Publié dans : Vie des médias
Jeudi 17 décembre 2009
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Invité par Yves Perrenou (1) au débat sur "l'avenir de la presse locale", nous étions
deux représentants de CitiZen Nantes.
Le petit billet ci-dessous relate l'interpellation dont nous avons fait l'objet. Elle incarne le chemin qu'il reste à parcourir pour certains dans l'acceptation de l'évidence d'une nouvelle forme
de journalisme citoyen.
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"Nous avons fait un journal d'une indépendance absolue et qui n'a jamais rien déshonoré. Je ne demandais rien de plus. Tout porte fruit, un jour ou l'autre". Albert
Camus
Je pensais nous (CitiZen Nantes) représenter différemment lors du débat sur « l’avenir de la Presse Locale » organisé par Le Club de la Presse de Nantes Atlantique hier soir (2), au Lieu Unique.
J’avais en tête que nous portions un tout petit bout du cœur du débat : l’avenir. Que nous tentions, avec nos faibles moyens, quelque chose de nouveau avec à Nantes un média en ligne, associatif,
participatif, indépendant et engagé pour une société réconciliée avec ses multiples.
Je pensais expliquer un peu de la démarche, citer la naissance du Bondy Blog (3) en 2005. Dire qu’un journalisme citoyen valorisant ce qui, dans les quartiers
Nantais, la Métropole, la France et le Monde, fait taire les préjugés et vise une société plus juste, était en marche.
Dire encore que notre ligne éditoriale est loin des réalités de la presse quotidienne dont nous déplorons, ensemble, le déclin. Qu’il y a à Nantes comme ailleurs une urgence à « vouloir vivre
ensemble ». Et que CitiZen Nantes veut y participer au-delà des querelles politiques, partisanes et corporatistes.
Mais, j’ai d’entrée senti comme un bouillonement. Comment à un moment allais-je pouvoir dire tout cela, présenter en quelques mots CitiZen Nantes ? Le moment est mal tombé. Quand Yves Perrenou,
animateur du débat, se tourne vers moi, Alain Besson (4) vient de soulever, comme insistant, la question de la censure.
Je me colle à ce mot pour rebondir, exposant la sempiternelle pression de l’institution sur certains sujets diffusés sur CitiZen Nantes en prenant pour exemple l’article d’Etienne Gingembre
(5) : « Comment calculer les revenus de vos élus » (6). Nous l’avons relayé presque en nous justifiant de le
faire.
Je n’irai pas beaucoup plus loin et n’aurai pas le temps de revenir dans le sujet que je sens déjà la charge se dessiner du fond de la salle jusqu’à cette interpellation d’Alain-Pierre Daguin
(7) qui ouvertement dénigre le 100e de démarche que j’ai eu le temps d’exposer. Par nature, joliment impulsive, ou pire, sciemment, il enfonce sa théorie en
me priant de lui montrer mon numéro de carte de presse. Déstabilisé, moins par sa petite requête, que son ironie flirtant avec la sournoiserie, je lui assure qu’un citoyen averti vaut bien un
journaliste médiocre. Samuel Oudin (8) le premier, heureusement et avec force, viendra à la rescousse, renvoyant le discours d'A.P Daguin au passé ; l’inverse
de notre débat.
Avec le recul je me demande si c’est mon exemple sur la pression institutionnelle ou la démarche de CitiZen Nantes qu’Alain Pierre Daguin n’apprécie pas. Dans le premier cas Alain Besson a raison
de s’interroger sur la censure. Dans le second cas, je ne crois pas trahir ceux qui oeuvrent à CitiZen Nantes en disant que nous croyons en une presse alternative et citoyenne complémentaire de
celle existante et que des ponts sont possibles, et à encourager, entre les deux. Avec ou sans carte de presse. Avec ou sans Alain-Pierre Daguin.
Yves Monteil
(1) rédacteur en chef de la Lettre du Spectacle
(2) mercredi 16/12/09
(3) http://yahoo.bondyblog.fr
(4) ancien journaliste à Ouest-France et auteur de "La Presse en liberté surveillée" (Editions Ouvrières)
(5) magazine Capital
(6) lire sur CitiZen Nantes
(7) journaliste et écrivain
(8) rédacteur en chef de la lettre d'information Com & médias (Pays de la Loire et Bretagne)
++
Lire la réponse d'A.P Daguin. Débat sur l'avenir de la presse locale
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