Commémoration marronne 2014 entre Nantes et Paris

Publié le par CitiZen Nantes

Mise à jour du 21/05/2014 - 12h57
Pendant que la ville organisait la  traditionnelle Commémoration de l'abololition de l'esclavage le 10 mai 2014 (programme en bas de page), une autre commémoration, marronne,  a lieu du 7 mai au 15 juin 2014, entre Paris et Nantes. Elle est organisée par des associations et des militants qui ne se retrouvent pas toujours dans la manière dont la ville organise cette journée nationale.

Le différent sur la présence d'une référence au Code Noir au Mémorial en est l'exemple. L'événement "Commémoration Marronne" se fera en hommage à Odette Roux et Youssouf Tata Cissé (Voir plus bas).  
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Commémoration marronne - 2e partie

Nantes, vendredi 23 mai 2014 - Guadeloupe - « Mai 67 »

L’association l'Espri Mawon organise une projection-conférence-débat sur le thème « Mai 67 », ce vendredi 23 mai 2014 à 19h30 à Nantes - Salle municipale Gare de l’Etat. Place de la gare de l’Etat (Maison des syndicats).

Elle invite à cette occasion Serge Claude qui est à l’origine du GONG (Groupe d'organisation nationale de la Guadeloupe).

Serge Claude a activement participé à la lutte d’émancipation en Guadeloupe. Il reviendra sur les événements de mai 1967 qui lui ont valu une comparution devant la Cour de Sûreté de l’Etat, juridiction d’exception institué en janvier 1963 pour combattre l’OAS. C’est lors de cette comparution qu’il lancera "L’histoire vous jugera tous, vous et nous…"

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Un bilan tragique

Le bilan officiel de ces journées de mai 67 est de 8 morts. En 1985, un ministre socialiste de l’Outre-mer, Georges Lemoine, lâche le chiffre de 87 morts. Christiane Taubira, depuis Garde des Sceaux, a pour sa part évoqué 100 morts. Certains parlent du double.

Quant aux responsables de cette tragédie, son cités les noms du commissaire Canalès, du préfet Bollotte, de Pierre Billotte, ministre de l’Outre-Mer, de Christian Fouchet, ministre de l’Intérieur, de Pierre Messmer, ministre des Armées, et surtout de Jacques Foccart, alors secrétaire de l’Élysée aux Affaires africaines et Malgaches.

Foccart, encore et toujours

Foccart était le fils d’une békée guadeloupéenne de Gourbeyre – Elmire de Courtemanche de La Clémandière – et d’un planteur de bananes d’origine alsacienne, Guillaume Koch-Foccart, le maire de cette même ville de Gourbeyre. Mais personne n’a jamais osé accuser le premier ministre, Georges Pompidou, ni le général De Gaulle, alors Chef de l’État, qui certainement, a dû être informé de ce qui se passait en Guadeloupe et probablement consulté sur les mesures à prendre.

Curieusement, les archives relatives au massacre - ou ce qu’il en reste - ont été classées Secret Défense jusqu’en mai 2017, ce qui pourrait être le signe que des hommes des forces spéciales ont pu être utilisés sous l’uniforme des forces de l’ordre classique, comme cela se fait parfois, quand la République se sent menacée. Pierre Bollotte, le préfet, a été prudemment rapatrié le 12 juillet 1967 et affecté, le temps que les esprits se calment, à un poste discret.

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Nantes, du 11 au 15 juin 2014
Programme en cours d’élaboration : Conférences-Débats. Projection documentaire. Création artistique. Expositions
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Nantes, vendredi 13 juin  2014 - 9e édition de La Marche des esclaves  
  marche esclave 2009 Marche des esclaves 2009. Photo : Y. Monteil
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En hommage à Youssouf Tata Cissé (1935-2013)  
Youssouf Tata Cissé est décédé un10 décembre, Journée mondiale des droits de l’homme.
Le 08 mai 2012 à Nantes, en compagnie du Pr Luis Sala Molins et de Malaak Shabbaz l’une des filles de Malcolm X, l’érudit Youssouf Tata Cissé visitait le Mémorial de l’abolition de l’esclavage dans lequel une plaque est dédiée à la Charte du Mandé qu’il a révélé dans les années 1960 au monde des non-initiés en la transcrivant et la traduisant en français.

