La Métropole Nantaise se penche sur une monnaie locale
Au début du mois de décembre 2011 Jean-Marc Ayrault annonçait vouloir créer une monnaie locale à Nantes et commandait une
étude au chercheur italien Massimo Amato.
" Il n'y aura ni pièce, ni billet. L'idée est de créer une monnaie d'échange, une unité de
compte, qui compenserait la crise de liquidités que connaissent les acteurs en ce moment " 20minutes.fr J.M Ayrault
09/12/11
"Nous réfléchissons à la mise en place d’une monnaie locale sur le modèle de ce qui existe à Bale
(Suisse) depuis 1934" ouest-france.fr J.M Ayrault
Sur le site du Télégramme., Pascal Bolo, adjoint au
maire de Nantes mentionnait :
"Il s’agirait d’une monnaie complémentaire à l’euro qui permettrait d’augmenter les échanges entre les petites
entreprises et peut-être entre les particuliers"
En France, un peu partout des monnaies locales
L'institution, un peu comme pour l'ouverture des données publiques, semble donc emboiter le pas à des
initiatives citoyennes et/ou associatives qui, un peu partout en France, lancent des monnaies locales, sociales, complémentaires...
Du côté de la Métropole nantaise, l'EcoRéesau du Pays Nantais crée en juillet 2011 le Confluent. Le Pays de Brest s'apprête à accueillir l'Heol (soleil en breton) porté par l'association l'Adess. A Mûrs-Erigné (49) on échangera bientôt la Muse
(Monnaie à Usage Solidaire et Ecologique), à Carpentras la Roue... A Toulouse en 2011 on
expérimentait sur trois quartiers ou communes le Sol-Viollette.
Monnaie locale, exemples et points de vues nantais
La devise d’échange à laquelle réfléchit la Métropole Nantaise s'adresserait donc, au moins dans un premier
temps, aux entreprises contrairement aux exemples ci-dessus qui concernent les particuliers. Pour connaitre l'avis d'acteurs nantais sur la question, les interventions de quatre associations,
dans le cadre du Vivier des compétences des Écossolies, étaient une aubaine.
Une monnaie locale à Nantes ? Par qui ? Pour qui ? Pourquoi ? Comment ?
Une initiative de monnaie locale me parait intéressante si elle découle d'une réflexion et d'un projet d'habitants
; elle peut être utile pour stimuler les échanges locaux, renforcer la solidarité, les relations entre les petits magasins et producteurs locaux et les consommateurs, la promotion des activités
culturelles, pédagogiques, environnementales...
Si les habitants définissent eux-même les raisons et le fonctionnement de leur monnaie, si c'est une démarche accompagnée
et un projet collectif qui implique une diversité d'acteurs cela peut être utile. Il existe plusieurs initiatives en Europe à découvrir comme le "Chiemgauer" en Autriche, la ville de Nantes
pourrait organiser des voyages découvertes d'initiatives de monnaies locales et soutenir les groupes et acteurs locaux qui travaillent sur ces questions !
Dominique Leroy - Ecos
Une monnaie locale à Nantes, espoir et réalité…
« L’objectif est de faire face à la crise de la liquidité », explique Jean-Marc Ayrault. Mais il n’y a pas de
crise de « liquidité ». Le maire de Nantes ne peut ignorer qu’une pénurie monétaire est une fable inventée par les banquiers. Ce fut vrai autrefois du temps de la parité-or :
pas de métal précieux, pas de monnaie, ralentissement du commerce, mais depuis le siècle dernier, tous les pays ont officiellement abandonné cette parité-or (...)
Nous sommes devant un choix de société : ou, au nom du profit, on accepte sans broncher de travailler pour des taxes
qui enrichissent une minorité, ou bien alors, au nom de la prospérité, on préfère travailler pour l’intérêt général. La prospérité exige la généralisation d’une monnaie non prédatrice,
libérée des intérêts privés.
Jean-Marc Ayrault, profitez de l’impact médiatique du lancement d’une monnaie locale qui n’est pas
inintéressante en soi, pour dire la vérité sur la monnaie, pour dire la vérité sur les banquiers.
Alain Vidal - Libérons la monnaie - Lire
l'intégralité de la tribune d'Alain Vidal sur Citizen Nantes
"Une belle image pour ma ville, un beau succès du maire !"
J'ai entendu des opinions contraires aux miennes, mais je suis très enthousiaste sur un projet de monnaie locale à
l'échelle d'une communauté urbaine et même une communauté élargie. Personnellement je m'engage à l'achat pour 100€ par mois si on peut avec, régler transport, nourriture, théâtre; bref ce
qui peut faire du vivre ensemble et qui peut être géré localement. De même que je peux être acteur du développement de ce projet si il y a des études ou du démarchage à faire alors je
le ferais volontiers en "biscuits", si c'était le nom de cette monnaie ou pour le plaisir.
Trop de gens s'isolent, faute de moyens, ils ont pourtant des besoins et des capacités. Les échanges
sont une reconnaissance qui mettent l'autre en égalité. Pour une communauté cela peut être l'occasion de faire du vrai social. Les
services n'ont pas besoin d'être mondialisés.
Je suis certain qu'un fond de garantie peut être facilement tiré ainsi garantissant une monnaie qui localement serait
courtoise avec les habitants, de même que les services municipaux pourraient s'acquitter de quelques unes de ses prestations.Merci de me permettre de le dire.
Axel Cassin - Sel Nantais
Merci à Christophe Labouré pour son invitation au Vivier des compétences des Ecossolies
>> En savoir plus sur la
Monnaie locale en lisant 2009, année de la monnaie et de la
solidarité locales ? de Jacques Dufresne
>> Deux billets de la monnaie Heol du Pays de Brest. Voir la planche entière
Le projet de monnaie locale à Nantes ne sera porteur pour tous que s'il implique au premier rang les citoyens et intègre dans sa mise en place une dimension sociale et éthique, pas uniquement économique. Un groupe de travail d'initiative citoyenne s'est mis en place à Bouguenais pour réfléchir à la création d'une monnaie locale sur le pays de Retz : le Retz'L (prononcez "réel"). Si des personnes sont intéressées elles peuvent nous rejoindre : mlc.retz@laposte.net
Nous sommes à l'écoute du projet nantais mais je l'avoue pour l'instant quelque peu dubitatifs. Un des points qui nous semble délicat est le système de carte. On dématérialise une fois encore la monnaie. Il n'y a pas d'action d'échange, de plus ce système limite l'ouverture de cette monnaie aux petits acteurs économiques locaux justement (petits producteurs sur les marchés etc.) qui ne seront pas équipés. J'espère que leur réflexion évoluera vers un projet plus citoyen, pas simplement une commande de Mr Ayrault qui passerait à côté des enjeux réels de la création d'une MLC.