Comment démonter le logos de Soral ?!

Publié le par CitiZen Nantes

Il faut absolument lire l'article du Monde Diplomatique d'octobre 2013, "Alain Soral tisse sa toile - Les embrouilles idéologiques de l'extrême droite". A partir de cet article on peut devenir un anti-Soral efficace en reprenant ses bonnes questions et en donnant les bonnes réponses. Car pour lui, la solution au capitalisme mondialisé et destructeur passe individuellement par la Morale et collectivement par la Nation. Il ne propose aucune solution autre qu'un mythe nationaliste. Il semble ignorer que le Droit seul à force de loi et non la 'Morale' qui ne signifie rien de précis. Il ne parle guère de souveraineté du Peuple, de la Démocratie véritable, n'envisage nulle Assemblée Constituante, ne mentionne jamais de moyens collectifs de lutte telle que la grève y compris celle des péages ou de l'impôt, de la manifestation, de l'occupation des places, des lieux de travail, la désobeissance civile, le boycott.

J'ai eu l'occasion de l'interwiever. Nous n'avons en commun que de faire certains constats mais il ne les fait pas tous : Il se moque de l'Ecologie et de la Décroissance, tout en affirmant péremptoirement que les décroissants ont vocation à rejoindre son mouvement. Il désespère du Lumpen Prolétariat, disant qu'ils feront de bons SA, même si je pense en effet que les pauvres font les émeutes plus que les Révolutions, oeuvre en général de la classe 'moyenne'. Il s'appuie sur les petits capitalistes, marchands, artisans, commerçants, comme Poujade, pour Sa révolution... nationale et anti-gros capitalistes en rejetant les fonctionnaires et n'attend rien du secteur tertiaire autre ni des intellectuels, des savants ou des ingénieurs. En dessous il place les Hilotes et les assistés, dont les RSAstes qui pour lui, remplissent le rôle d'effrayeurs de la (bonne) classe moyenne, celle des petits entrepreneurs ; et qui donc, se trouvent alliés objectifs de l'hyper-classe des riches, des très riches, ces 0,1 % qui détruisent la planète.
Les pauvres alliés des hyper-riches, fallait oser !

Avec cet article du Monde Diplomatique, tu pourras, camarade, avoir tout le bagage analytique pour lui répondre point par point et démasquer l'absence de projet social et fraternitaire de Soral, qui s'arrête en chemin et bifurque très très à droite. Il me permet enfin de tenter des vidéos politiques où je puis lui répondre avec la même hargne.


De mon interview de Soral en 2011

J'ai complété l'article par mes impressions après l'avoir interviewé, c'était en 2011, interview montée en 2012 mais que je n'ai pas encore mis en ligne, n'étant pas sûr d'avoir été assez bon face à ce 'monstre sacré' de la parole d'extrême-droite. A réécouter, je crois que j'ai fais ressortir les traits saillants de l'homme : il y a chez lui une sur-affirmation virile, il était fier de m'annoncer avoir eu son premier enfant, une petite fille, et vint à l'interview en tenue de cycliste, très virilisante. Méfiant, parce qu'une fois un commando d'Act-Up est venu lui péter la gueule chez lui, il avait donné rendez-vous sur les bords d'une rivière, à l'aboutissement d'un chemin de promenade, non loin d'un petit château très XVIIIe siècle et d'une ligne à haute tension.

Il habite quelque part dans le Pays Basque, un choix sans doute nationaliste cachant peut-être une admiration pour la virilité ? de l'ETA ; ETA anti-franquiste pourtant, à moins que ce ne soit une référence aux régiments gascons de mousquetaires ou encore au Duc d'Aquitaine qui vainquit les troupes musulmanes dans les années 720 ?

Il ne se passait pas deux minutes avant qu'il n'évoque le sionisme, la 'mère juive', mère surprotectrice théorisée par Freud, et surtout surtout, BHL, pour qui, pour une fois, nous partageons une commune aversion. Lui parce qu'il est juif, moi parce qu'il est faussaire, rentier et Ffauteur de Guerre. Soral m'apparaît assez obsédé par les juifs.

alain-soral-2011.jpgPhoto d'Alain Soral en plongée, reçue par lui, par mail, quelques jours après l'interview.

A la croisée de Mishima et Chuck Norris

Quelques jours après l'interview il m'envoya par mail une photo de lui en plongée, toujours l'exaltation de l'homme sain et sportif. Je kifferais de faire de la plongée et d'avoir un vélo comme lui, car on m'en a chouré deux, mais pour être en bonne santé, pas pour louer ma virilité ni pour des raisons politiques. On retrouve chez Soral le syndrome de Mishima, grand auteur japonais qui, viré ultranationaliste, se mis à faire du sport pour sculpter, à 50 ans, son corps, afin d'entraîner avec lui de jeunes étudiants nationalistes dans un coup d'état pour rétablir le pouvoir impérial du Grand Japon qui se termina en suicide par seppuku (improprement hara-kiri). Plusieurs fois Soral m'a dit qu'il était prêt à mourir pour son combat, semblant rechercher le martyre, alors qu'il avait la joie nouvelle d'être papa et d'avoir une compagne qu'il aime.

