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Publié dans : Métropole/Département
Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /2010 18:56
Vendredi 22 janvier à 20h
Cinéma le Beaulieu. Bouguenais (44)











Communiqué Survie 44

Ci-dessous le résumé du film par Odile Tobner et un article de son mari Mongo Béti, écrivain et essayiste Camerounais (décédé en 2001).

Présentation de « Une affaire de nègres »
Ce film de la cinéaste camerounaise Oswalde Lewatt a été précédé d’un documentaire plus court, sur le même sujet, «Les disparus de Douala».

En 1999-2000 le gouvernement camerounais a créé un Commandement Opérationnel (CO), composé d’élément de l’armée, de la gendarmerie et de la police, pour une grande opération de répression du banditisme à Douala. Un des éléments à l’origine de cette création est le meurtre d’un riche commerçant français. Résultat : pendant un an ces unités se sont livrées à un millier d’exécutions extrajudiciaires. On retrouvait les corps flottant sur le Wouri ou abandonnés dans la brousse. Un numéro de téléphone avait été mis en place pour les dénonciations. Les arrestations suivaient, suivies de détention de torture et de disparition, sans que des procédures judiciaires soient initiées.

Le scandale a culminé avec la disparition de neuf jeunes gens dans le quartier de Bépanda. Les familles des «neuf de Bépanda» ont constitué un comité, soutenu par l’ACAT littoral, de madeleine Affité et par des personnalités de l’opposition comme Djeukam Tchaméni, qui voulait porter plainte en Belgique au titre de la compétence universelle. Dans le film on voit un homme politique, transfuge du parti au pouvoir, dire qu’on a alerté en vain Amnesty International et Survie. Début 2001 Survie était en plein procès fait par les chefs d’Etat à FX Verschave. Ces démarches ont néanmoins alerté les instances internationales qui ont exigé des explications. Le pouvoir camerounais a donc fait un procès aux responsables du CO. Ce procès n’a abouti à aucune condamnation. Le CO a simplement été dissous.

A la fin du film on voit une population exaspérée par l’insécurité, mais sans information. En effet les premiers responsables de l’insécurité au Cameroun sont les pouvoirs publics, entièrement minés par la corruption et incapables d’assurer la moindre protection à la population. La création d’un commando de la mort pour terroriser la population n’est évidemment pas un signe d’autorité et n’est pas de nature à apporter de la sécurité, au contraire. L’horreur liée à cet épisode macabre donne la mesure de la triste situation de l’état de droit au Cameroun.

(Ci-dessous un article écrit par Mongo Beti à cette époque dans un journal camerounais)

« PAUL BIYA ET LES 9 DE BÉPANDA OU COMMENT S’EN DÉBARRASSER »
Pas besoin d’être grand clerc pour imaginer la révélation, peu probable au demeurant, que les Camerounais avertis attendaient du discours de Paul Biya : où en est l’enquête sur le kidnapping, en plein jour, de 9 jeunes gens de Bépanda, qui n’ont plus jamais été revus vivants ? L’exercice auquel s’est livré le Président, sans le moindre succès d’ailleurs, se résume dans l’image “noyer le poisson”. Il a parlé de tout, sauf de cette question lancinante : que fait le Renouveau pour reconstituer la vérité sur les 9 de Bépanda ? Pour le reste, il s’est contenté de relire un condensé des plates apologies de son plumitif préféré, Fame Ndongo.
À propos de noyer le poisson, les cadavres des 9, quel que soit leur état, évoquent irrésistiblement, comme au Chili de Pinochet, comme sous d’autres dictatures sanglantes, le fameux théorème venu de l’Antiquité tout corps plongé dans un liquide, etc. On en reparlera donc encore longtemps. Ils hanteront sans doute à jamais les nuits des dignitaires du Renouveau, à commencer par le Président.
Question cruciale : s’en débarrassera-t-il jamais ? J’en douterais si l’opposition camerounaise en était une. Immature, sans leader réel, mais grouillant de candidats à l’élection présidentielle, composée de chefs de tribus intéressés, prompts au repli communautaire, voilà les adversaires de Biya. Dans tout autre pays, cette affaire lui serait fatale, comme ne cessent de lui répéter, pour le mettre en garde, ses thuriféraires de la presse “panafricaine” (entendez : presse financée par les dictateurs) paraissant à Paris. Mais chez nous…
 
++
Survie Loire-Atlantique

Blog : survie44.over-blog.org

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