Karamoko Youssouf Tata Cissé nous a quittés le 10 décembre 2013, journée mondiale des droits de l’homme. Il va de soi que nous devions rendre hommage aujourd’hui à ce grand humaniste qui a tant fait pour révéler la profondeur de la culture africaine, et la résistance africaine à l’esclavage qui fonde la création de l’Empire du Mali au 13e siècle. Quelques mois plus tard c’est Odette Roux qui nous quittait.
youssouf-tata-cisse.jpgYoussouf Tata Cissé. Photo : Manfred Schweda

Et Odette Roux (1917-2014)   
Institutrice, elle s’engage durant la Seconde Guerre mondiale dans la Résistance sous le nom de « Simone Petit » aux côtés de son mari « Frédo », héros de la Résistance en Vendée qui sera assassiné à la prison militaire allemande de la Roche sur Yon. Au sortir de la guerre en 1945, Odette Roux qui a 27 ans est la première et seule femme élue maire d’une ville sous-préfecture de Franc, les Sables-d’Olonne.

Plus d’un demi-siècle plus tard, dans cadre de la Commémoration du 10 Mai 2010 à Nantes, Odette Roux  lance avec d’autres résistants au nazisme un appel solennel aux États afin que l’étude de la résistance noire à l’esclavage soit inscrite dans les manuels scolaires au même titre qu’est enseignée la résistance européenne à la déportation et au nazisme.
odette-roux-nantes-copie-1.jpgOdette Roux. Marche des esclaves 2010. Photo : Y. Monteil
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Parrainé par Louis Sala-Molins
Le récit historique officiel occidental a voulu gommer l’ampleur de la résistance opposée par les Africains au génocide de leur nation. Pourtant la résistance spirituelle, culturelle et militaire à l’agression est attestée de bout en bout. Lutte pour l’abolition de l’esclavage, lutte pour l’indépendance, lutte contre la ségrégation, lutte contre l’apartheid, lutte contre la néo-colonisation et enfin lutte pour les réparations alors que surgit l’écueil nouveau de ce que le MIR dénomme désormais la « néo-réparation ». Parmi l’avant-garde de la résistance contemporaine, les militants du Black Panther Party qui furent non seulement le moteur du mouvement noir de libération aux USA dans la seconde partie du 20e siècle, mais qui furent une source d’inspiration pour le mouvement mondial de libération de l’humanité. Des milliers de ces anciens militants croupissent encore aujourd’hui dans les prisons américaines. Il serait vain de commémorer la résistance sans soulever le dossier plus qu’urgent de leur libération. Tous ces aspects seront traités par certains intervenants le 8 mai et  mi-juin à Nantes.    

L’un et l’autre de ces deux immenses personnages auxquels nous rendrons hommage durant ce programme étaient avant tout des personnes totalement intègres à l’esprit totalement libre. Et ce double hommage introduit cette commémoration marronne parrainée par le professeur Louis Sala-Molins.
M.I.R France

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Louis Sala-Molins. Nantes 2012. Photo : Y. Monteil

On ne triche pas avec l’Histoire.“Chasseurs et fauves”, “marchands et marchandise”, osaient-ils. Et ils persistent. Bourreaux et victimes, maîtres et esclaves, disions-nous. Et nous insistons. Assez supporté leurs brocards et leurs sarcasmes. Exiger qu’on entende enfin notre histoire serait-ce demander l’impossible ? Louis Sala-Molins
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Evénement passé

Paris, mercredi 7 mai à 20h - Qu’est-ce que l’Afrophobie ? 
Par Rosita Destival (Mouvement International pour les Réparations)
Maison du citoyen et de la vie associative. 16, rue de Rvd-Père Lucien Aubry – Fontenay Sous Bois (94)

Nantes, jeudi 8 mai de 14h à 16h - "Kongo-Ayiti, résistances et défaites" 
Conférence de Rosa-Amelia Plumelle Uribe. En 1804 lorsque Dessalines a restitué son nom originaire à l’ancienne colonie de France, il a proclamé l’indépendance de la République et a aussi déclaré que désormais Haïti devenait la patrie des Africains et Descendants d’Africains dans le Nouveau  Monde. La dimension continentale de la naissante République libre, indépendante, antiesclavagiste et anticolonialiste, devenue le berceau de l’internationalisme révolutionnaire, est illustrée par sa contribution à l’émancipation des pays d’Amérique. Car, Haïti est le pays où Simon Bolivar, héro de la libération de l’Amérique et ses hommes, ont trouvé l’aide sans laquelle, l’indépendance de l’Amérique aurait été repoussée à bien plus tard 

