Des nouvelles du Conseil Nantais pour la Citoyenneté des Étrangers

Publié le par CitiZen Nantes

Nous avions en mai 2009 relayé la création du Conseil Nantais pour la Citoyenneté des Étrangers. Nous reprenons ci-dessous un extrait de "La Lettre" de décembre 2010 avec le portrait de l'un de ses membres : Hama  ould Ledor. "La Lettre est téléchargeable" au format pdf

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Hama  ould Ledor est membre du CNCE depuis 2008. Agé de 46 ans, ilest originaire de mauritanie. Hama ould Ledor livre le récit de son riche parcours.« Je suis arrivé du Maroc avec un diplôme d’ingénieur en poche. Dans un premier temps, je me suis installé à Toulouse pour y faire mes études, mais surtout pour perfectionner mon français. Après un an passé en France, j’ai saisi l’opportunité d’étudier à Nantes. Grâce au CROUS (Centre Régionaldes Œuvres Universitaires et Scolaires), j’ai retrouvé mes compatriotes qui m’ont aidé à m’installer et permis d’envisager un bel avenir dans mon nouveau pays.


Depuis ma petite enfance, j’ai côtoyé la culture française. J’ai grandi dans une petite ville du centre de la Mauritanie, Akjoujt, où beaucoup de familles françaises travaillaient dans les mines de cuivre, comme mon père. Dèsmon arrivée, jeme suis senticomme chez moi. Ce sentiment-là, ainsi que le soutien de ma communauté ont fait de Nantes mon nouveau foyer.  


A mon arrivée à Nantes, j’ai fondé, avec des Français, l’Association Nomades de Mauritanie, qui a pour but d’envoyer des fournitures scolaires, des groupes électrogènes pour des hôpitaux, etc.


Faute de financement, j’ai dû laisser de côté mon rêve d’obtenir un doctorat. Pour vivre,il m’a fallu trouver un travail, enchaîner les petits boulots : cours de maths, restauration, grande distribution... Pour finir, j’aitrouvé un emploi stable dans une station service, où malheureusement, je viens de subir un licenciement économique.


Malgré les difficultés rencontrées, fonderune famille a toujours été pour moi l’objectif prioritaire. Ainsi, en 2003, ma femme Warda m’a rejoint. Elle est arrivée de Mauritanie pour faire ses études en France. Aujourd’hui Warda, non seulement maitrise parfaitement le français, mais a obtenu un BTS comptabilité. Je suis fier de son parcours, comme elle et moi sommes fiers du petit garçon que nous avons eu ensemble.Même si j’ai passé presque la moitié dema vie en France, je lutte toujours pour obtenir une carte de résidence. A chaque renouvellement de mon titre de séjour, c’est l’angoisse de ne pas pouvoir rester en France.  C’est mieux de ne pas trop y penser, car sinon on devient fou. En 2008, jeme suis rapproché de la Mission  politiqued’intégration de la Ville de Nantes, où j’ai reçu de l’aide et des conseils d’orientation.


A ce moment-là, j’ai pris connaissance de l’existence du CNCE et décidé de m’y engager. C’est un espace très important pour moi car j’aime aider les autres, comme d’autres l’ont fait auparavant pour moi. Être à l’écoute et donner du courage aux autres est ce qui compte le plus. Je souhaite ainsi que le CNCE soit mieux connu et mieux entendu pour pouvoir aider un maximum de personnes étrangères.


Enfin, si je pense souvent à mon pays d’origine, et que les moments de partage en famille, le désert mauritanien, la chaleur humainememanquent…je reste convaincu de la richesse de cette expérience. »
Propos recueillis par florencia Alvarez, membre du CNC

 

>> Lire sur CitiZen :Un "Conseil Nantais pour la Citoyenneté des Etrangers" (CNCE) à Nantes  04/05/2009

>> Téléchargez "La Lettre" du CNCE de décembre 2010

Publié dans Centre ville

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