Datajournalisme, Hack The Press #1

Publié le par Citizen Nantes

"Le datajournalism permet de faire comprendre par l’image certaines idées bien mieux que ne le feraient des mots" (1) 

 Les 8 et 9 octobre 2011, quelques irréductibles de datajournalisme s’étaient retrouvés à la Cantine Numérique de Nantes pour un week-end de travail, à partir de données qui n’étaient pas toujours complètement au rendez-vous.

Rebelotte ce 19 janvier 2012 avec une première session sous l’appellation “Hack The Press #1”, du nom des rendez-vous parisiens (Voir Hack the press #2  le11/0112 à la Cantine de Paris.

A l’initiative de  Libertic et de Ouest Médialab, 3 équipes composées de journalistes, développeurs et designers ont donc planché, le temps d’un après-midi, sur les thèmes suivants : L’accidentologie en Loire Atlantique, l’activité des élus du Conseil Général et la corrélation entre les articles traités par la Lettre API (entreprises et secteurs) et des données relatives aux réalités de l'emploi.

Ébauche de projet : Le cas des élus du Conseil Général

 La démarche 

A partir de données fournies par le Conseil Général de Loire Atlantique, un groupe composé de trois journalistes (Antoine Decourt / Indépendant - Poitiers ; Yves Monteil / Citizen Nantes ; Denis Vannier / Télénantes), d’un développeur (Stéphane Girault) et d’un designer (Bastien Kerspern, École de Design) s’est interrogé sur la relation des élus du Conseil Général avec les organismes extérieurs pour lesquels ils sont mandatés.

Le groupe de travail, baptisé pour l’occasion EinGedi, a réalisé trois visualisations (sous la forme d’un hémicycle) en prenant comme point de départ le nombre de représentations de chacun des élus dans ces organismes (ex. : Centre hospitalier, Agence Régionale de santé...). Ces données premières ont ensuite été mise en perspective avec le nombre de mandats des élus et leur  longévité politique (date du premier mandat).

Les visualisations  

Après l'extraction et le nettoyage des données voici ci-dessous la première visualisation. Chaque trait -correspondant à un élu- est plus ou moins grand en fonction du nombre de représentations dans les commission. Avec cette première visualisation, on voit par exemple qu'Hervé Bocher, Bertrand Deniaud, Fabienne Padovani (côté majorité) et Gatien Meunier, Patrick Girard ou Joseph Parpaillon (côté opposition) occupent le plus de commissions.

hackthepress_representation_base.jpg
 

Nous avons ensuite relevé manuellement sur le site du Conseil Général la date du 1er mandat en politique de chacun  pour voir si cette longévité avait une corrélation avec le nombre de représentations des élus dans les commissions. Plus la couleur est claire, plus la longévité est importante. On peut noter qu'il n'y pas de cause entre la longévité et le nombre de représentations. Certains traits longs pouvant être de couleur claire et d'autres courts pouvant être foncés.

hackthepress-representation_longevite.jpg

 

Et enfin, ci-desous, nous avons extrait le nombre de mandats politiques de chacun des élus (très clair = 1 mandat; clair = 2 mandats; foncé = 3 Mandats). Là encore pas de corrélations entre le nombre de représentations des élus dans des commissions extérieures et le nombre de mandats.
hackthepress_representation_mandat.jpg

Infos complémentaires

Le Conseil général... kézako?

Tous les neuf ans, les citoyens sont appelés à élire leurs conseillers généraux. Elus à l'occasion des «Cantonales», ces hommes politiques sont ensuite amenés à siéger à l'assemblé départementale... Et conséquemment, au sein de différents organismes extérieurs.

Si cette condition de la représentativité est ici notre sujet d'enquête, leur rôle politique reste sans doute le plus méconnu des Français.

En mars 2011, la dernière salve d'élections -est-il nécessaire de rappeler que le Conseil général est renouvelé au tiers de ses membres tous les trois ans- est venue rappeler cette triste vérité. La mobilisation (au niveau national) avait alors atteint cette « incroyable » record de participation de 45%.

Au-delà l'intérêt des citoyens pour des élus amenés à disparaître à l'horizon 2014 -dans le cadre de la réforme de la carte électorale- les conseillers généraux conserveront jusqu'à cette date butoir des compétences fortes.

Au cœur de leurs attributions, l'action sociale tient une place prépondérante, dont les illustrations les plus fortes restent la gestion du RSA et la protection de l'enfance. En outre, ils ont en charge la gestion matérielle des collèges (éducation), des routes départementales et routes nationales d'intérêt local (voirie) et entre autres le financement des Sdis (cf. les pompiers).

Les conseillers généraux sont partout...

Les 59 conseillers généraux de Loire-Atlantique (57 ans de moyenne d'âge) ne sont pas seulement tenus d'assister aux séances plénières et aux commissions de leur assemblée. Ils doivent également représenter le Département dans 521 organismes extérieurs que finance la collectivité. Selon quels critères ces délégations sont-elles attribuées ? L'appartenance ou non à la majorité ? L'expérience politique ? Les élus cumulards en mandats électoraux sont-ils aussi cumulards en délégations ? Quels postes-clés la majorité se réserve-t-elle ? 

Les délégations

Les délégations sont attribuées à chaque renouvellement de l'assemblée. Leur répartition dépend avant tout de la bonne volonté de la majorité. En Loire-Atlantique, la règle de courtoisie veut qu’un élu siège dans les organismes situés dans son canton, quelque soit son appartenance politique. La majorité se réserve cependant les postes clés dans les organismes stratégiques...

En cliquant sur le bandeau, retrouvez le point de vue des participants

hack-the-press_Nantes-copie-1.jpg
(1) C'est quoi le datajournalisme ?  Philippe Martin - 18/10/2010

Publié dans Médias et data

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