Je crois en définitive que Soral est un Mishima français, qui rêve d'un coup d'état nationaliste avec une bande de jeunes fanatiques dévoués à sa cause et qu'il se voit obligé de se suicider dans l'honneur, dans le feu de la mitraille. Rappelons que Mishima se piquait d'une grande culture, vouait un culte à son corps et... n'avoua jamais son homosexualité. Là est peut être le secret de Soral, petit keupon, autodidacte, bagarreur et sans doute souvent vaincu au combat parce qu'alors frêle, comme Mishima. Que Le Pen est prétendu, à contrario de ces deux personnages, avoir été un leader dans sa cour de récré et un chef, et donc qu'il a eu le dessus lui, aura pu impressionner Soral.

Soral est assurément plus savant que l'ultranationaliste de droite Chuck Norris, mais moins que Mishima. Il se place donc à mi-chemin entre ces deux virilistes exacerbés.

Thierry Kruger - 30/01/2014

P.S : Avec l'interview, je voulais donner la version de l'autre bord pour mon dernier film d'avec Pablo Girault, La possibilité d'être humain" mais, par quelque bout que je prenne ses propos, bien qu'il fut jadis du PC, rien ne pouvait s'accrocher avec les autres intervenants et il faisait tâche. J'ai essayé d'être un honnête homme en l'affaire et ne lui ai pas tendu de piège, puisque je lui ai dit que j'étais anarchiste dès le début, mais Soral n'a bel et bien presque plus aucune idéologie de gauche, tout au plus 10 % maximum, car il est aussi nostalgique des 'sans culottes' mais, parce qu'ils étaient pour l'essentiel, artisans et commerçants et petits rentiers, ce qu'ils étaient effectivement.

Soral est donc à 90 % de droite et d'extrême-droite. Songez que le programme de 1919 des Fasci italiens contenait 1/3 d'idées de gauche et celui du NSDAP de 1931 environ 20 % d'idées de gauche. Il est donc encore plus national que les fachistes ou les nazis.

Publié dans Tribunes Libres

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Thierry Kruger 10/02/2014 15:35


Bien entendu Gaudefroy qu'il y a plusieurs antifacismes et qu'il n'est pas l'apanage de la gauche seule, la période de l'occupation nazie en témoigne. 


Si l'article n'est pas complet dans l'argumentaire c'est par ce qu'il renvoi à celui du Monde Diplomatique, qui tient sur une page du journal et semble donner l'essentiel. J'ai voulu le compléter
par mes impressions, née de l'interview que j'ai faite de lui en 2011.


En effet qu'il affirme qu'une partie de l'écologie devrait le rejoindre, que la relocalisation, l'autosuffisance alimentaire, le soutien aux petites fermes bio très productives, aux PME
fonctionnant en collectif, peuvent être des axes repris par des nationalistes de son 'bord'.


L'indépendance alimentaire, ajouté au fait de pouvoir vivre et oeuvrer là où l'on vit, la taxation des revenus boursiers, le protectionnisme économique, le dumping salarial à l'aide de
l'immigration ou des descendants d'immigrants, et maintenant sur le dos des jeunes, nationaux ou non peu importe, sont encore des thèmes transversaux.


Mais je veux dire qu'il n'a pas un logiciel de gauche, juste des apparences et ce n'est pas faute d'avoir cherché durant notre entretien, car c'était en fait mon but : devant la confusion moderne
et la dépolitisation de masse de la pensée unique il importait que je sache quels étaient les pivots ou le pivot de sa réflexion.


Pas un seul moment il n'a prononcé le mot 'nationalisation', 'autogestion', 'indépendance alimentaire', à peine s'il évoquait la taxation des profits indécents. En fait il semble n'avoir pas idée
du COMMENT on redistribue la richesse ou comment on la conserve sur le territoire, pour l'argent. Il n'a pas réfléchi assez aux monnaies alternatives, sociales, au contraire de l'UPR qui est
l'une des rares formation à mettre en priorité la sortie de l'euro.


C'est la plus gravissime erreur du Front de Gauche que de n'avoir osé le bien dire. Une autre, dixit Melanchon est de croire que les (grands) patrons créent de l'emploi, que la croissance créé de
l'emploi. Rien n'est plus faux, ils les détruisent massivement depuis les années 1970. C'est les besoins réels de la population qui créé une fonction, un emploi, et de n'entrevoir que le salariat
depuis 30 ans est une sottise.


