Anti-demande d'adhésion à l’Association des auteurs, réalisateurs et techniciens du cinéma et de l’audiovisuel en Pays de Loire (ALRT)

Publié le par CitiZen Nantes

Je ne suis que auteur-réal-monteur-reporter-historien-généalogiste...

Je ne fais que diffuser mes films partout où un film peut l'être, à l'exception de la télévision, média indigne bien connu. Je ne suis qu'un bon réal avec 20 ou 30 000 spectateurs contents, dans le plus charmant anonymat. Je sors d'ici deux ans trois docu hors-norme sans l'Etat et tout ses séides, sans promo canapé, sans être né dans la bourgeoisie, sans presque de moyen et surtout, sans ÉCOLE de cinéma. J'ai potentiellement des scénarii d'enfer dans la besace quand je passerais à la fiction, mais je tournerais pour les gens vivants, des belges ou des québéquois ou des africains...

Tout mon art et toute ma joie ne 'rapporte' que le salaire d'un vietnamien de classe moyenne haute ou un roumain travaillant à la chaîne. Sans doute est-ce le destin du Système Capitaliste Consumériste Productiviste, de broyer tout art, tout esprit et d'engraisser des imbéciles, jusqu'à faire crever un à deux milliards de gens, qui manqueront d'autant dans les salles de projection.

Le cinéma français connait une rechute en ce moment ?

Ben, il fallait m'entendre et me mettre le pied à l'étrier à moi et aux centaines d'autres réals crêve-la-faim ! Maintenant, c'est trop tard, c'est le Club de Rome reformé qui le dit : dans dix ans commence l'effondrement de notre société...

Et même pas un seul magnétoscope non-obsolescent pour voir encore les mauvaises copies VHS, faites par des pauvres, DERNIERS films encore visibles sur les DVD sans lecteur valide de reste !

Constatant le décès annoncé de toute décence et de toute créativité (la nullité des scénarii du cinéma français est là pour le dire), je préfère ne rien faire et continuer de me contenter de passer dans les salles, cinoches de petit bled ou écoles, assos ou fêtes locales, là où le cinéma (et le pré-cinéma) a commencé, dans les années 1880-90, quand il n'était qu'un art forain usant de l'ombre et la lumière...

Cher(e)s collègues, j'ai donc, au regret, le plaisir de vous annoncez que je n'adhère pas à votre association et que je continuerais dans mon coin à rendre-compte de ce "monde de Merde" jusqu'à ce que la mort, farceuse, m'emporte prématurément.

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Le cinéma n'est pas une industrie, c'est un métier.

Le cinéma n'est pas de la communication ni du lèchage de cul de politiciens professionnels et autres satrapes corrompus de région.

Le cinéma n'est pas à vendre, mais il est preneur de tout.

Le cinéma à le temps, il n'est pas speed, mal fait, vite fait et consommable : il n'est pas une merde obsolescente à jeter avec son emballage.

Le cinéma dit 'merde' en noir et blanc, en muet, en expérimental ou en narratif classique.

Le cinéma est une déesse Raison déraisonnable et elle a maints conjoints et conjointes

Je suis marié au cinéma, qu'ai-je besoin de publier les bans et célébrer les noces ?

C'est mon associé co-réal qui filmera mes funérailles minables, car le cinéma est la vie, la mort et au-delà même : il plie et déplie le temps à sa guise.

Le cinéma se fout des modes, il est un adolescent centenaire, il est assis, semble ne rien faire mais ne cesse d'observer avec l'oeil ce monde et ses pantomimes.

Le cinéma est tout, le cinéma n'est rien.

Atomes et photons, bien rangés sur un DVD, pellicule celluloïd lisse comme le plastique et pourtant fait par ses seules aspérités de grains sensibles qui ont peur du noir.

Le cinéma enfin, est dans nos mains de travailleurs-euses intellectuel(le)s, dans nos esprits comme pensée fugace, tenu et si prégnant,

Le cinéma imprime l'Etat du monde et,

IL NE LE TROUVE PAS BEAU

Le cinéma est las de voir mourir les hommes, les sociétés, les cultures et pourtant il ne peut pas s'endormir.

Le cinéma doit tout voir et en devient obcène, car il ne sait plus voir au travers des mailles et par des filtres intelligents.

Un cadavre n'explique RIEN s'il n'est pas remis en contexte. Le contexte c'est 90 % du film, le cadavre 2 % du film et le reste, c'est le spectateur qui le réinvente.

Pauvre créateur-trice dont on ne veut que faire une pute avec maquereau, dont on ne veux faire que bouffon(ne) de la bourgeoisie sans âme, Tartarin conquérant de la Lune.

C'est à dire des subventions

J'aurais été et serais bien content de rencontrer dans les salles de vrais gens bien vivants, d'avoir fait mon numéro à contre-emploi dans la Société du Spectacle.

Le cinéma me sourit ...
Attendons que toutes les télés et tous les distributeurs en salles disent encore NON, que le Système lui-même une fois encore se nie.

Vive le cinéma libre, autonome, indépendant, sans concession aucune à l'air du temps, qui est pourri.
Vive le XXIe siècle, second siècle de l'histoire du cinéma et pas le dernier.
Vive ceux-celles de mes collègues qui sont chez vous et qui me comprendront assez pour répondre "je n'ai pas compris"
Parce que nous avons tous bien compris notre noble outil.

Il nous dépasse.

T. Kruger, réalisateur dépassé par lui-même, dont les films lui échapperont, comme une création autonome et qui s'en aperçoit enfin.
Il était temps

Je vous embrasse, déesse d'ombre et de lumière, et vous salut avec révérence et dignité, la casquette retirée au bout d'une main, au bout d'un bras, au bout d'un cerveau sensible, très sensible.

Salut !

PS : ALeRT ! semblez-vous dire, quel nom juste à propos, c'est bien ce qu'il faut que vous continuiez à dire, avec tous les talents qui vous composent

Publié dans Arts et culture

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