Or depuis cinq cents ans et jusqu’à aujourd’hui, la solitude et la Résistance du peuple haïtien, perçu comme étant le plus africain d’Amérique, nous rappelle sur bien des aspects, la solitude et la Résistance du peuple kongolais. Le Kongo dont la dimension également continentale fut en continu neutralisée par les  ingérences impérialistes.

 Ecossimo, salle 42. 8 rue Saint Domingue, Nantes

commemoration-2009-uribe.jpgRosa-Amelia Plumelle Uribe. Nantes 2009. Photo : Y. Monteil
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Nantes, jeudi 8 mai de  16h30 à 18h30
 "Le noir dans l’imaginaire collectif occidental : La propagande coloniale belge"
Conférence de Valérie Brixhe, historienne de l'art : Comment se créent et se diffusent les représentations imaginaires ? Comment renforcent-elles et perpétuent-elles de manière inconsciente des préjugés racistes ? Que faire du corpus d'images anciennes ? Quelles sont les conséquences psychologiques et sociales de ces stéréotypes sur nos interactions entre individus ou entre groupes ? Comment éviter les malentendus qu'ils génèrent et se libérer des schémas comportementaux qu'ils entraînent ?
Cette conférence s’attèlera à  mettre en lumière les mécanismes de construction de l'imaginaire collectif occidental relatif à la représentation des Noirs et de l'Afrique à travers une analyse critique des images de la propagande coloniale belge. Le décodage de ce corpus d'images, 'Musée des horreurs' voudrait permettre une déconstruction des stéréotypes racistes, un processus salvateur et d'une évidente nécessité pour le vivre ensemble dans la société d'aujourd'hui. Ecossimo, salle 42 - 8 rue Saint Domingue, Nantes

Valérie Brixhe est historienne de l'art, spécialisée dans la déconstruction des imaginaires collectifs liés aux images, elle étudie de manière comparée les stratégies des mouvements noirs, féministes et LGBTI

Nantes, jeudi 8 mai de  18h30 à 19h 
Kongo, les mains coupées
Une pièce de Rosa-Amelia Plumelle Uribe. Lecture d’extraits de la pièce par des artistes nantais, suivie d’un débat entre l’auteure et le public. Ecossimo, salle 42 - 8 rue Saint Domingue, Nantes
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Commémoration marrone - 1ère partie

Nantes, 9 mai 2014 de 17h à 19h
Sensibilisation autour de la 9e édition de « La Marche des esclaves » et de la Commémoration marronne. Echange avec le public, distribution des tracts, visite du Mémorial, essayage des costumes et maquillage. Mémorial de l’abolition de l’esclavage. Quai de la Fosse. Nantes

Paris, 10 mai de 19h à 19h45
« La Résistance noire au code noir »
Expression corporelle, textes et déclarations en prévision de la 9e édition de « La Marche des esclaves ». Place de la Nation.

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Nantes, samedi 14 mai 2014 - 9e journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions (Mairie de Nantes)

Invité d'honneur, le poète, dramaturge et peintre haïtien : Frankétienne

Frankétienne
Né en 1936, Frankétienne a vécu et grandi dans « la cour familiale », où l’on parlait créole et pratiquait le vaudou. C’est à Port-au-Prince qu’il découvre le français à son entrée à l’école : un choc qui va déterminer sa vie entière. Depuis il jongle avec les mots et a publié plus d’une cinquantaine de titres, en français et en créole.


En 1962, au début de l’ère Duvalier, Frankétienne fréquente le groupe Haïti littéraire. Malgré la dictature, Frankétienne reste au pays pour continuer à écrire et à lutter. Son œuvre est profondément ancrée dans l’histoire contemporaine de son pays. Initiateur du « mouvement spiraliste », il est un créateur de mots, de sons, de rythmes, qui mettent l’écriture en « transe ».

franketienne.jpgFrankétienne - 2011 Photo : G. Perret
 

Programme Mairie de Nantes

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