Rencontre avec Claude Sérillon dans le cadre de l’Observatoire Universitaire des Médias de Nantes

Publié le par CitiZen Nantes

De Presse Océan à France Télévision, itinéraire d'un journaliste nantais

On le retrouve depuis 2007 aux côtés de Michel Drucker sur le divan rouge de Vivement Dimanche où il anime la chronique Livres. Un poste auquel on ne l’attendait pas, mais qui lui permet de partager chaque semaine ces coups de cœur littéraires avec une certaine légèreté et une liberté de ton qui lui conviennent parfaitement.

Journaliste aguerri, ancien présentateur du 20 heures, mais aussi écrivain, Claude Sérillon pose aujourd’hui un regard critique et avisé sur le journalisme actuel et les bouleversements majeurs engendrés par l’arrivée des nouveaux médias. En revenant sur son propre parcours, il s’interroge sur le devenir du métier de journaliste, qu’il décrit lui-même comme un « métier de privilège ».

claude serillon

Face aux événements du monde arabe, ce féru de géopolitique ne s’en cache pas : c’est une frustration pour lui de ne pas participer à l’actualité. Mais face à notre capacité à être informé de tout, tout de suite, face au foisonnement continu d’informations, Claude Sérillon nous interpelle sur la capacité que nous avons désormais à les produire et à la transmettre au monde entier, via Internet et via les réseaux sociaux. Pour lui, pas question de s’opposer radicalement sans réfléchir à ces nouveaux moyens de communication. Bien au contraire, il encourage à pousser plus loin la réflexion, convaincu que les journalistes ont tout intérêt à comprendre et à s’approprier ces technologies.

« Je ne crois pas à l’objectivité ni à la neutralité » assume-t-il. Affirmant qu’on ne peut séparer le fait du commentaire, il place avant tout la rigueur et l’honnêteté comme moteurs indispensables de la vocation de journaliste.

« Avant tout, pour faire ce métier, il faut prendre en compte sa dimension éthique et morale. »

Déplorant une frontière devenue floue entre Information et Communication, et en conséquence, le rôle du journaliste soumis à une rigueur marketing, Claude Sérillon revient sur la nécessité de chercher à éclairer et à déranger, toujours avec rigueur, toujours avec recul. A ce titre, il prend l’exemple de la catastrophe nucléaire au Japon, qui a causé un déferlement médiatique de grande envergure. Passé la phase classique d’émotion face au drame, il remarque avec satisfaction que l’événement a finalement laissé place à une réelle phase d’explications, de réflexions et de débats dans les médias. Les journalistes ont saisi le besoin d’aller au-delà de l’émoi immédiat suscité par le désastre. 

« Faire du récit, raconter ce qu’on voit, c’est l’exigence minimum, mais être journaliste, c’est plus qu’endosser le rôle de l’intermédiaire, c’est avoir une responsabilité. »

Maëlle Le Corre.Citizen Nantes 04/04/2011  -  Photo : boh'm photos

Interview de Claude Sérillon 

"Au cours d'un long entretien, Claude Sérillon nous livre un regard avisé sur l'évolution du journalisme. Certes l'évolution technologique permet aujourd'hui une plus grande diffusion de l'information. Avec le numérique tout devient possible, tout, y compris la manipulation." + d'infos sur TVRezé

Publié dans Médias et data

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