Migrants, expulsions de squat en squat

Publié le par CitiZen Nantes

Mise à jour

03/09/2014 - Les expulsé-es de la rue des stocks (Moutonnerie) logés dans un presbytère

Le 30 juillet dernier, une soixantaine de personnes, pour la plupart étrangères, en demande d’asile ou déboutées du droit d’asile, a été expulsée à la demande de la Mairie de Nantes du lieu dans lequel elle avait trouvé refuge rue des Stocks à Nantes.

Les migrants avaient rejoint ce lieu suite à deux autres expulsions dont celle très médiatisée du Lieu Unique en octobre 2012.

Le collectif des expulsés de la rue des Stocks occupe depuis un presbytère appartenant à la Ville. Entre 60 et 80 personnes y vivent dans des conditions précaires, avec deux toilettes et une douche. Ce n’est pas une solution humainement acceptable.

Nous dénonçons fermement les conditions de cette expulsion. Les élu-e-s écologistes et citoyen, communistes et de l’Union Démocratique Bretonne n'ont pas été associés à cette décision. La majorité municipale aurait du garantir des solutions de relogement en interpellant collectivement les services de l'Etat.
Nous sommes pleinement engagés à mettre en œuvre le programme de la majorité municipale en matière de création de places d’hébergement supplémentaires à Nantes.
Plus une seule expulsion ne doit avoir lieu à Nantes avant que des solutions durables et pérennes répondant aux besoins ne soient mises en œuvre. Nous continuons d’y travailler, aux côtés des associations, organisations et citoyens mobilisés.

Nous demandons instamment que la requête du collectif, à savoir l’organisation d’une réunion tripartite associant l’État, la Mairie de Nantes, et le collectif des expulsés de la rue des Stocks, soit organisée afin de faire un état des lieux et de dégager rapidement des solutions pérennes d’hébergement des personnes étrangères quelque soit leur situation administrative.

Nous continuerons d'agir pour soutenir la demande du collectif à la Mairie de Nantes de procéder à des aménagements du presbytère, pour lui permettre de disposer d'un lieu d’hébergement supplémentaire et pour que l’État, comme la loi l’exige, prenne en charge l’hébergement des demandeurs d’asile jusqu’à ce que leur dossier soit instruit.

Communiqué de presse co-signé par les élu-e-s écologistes et citoyens nantais, les élu-e-s communistes et l'UDB sur les expulsés de la rue des Stocks.

23/08/2014 - Relogement des expulsé-es de la Moutonnerie dans un presbytère

Nouvelle occupation. Presbytère à Doulon. Photo : Orlanda Ribeiro, Citizen Nantes
Nouvelle occupation. Presbytère à Doulon. Photo : Orlanda Ribeiro, Citizen Nantes

Nouvelle occupation. Presbytère à Doulon. Photo : Orlanda Ribeiro, Citizen Nantes

Les expulsé-e-s de la rue des Stocks (Moutonnerie) sont actuellement relogé-e-s dans le presbytère de la rue Pontereau (Doulon). Le collectif de soutien a alerté la mairie en demandant que ce lieu ne soit pas expulsé en attendant de vraies solutions de logement.

06//08/2014 Témoignage expulsion du squat de la Moutonnerie (rue des Stocks)

Témoignage de Laurence Ortega de "Un toit pour tous et toutes" qui revient sur les arrestations qui ont eu lieu devant la Préfecture de Loire-Atlantique dans la nuit de jeudi (31/07/2014) à vendredi (01/08). Propos recueillis par Orlanda Ribeiro, Citizen Nantes

30/07/2014 - Destruction du squat de la Moutonnerie

L'expulsion était devenue nécessaire en raison de conditions d'hygiène et de sécurité préoccupantes pour les personnes installées.

Extrait du communiqué de la Préfecture de Loire-Atlantique

Destruction du squat de la Moutonnerie. Orlanda Ribeiro, Citizen Nantes

A 7h du matin, le 30 juillet 2014, les forces de police interviennent, rue des Stocks, Quartier Dalby, dans les anciens locaux des Restos du coeur, pour déloger les migrants qui, depuis mai ont été forcés de quitter le Squat du Radisson Noir qu'ils occupaient faute d'avoir où se loger.

Lors de la démolition de l'un des bâtiments occupés les personnes présentes s'inquiètent déjà de savoir où les migrants pourront désormais trouver refuge.
De leur côté, les anciens occupants dénoncent "l'absence d'huissier sur place et d'informations sur la procédure d'expulsions".

