In memorial en avant-première

Publié le par CitiZen Nantes

 Dimanche 25 mars, le mémorial de l'abolition de l'esclavage de Nantes se dévoilera au public. En début de semaine, il a accueilli ses premiers visiteurs lors d'une « pré-inauguration ». Une bonne occasion de capter les sensations que dégage ce lieu de mémoire.

Entre verre et mer
Le cœur du mémorial se trouve à la fois sur et sous le quai de la Fosse, près de la maison de la Mer. De l'esplanade, on accède au parcours souterrain, confiné, long de 90 mètres. Entre les clapotis de la Loire sur les piliers de pierre d'un côté, et l'immense lame de verre inclinée de l'autre, l'effet est saisissant. Nous sommes à l'intérieur d'une cale de bateau ! En quelques minutes, la Loire devient la mer. Notre traversée fait écho à celle des esclaves pendant leur transport. A ceci près que notre impression d'emprisonnement n'est pas comparable aux conditions de l'époque.

Un travail sur l'immersion très réussi de la part des deux concepteurs du mémorial, Krzysztof Wodiczko et Julian Bonder. Le parcours est bordé par des textes, gravés sur le verre. Des citations de poètes, d'esclaves, de philosophes, d'hommes politiques en faveur de l'abolition. Autant de voix du passé qui nous intiment de ne pas oublier le combat qui a été mené.
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Une représentation de l'esclavagisme
Une question qui a été vivement étudiée en amont du projet : peut-on représenter l'esclavagisme ? Et de quelle manière ?
A Nantes, ce sont deux parcours complémentaires qui nous replongent dans l'Histoire. Une première promenade le long des quais, prélude au cœur du mémorial, est composée de 2 000 plaques de verre posées sur le sol, retraçant les différentes expéditions, le nom des navires, les comptoirs négriers. Une façon d'exprimer l'ampleur de la traite. On se rend compte que le texte tient une place importante dans ce mémorial. Pas d'objet visuel pour véhiculer le message sur l'esclavage et son abolition. Simplement du texte, mais riche de sens et d'émotion.
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Côté visiteurs, le mémorial semble avoir réussi son pari de marquer les mémoires : “Particulier”, “original”, “une curiosité événementielle”. Voilà comment les premiers visiteurs ressentent le lieu. Un moment de réflexion, un "temps à part, à passer seul plutôt qu'en groupe”. Pour certains, un moment “spirituel” :

Enfin, il ne faut pas oublier que le mémorial est fait de béton et de pierre. Comme l'a rappelé Dowoti Desir lors des rencontres sur l'abolition de l'esclavage du jeudi 22 mars :

« C'est un monument physique et un modeste tribut aux efforts des africains ».

Au-delà du lieu, c'est de toute une communauté de chair et de sang dont il faut se rappeler.

Texte et photos : Arnaud Douillard

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