« Cela ne se fera plus sans nous » en septembre à Nantes

Publié le par CitiZen Nantes

"Faire pour les gens sans eux, c'est le faire contre eux"

A paris, le 8 février dernier, 120 responsables associatifs et membres de collectifs œuvrant dans les quartiers populaires se sont constitués en une coordination citoyenne : « Cela ne se fera plus sans nous ».

Cette coordination entend peser sur les politiques qui concernent les quartiers, en s’appuyant sur les initiatives locales et sur les revendications des habitants. Elle vise également à mettre en commun, discuter et diffuser des expériences participatives.

Création de la coordination citoyenne « Cela ne se fera plus sans nous » !

Création de la coordination citoyenne « Cela ne se fera plus sans nous » !

Des dizaines de volontaires de la coordination se sont investis pour faire vivre la dynamique lancée le 8 février et préparer l’assemblée générale de coordination citoyenne « Cela ne se fera plus sans nous ».

A ce jour la coordination reste en pleine construction, son nom et sa forme actuelle sont provisoires. Nous devons donc construire ensemble ce projet collectif. D'où l’assemblée générale organisée les 6 et 7 septembre 2014 à Nantes.

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Extraits du document de présentation *

L'émergence des conseils citoyens

Depuis longtemps, de nombreux militants associa- tifs, habitants, professionnels et chercheurs ont dénoncé le « déficit démocratique » qui caractéri- se la politique de la ville depuis sa création. En effet, cette politique sensée améliorer les condi- tions de vie dans les quartiers populaires a globale- ment peu pris en compte la parole des habitants et des associations qui agissent à leurs côtés.

Dans le cadre de la réforme de la politique de la ville, François Lamy a confié à Marie-Hélène Bac- qué et Mohamed Mechmache un rapport sur la participation des habitants. Ce rapport a été cons- truit à partir d’échanges et d’auditions de plusieurs centaines d’acteurs (militants associatifs, collectifs citoyens, élus locaux, professionnels, chercheurs) et d’une conférence citoyenne.

« Pour une réforme radicale de la politique de la ville » préconisait la création à l’initiative des ci- toyens de Tables locales de concertation ou « tables de quartier1» qui réuniraient les associa- tions et les collectifs organisés à l’échelle du quar- tier, dispositif inspiré des tables de concertation québécoises.

Ces tables devaient être des espaces autonomes, des lieux de débats, d’échanges, de coordination, de propositions, d’évaluation.

Le rapport ne demandait pas que ces dispositifs deviennent obligatoires mais qu’ils soient cons- truits et adaptés localement en tenant compte des spécificités et des histoires locales et surtout qu’ils soient initiés par les citoyens.

Ce que la loi prévoit

Le ministre et les parlementaires en ont décidé autrement et les tables de concertation sont deve- nues dans la loi des conseils citoyens obligatoires, tout en leur assignant des fonctions proches de co- construction des nouveaux contrats de ville, sans aller jusqu’à la co-décision. Ceci étant, cette dispo- sition ouvre la possibilité localement de faire en- tendre la parole des citoyens.

Le principe de co-construction de la politique de la ville implique que les habitants, les associations et les acteurs économiques du quartier soient asso- ciés à l’élaboration, la mise en œuvre et l’évalua- tion du contrat de ville.

La loi prévoit que ces conseils soient créés dans chaque quartier prioritaire, et composés pour moitié d'habitants du quartier tirés au sort, et pour moitié de représentants associatifs et d'ac- teurs locaux Des représentants de ces conseils participeront à toutes les instances de pilotage du contrat de ville, y compris celles relatives aux pro- jets de renouvellement urbain.

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(...) Des enjeux immédiats

Le calendrier de la politique de la ville prévoit à la fois que les représentants des conseils citoyens participent à l’élaboration des contrats de ville et que ces contrats soient signés entre décembre 2014 et mars 2015. Il y a là une contradiction du fait qu’un certain nombre de conseils citoyens pourrait être mis en place après la signature des contrats de ville... qu’ils sont pourtant sensés co- produire !

Compte tenu de ces courts délais, on peut douter que les conseils aient le temps de se structurer, de travailler des propositions ou des contre- propositions, de se faire entendre durant les ré- unions des comités de pilotage.

Aussi, le cadre de référence prévoyant que le binô- me « délégué du préfet- chef de projet municipal » puisse localement accompagner le démarrage des conseils citoyens, les collectifs et associations si- tués dans les quartiers prioritaires doivent s’impo- ser comme interlocuteurs comme la Coordination citoyenne Pas sans nous ! l’a fait au niveau natio- nal. Ils peuvent prendre dès maintenant l’initiative de réunir par quartier les associations, les collec- tifs, les citoyens pour constituer ces conseils ci- toyens et réfléchir à leur fonctionnement. Il y a là une opportunité de se faire entendre qu’il serait dommage de laisser passer.

Notre force viendra de notre capacité à mobiliser très largement les habitants et les collectifs et associations des quartiers.

Réaffirmons la nécessaire autonomie des conseils citoyens

Le cadre de référence maintient une ambiguïté concernant l’autonomie du conseil citoyen.

Dans son titre I sur les principes généraux, il préci- se que « porteurs d’une expertise nouvelle et force de proposition, les conseils citoyens constituent un espace d’échanges, d’analyse et de débat favori- sant l’expression d’une parole libre.

La mise à disposition des ressources nécessaires à leur fonctionnement leur permet de participer pleinement à l’élaboration des politiques mises en œuvre au bénéfice de leur quartier telles que contractualisés dans les contrats de ville. »

Mais dans son titre III, il stipule que chaque contrat de ville devra notamment préciser :

- le nombre de conseils citoyens ayant vocation à être créés dans le territoire,[...]

- les modalités et les conditions de finance- ment des conseils citoyens ainsi que les locaux et moyens de fonctionnement mis à leur disposition ;

- les modalités d’animation et les actions d’accompagnement et de formation desti- nées aux conseils citoyens. »

Et dans le titre IV, il dit que « Chaque conseil ci- toyen devra élaborer un règlement intérieur ou une charte, s’inscrivant dans le cadre fixé par le contrat de ville et précisant son rôle ainsi que ses modali- tés d’organisation et de fonctionnement. »

Aussi, pour éviter que la marge de manœuvre des futurs conseils citoyens ne soit limitée d’entrée par des contrats de ville qu’ils n’auront pas eu le temps de co-construire, faute d’exister ou d’être en capacité de proposition/contre-proposition, la Coordination citoyenne Pas sans nous ! insiste sur l’urgence de se manifester sans attendre auprès des élus et professionnels qui réfléchissent d’ores et déjà à la mise en place des conseils citoyens et à l’élaboration des contrats de ville.

Nous devons y prendre notre place.

* Téléchargez le document

>> Voir aussi sur "Mission participation" : Création de la coordination citoyenne « Cela ne se fera plus sans nous » !

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Publié dans France & Monde

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opticien nantes oregard 23/08/2014 13:54


Merci pour cet article instructif.


Amicalement, Charles, opticien à Nantes.