Une semaine après peu de places ont été mises à disposition par le 115 et les migrants sont à ce jour toujours à la rue.

31/07/2014 - Expulsion du squat de la Moutonnerie

Mercredi 30 juillet 2014, le squat de la rue des Stocks, dans le quartier Moutonnerie/Dalby, a été expulsé. Il était occupé depuis le mois de mai par une centaine de sans-papiers.

L’expulsion a commencé sur les coups de 7h30 du matin. Plus d’une dizaine de camions de policiers a bouclé tout le quartier. Une cinquantaine de personne a dormi devant la préfecture dans la nuit de mercredi à jeudi.

Cela porterait à 7 ou 8 le nombre de squats évacués dans l’agglomération nantaise depuis le début de l’été.

À 10h30, destruction des bâtiments expulsés . Photo : Indymédia

À 10h30, destruction des bâtiments expulsés . Photo : Indymédia

Vidéo. Devant la préfecture après l'expulsion

Orlanda Ribeiro, Citizen Nantes

09/05/2014 - Un nouveau squat ouvert pour les expulsés du Radisson noir

Ouvert depuis mercredi 7 mai par le collectif des expulsé-e-s qui lance un appel aux dons pour de la nourriture, de l'eau et divers matériels (couvertures, lampes-torche, réchauds à gaz,matelas...) Contact : Gasprom - 24 rue Fouré à Nantes.

07/05/2014 - Vidéo. Manifestation de soutien aux expulsé-es du squat "Radisson Noir"

Par Orlanda Ribeiro, Citizen Nantes

Venus, partis, revenus.
La demande d'un logement au milieu de nantais logés, sans vie.
St Nicolas et de jeunes CRS.
Ici, ailleurs, nulle part. Ce n'est rien ; à peine à gauche. Et pourtant. Un peu de France...

Yves Monteil

Devant la cathédrale de Nantes,  07/05/2014

Devant la cathédrale de Nantes, 07/05/2014

07/05/2014 - Retour sur l'expulsion du squat "Radisson Noir"

En expulsant, par la force, mardi 6 mai, le "Radisson noir" qui abritait depuis plusieurs mois plus d'une centaine de personnes sans logement, dont de nombreux demandeurs d'asile le préfet de Nantes a choisi de les mettre à la rue sans aucune solution.
Il choisit de ne pas respecter le devoir de mise à l'abri de toute personne humaine.
Face à la mobilisation, il a proposé ce matin dix sept places au foyer G. Roch et le dispositif habituel : évaluation sociale et appel du 115, qui dans le meilleur des cas propose quelques nuits d'hébergement.
Cette proposition très insuffisante ne peut être acceptée par le collectif.
Nous attendons des propositions à la hauteur des besoins et conformes aux droits de la personne.

Communiqué collectif de lutte des expulsé-es du Radisson.

Traumastisme cranien et 12 points de suture pour ce blessé - Photo : Indymédia-Nantes

Traumastisme cranien et 12 points de suture pour ce blessé - Photo : Indymédia-Nantes

06/05/2014 - 18h50 - Occupation de l'église Saint-Nicolas

Relogement des sans-papiers qui ont été expulsés par la police ce mardi matin. Photo : Luc Douillard

Relogement des sans-papiers qui ont été expulsés par la police ce mardi matin. Photo : Luc Douillard

Le fil de la journée d'expulsion du 6 mai

14h30 - Rencontre avec des représentants du préfet Ils ne veulent pas reloger les personnes, et indiquent aussi que ceux qui n'ont pas de papiers « ont vocation à quitter le territoire », et donc à être expulsés ! La France, pays d'accueil ? Source : Indymédia

12h - Rencontre avec des travailleurs sociaux Ils sont envoyés par la préfecture qui veut étudier la situation au cas par cas. Ils n'ont comme solution que 1 à 2 nuits d'hébergement au 115 ! Puis retour la rue ! Face à ces propositions inacceptables, manifestation dans les rues de Nantes pour exprimer notre colère. Source : Indymédia

7h - Evacuation du Squat Radisson Très très gros dispositif policier mis en place pour expulser le Radisson dès 7h. Les gens sont violemment sortis, un à un. Deux blessés : trauma crânien et 12 points de sutures pour l'un et suspicion de fracture des côtes pour l'autre.Plus ou moins 100 personnes sont mises à la rue avec des pseudo promesses et "trois nuit d'hôtel" (!) pour faire bonne figure. Et après ? Les expulsés sont dans l'urgence, doivent rencontrer des travailleurs sociaux et trouver des solutions : ils ne peuvent donc pas manifester pour défendre leurs droits. Source "Karacole"

