Aéroport Notre Dame Des Landes, Buffalo Phil et les Barbus

Publié le par CitiZen Nantes

Je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager les gentils mots de Philippe Moreau, Président de la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME) des Pays de la Loire, trouvés dans un document défendant l’aéroport de Notre Dame Des Landes (NDDL), à télécharger via la newsletter de la CGPME.

Je n'ai pas la compétence pour juger des arguments pro-NDDL ; certain-e-s le feront sûrement mieux que moi. Je veux attirer votre attention sur la délicatesse de l'édito.

On y apprend que les manifs et autres actions contre l'aéroport sont des "pets de mouche" et que les médias opèrent sans aucun doute une "manipulation de l'opinion".

"Après les hurlements, manifestations, barrages, occupations de site, blocages de chemins, défilés de tracteurs, relayés jour après jour, quand ce n’est pas sur deux pages du même journal le même jour, il est toujours surprenant de constater que le moindre pet de mouche produit par quelques récalcitrants au transfert de l’aéroport déclenche aussitôt un encart important de la presse locale. On peut se demander quel est le niveau d’honnêteté de l’information donnée, répétée, rabâchée tant le rebond sur ces pets frise l’obsession. Manipulation de l’opinion ?"

Arizona-cowboys-Phoenix.jpgPhoenix-Arizona

Si ce n'était que ça...

Les résistants à l'expropriation, notamment ceux ayant effectué une grève de la faim, sont présentés comme les "derniers des mohicans", que Buffalo Phil se fait un honneur de débiner de façon on ne peut plus élégante, je vous laisse juges :

"Ces pauvres gens chassés de leurs terres, misérables à qui on a ôté leur outil de travail sans aucune mesure de compensation et réparation sérieuses, ce qui  est contraire à la réalité. Cela fait 40 ans qu’ils en connaissaient l’issue mais ils ne voulaient pas y croire. Ils ont été plus simplement  rattrapés et dépassés par la procédure la plus démocratique. Sous des allures d’anarchistes non violents, les derniers mohicans font de la résistance. L’un est retraité et n’a certainement pas de souci de récolte. L’autre est exploitant mais personne n’indique qu’ils ont l’un et l’autre toujours refusé le moindre contact, la moindre démarche amiable. Tant va la cruche à l’eau qu’elle se casse. On ne récolte que ce que l’on sème."

visuel-larzac_NDDL.jpgExtrait d'une affiche sur le Larzac "Nous ne laisserons chasser aucun paysan".

Philippe. Moreau termine son texte introductif à l'argumentaire pro-aéroport de la CGPME comme ceci : "Pour rétablir la vérité autour de faits incontestables, nous rappelons en pages intérieures 10 points clés. N’en déplaira aux détracteurs de tous poils, y compris leurs barbus." Ces fameux "barbus" qui rappellent non pas les talibans afghans mais bien les baba-cool et autres hippies du Larzac des années 70. Apparemment, P. Moreau est resté coincé quarante ans en arrière ! Aux temps des prémisses du projet d'aéroport...

Dans ce court texte insultant et réactionnaire, Philippe Moreau ne plaide vraiment pas la cause des entrepreneurs de Loire Atlantique car il s'exprime en tant que Président de la CGPME et comme on dit en Afrique Centrale " Une seule dent gâtée empeste toute la bouche ! ". Je dis ça, je ne dis rien...
Tristan Gourichon - Citizen Nantes

>> Retrouver aussi  le dossier spécial "Notre-Dame-Des-Landes"

 

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