C'est là que Soral est à mon sens redoutable pour qui ne le cernerait pas bien, parce qu'en effet, c'est à nous d'être producteur, créateur, indépendant, à s'installer à notre compte, par
association libre, par réseau. Aucun politique ou presque n'envisage une reconstruction du tissus social en voie de démembrement - formons nous encore une société ? - par la BASE. Je deviens
pessimiste à voir la progression de l'apathie, de l'ignorance, de l'indifférence à l'autre, à ses voisins. L'ennui, l'impossibilité de faire des fêtes imaginative et joyeuse progresse. A ne rêver
que d'être salarié on perd toute idée d'autonomie.


Sans agriculture, sans artisanat, sans marchés locaux, sans assez de pompiers, médecins, enseignants, chercheurs, sans indépendance financière, nous serons un état failli avant 20 ans. En tant
qu'anarchiste je devrais m'en réjouir mais hélas non, car l'état failli du Marché c'est le règne des barons et seigneurs partout, c'est l'atomisation du pouvoir en une multitude de pouvoirs
coercitifs, prédateurs et injustes ! 


Soral ne parle pas à ce qu'il semble d'indépendance des députés de l'exécutif, ni de l'indépendance du parquet, ni de l'élection au suffrage direct des juges, des chefs de la police, des préfets,
qui tous devraient procéder du peuple, des citoyens. 


Il semble pas avoir une idée bien saine de la démocratie, 'pouvoir du peuple'. 


Soral est nationaliste, alors que pour ma part une 'nation' est dans le sens de l'an II de la 1ère république, c'est à dire la somme des citoyens et futurs citoyens. C'est le seul sens que je
donne à 'nation', qui n'est ni ethnique, ni basé sur une langue, mais une communauté d'humains se reconnaissant un contrat tacite entre eux, une singularité ...


On est plus d'un très à gauche à penser, en passant, que l'UPR est sans doute à droite l'une des formations les plus intelligentes et le cas se présentant j'interviewerais son fondateur. Là aussi
pour connaître son axe et m'oter d'un doute : n'est-il pas un peu complotiste ? ne voit-il pas trop TOUT nos malheurs venir de l'Empire Etasunien et de ses vassaux de l'Union Européenne ? Ma
formulation montre que je partage en partie ses vues.


Là où je diffère c'est qu'une sortie de l'euro et de l'UE doit être suivie immédiatement par un appel du / des pays sortants pour former une AUTRE Europe, une autre monnaie, cpntrôlée par les
citoyens, alternative et sur laquelle la spéculation devra être écartée etc.


Là où je diffère encore c'est que je crois qu'il faut faire sécession, sur la base du concept de 'nation' non nationaliste cité plus haut et une fois proclamé une sorte de république à vocation
universelle cesser assez vite le lyrisme pour se mettre à l'ouvrage sur le concret.


Avec une priorité absolu : servir les intérêts de plus de 90 % de la population, répartir les revenus, supprimer le paupérisme, se doter d'une constitution, définir ensemble le type de société
que nous voulons, inverser le centralisme jacobin en libre association depuis la base, que ce soit communauté de communes, région, autres choses ... et se fédérer à un ensemble plus grand par
palier successif mais assez rapide. 


Il faudra définir ainsi ce que nous sommes, devenir de vrais citoyens, écraser les médias de Marché, abolir la publicité, nettoyer les sols, les eaux, l'air, juger les responsables de ce merdier,
avec clémence si faire se peur, axer cette société sur la convivialité etc.


Il faudra faire l'inventaire de ce que nous avons, les ressources, les infrastructures, définir tout les besoins, les manques, revivifier ce qui était bon et créer du nouveau.


Il faudra trouver des cadres assez souples pour être évolutif et sortir en vingt ans maximum du cauchemard du règne de l'argent, de la marchandise et de l'avoir sur l'être.


C'est si colossal qu'on devra se désectariser ou périr, travailler ensemble avec tout les hommes et femmes bien intentionnés et trouver des mécanismes pour contrer ceux qui ne le sont pas sans
tomber dans je ne sais quelle terrible dictature.


Si un grand nombre de citoyens sont actifs et concernés nous éviterons sûrement la dictature, qu'elle soit d'un homme, d'un parti, d'un groupe, d'une classe. Mais l'hyperclasse des riches doit
disparaître. Sa voracité fait mourir toutes les autres.


Personne de censé ne peut admettre l'existence de milliardaires, et les milionnaires doivent être strictement contingenté. Parce que quelquesoit nos plans, nos conviction, la nature se chargera à
moyenne échéance de tout détruire ce que nous n'aurons pas détruit nous-même : c'est-à-dire que nous n'aurons même plus le choix d'une société juste, mais que celui de la survie. 