Galerie photos du 06/05/2014 par "Bon pied, bon oeil"

Expulsion du "Radisson Noir" 06/05/2014 - Photo : "Nantes Révoltée"

Expulsion du "Radisson Noir" 06/05/2014 - Photo : "Nantes Révoltée"

04/07/14 - Quel avenir pour le squat Radisson ? Vidéo 2/2

Jeudi 4 juillet dès 9 heures au tribunal d'instance de Nantes. Par Orlanda Ribeiro, Citizen Nantes

23/06/2013 - Menace d'expulsion du squat "Radisson noir" Vidéo 1/2

Par Orlanda Ribeiro, Citizen Nantes

Compléments

03/02/2015 - Projection de "Les messagers"

Le collectif de soutien aux expulsés de la rue des stocks en partenariat avec le cinéma Concorde organisait, le 3 février 2015, la projection du film documentaire "Les Messagers", d’Hélène Crouzillat et Laetitia Tura réalisé en 2014 - Durée 1h07

"Les messagers"

" Les messagers se sont des migrants qui meurent tous les jours, en des lieux éparpillés, sans que l’on ne puisse en garder la trace. Ils disparaissent dans la frontière. Où sont les corps ? Les messagers, ce sont ces premiers témoins, qui nomment la mort, s’organisent pour trouver un nom, un corps ou bâtir une sépulture. Dépositaires de la mémoire des disparus, ils résistent à la disparition de l’humain. "

06/05/2014 - Squat rue de Crucy à Nantes : après 18 mois d'occupation, l'expulsion comme réponse

Une centaine de personnes, pour la plupart des demandeurs d’asile, régularisés ou sans papiers ont été évacuées ce matin du squat qu'elles occupaient rue de Crucy à Nantes par les forces de l’ordre arrivées en nombre dès 7 heures. La trêve hivernale a pris fin le 1er avril. Le droit de propriété a retrouvé ses couleurs. L'immeuble est propriété de l'Etat.

Ces personnes vont ainsi rejoindre les dizaines de milliers de personnes expulsées les années précédentes. Leur droit à l’hébergement, pourtant reconnu par la loi, est régulièrement bafoué sous prétexte d'un manque de places. Toutes subissent aussi la fermeture de milliers de places d’hébergement d’urgence, et sont condamnées à subir les violences de la vie dans la rue, comme si vivre et dormir dehors hors gel était absolument sans danger. Or, ceux qui vivent ainsi meurent en moyenne à l’âge de 49 ans.

La Ligue des droits de l’Homme rappelle que la circulaire interministérielle du 26 août 2012 relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites précise qu’il convient « d’assurer un traitement égal et digne à toute personne en situation de détresse sociale ». Cela suppose d’établir, « chaque fois que possible, un diagnostic et rechercher des solutions d’accompagnement, dans les différents domaines concourant à l’insertion des personnes ». Il ne semble pas que les services de la Préfecture aient procédé ainsi puisqu’un rendez vous a été proposé à ces personnes avec des travailleurs sociaux ce mardi 6 mai dans la matinée, donc seulement après l'expulsion, pour faire une évaluation au cas par cas de leur situation et définir avec eux, en téléphonant au 115, la possibilité d’un relogement éventuel d’une ou deux nuits.

Nous savons par expérience, comme maintes fois signalé aux autorités compétentes, que, pour la plupart des personnes, la solution d'urgence proposée restera vaine car les dispositifs d’hébergement sont par trop souvent saturés.

Dans toutes les villes où sévit la crise du logement, des sans logis occupent des immeubles vides, ou s’installent sur des friches. Ce n’est pas un délit, c’est une nécessité légitime, car les lois qui devraient les protéger ne sont pas respectées. Le droit à l’hébergement est trop souvent bafoué, la loi Dalo et la loi de réquisition trop souvent inappliquées, alors même qu’il subsiste plus de deux millions de logements vacants en France, dont certains sont propriétés de l'Etat.

La Ligue des droits de l’Homme rappelle que pouvoir se loger et se maintenir dans un logement décent est une nécessité vitale pour chacun. Elle réitère ses demandes à l'attention des pouvoirs publics quant à la mise en place urgentes de réponses adaptées et suffisantes pour le respect du droit à l'hébergement à Nantes et en Loire-Atlantique.

Publié dans Migrations, Nantes, Dossiers

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