa dimension dans un parcours de mémoire qui s’ancre dans la réalité historique de la ville. Ce Mémorial, qui par son ampleur est unique en Europe, est un message de tous les Nantais, de tous les habitants de notre métropole, de notre département, de notre région à ceux qui, partout dans le monde, partagent cette histoire, ces luttes, et ces combats. Je forme le vœu qu’il devienne ce lieu de connaissance et de conscience pour les plus jeunes générations. Alors le Mémorial aura tenu ses promesses : il sera ce lieu vivant de ralliement et d’engagement collectif pour perpétuer la mémoire des combats passés et poursuivre notre lutte pour la reconnaissance et la promotion des droits de l’Homme. Jean-Marc Ayrault. Extrait de memorial.nantes.fr

 

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