C'est dans cet esprit que j'apprécie ou étudie tout ceux qui contestent ce système et tente, une tentative d'amalgame de ce qui est urgent, nécessaire, bon, logique, sensé.


Je suis bien persuadé que le pouvoir rend fou ou malade et maints citoyens devrons exercer leur mini 'pouvoir' et lâcher leur stupide téléviseur pour sortir et agir ...


Mais vous comme moi, sommes nous encore dans la pensée magique, l'incantation, y croyons-nous VRAIMENT et sommes-nous assez désemparés pour penser que Soral est une solution ? Je crois assez
sûrement qu'il est une impasse en raison des réponses qu'il ne donne pas, en raison des mots qu'il utilise ou pas, en raison tout cour de son mode de pensée trop inopérant : il pose certaines
questions justes et brûlantes mais la réponse, pire, le processus de résolution, fait gravement défaut les trois quart du temps.


Personellement je n'ai que quelques idées sur les doigts d'une mains et ce après toute une vie et je ne fais que les chercher là où elles ont été expérimenté, les contextualise, étudie pourquoi
ça fonctionne là et pas là. Je ne fais en fait que mon futur 'boulot' de citoyen lambda de cette république universelle que je désire parce qu'elle me semble opératoire.


Un groupe d'humains qui réfléchit ne peut pas être stupide s'il est totalement démocratique. C'est la peur, le paupérisme, la guerre civile qui peut le rendre stupide ou féroce. Soral est trop
dans la dialectique du combat brut, de l'affrontem

Gaudefroy 07/02/2014 20:16


   Beaucoup de raccourcis et d'approximations dans votre texte. Il en faudra plus pour démonter le discours habile et protéiforme de Soral.


   Soral utilise précisément l'argument de " la connivence des parasites " en mettant dans le même sac chomeurs et hyperclasse suçant le sang des hommes braves (les zentrepreneurs),
c'est pour moi l'un de ses plus gros sophismes.


   Soral était en conférence à Nantes le 24 mars 2012, jour mémorable de manif anti-aéroport où il a vanté les mérites de la décroissance, des amap, de l'autonomie, du recyclage, du
bio, etc, en compagnie de San Giorgio. vous n'avez sans doute pas écouté cette conférence.


   Quant à l'exaltation viriliste, faut-il rappeler qu'il s'est moqué récemment de ceux qui portent des T-shirts trop courts (allusion à Serge Ayoub, ses postures martiales, dont le
groupe a été dissout) et a clairement dénoncé toute activité de milice dans les rangs d'ER ?


   Son site est une sorte de think-tank assorti d'une chaine télé avec une dimension généraliste. On rêverait que ses adversaires en fassent autant, de cette qualité.


    Il n'y a pas qu'une seule sorte de fascisme et partant une seule sorte d'antifascisme. De Gaulle fut un antifasciste antinazi et un fasciste anticommuniste (avec la mafia du
SAC).


    Soral fait un travail antifasciste contre l'emprise néoconservatrice sioniste et wahhabite (guerre en Syrie, pouvoir de la Licra), tout comme lorsqu'il travaille à la
réconciliation entre français et " musulmans " en montrant ce qui s'est passé au Liban entre les milices, tout comme lorqu'il se contre-filme lors d'une interview. Mais il est fasciste lorsqu'il
assimile la franc-maçonnerie à une mafia dégénérée, fasciste lorsqu'il met tous les juifs dans le même paquet sioniste.


  Le problème c'est que vous entendez qu'il est sans cesse à fustiger les juifs, ce qui est faux. Quand il dérape du discours antisioniste en un discours antijuif, il a un procès. (Mais pas
Charlie Hebdo pour ses innombrables dessins antiarabes, il faut le noter). Quel orateur ou quel personnage public ne dit pas de conneries sous le coup de l'énervement ?


   Ariel Wizman a questionné une heure durant Rafael Bertrand du cercle des volontaires avec beaucoup de questions sur " les juifs ". En retenant 2 minutes, il a trouvé quelques phrases
maladroites, les a monté et diffusé sur canal+. L'antisémitisme est intrumentalisé en permanence, à partir de l'idée de " race juive " qui n'a pourtant pas plus de contenu que celle de " race
aryenne " (voir Shlomo Sand). Le racisme de couleur, de classe, de territoire, on peut le combattre par des procès à répétition avec des amendes gigantesques ou par des débats francs et
contradictoires. Je préfère la deuxième option pour éviter sectarisme et communautarisme. Peu osent la pratiquer aujourd'hui dans notre pays.


   Mon principal reproche à Alain Soral, c'est d'appeler à voter à la pseudo-dissidence du Front National. S'il était un patriote sincère, il appellerait à voter pour le MPEP et l'UPR
ou bien aux assemblées constituantes tirées au sort.