Publié dans : Venez débattre
Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /2009 12:35
Mise à jour du 08/11/2009

Article : Débat avec Pierre Péan et Charles Onana salle Bretagne
Ouest-France 06/11/2009

Communiqué Survie 44 06/11/2009
À lire sur CitiZen Nantes
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Vendredi 6 novembre 2009 à 20h
Salle Bretagne. Nantes. Entrée libre

Mise à jour du 29 octobre
CitiZen Nantes a un accueilli un débat (voir plus bas dans cet article et dans les commentaires tout en bas) principalement porté par l'animateur de la soirée et des militants de Survie. Aujourd'hui les organisateurs propose une vidéo das laquelle il explique leur démarche en amont de la conférence. Espérons que les militants de Survie sauront ajouter leurs voix à nouveau dans le scommentaires et que la conférence sera riche d'exhaustivité.

++
Texte accompagnant la vidéo des organisateurs
(voir plus bas)
A quelques jours de la Conférence-débat "Les Droits de l'Homme dans la Région des Grands Lacs" avec Pierre PéanCharles Onana, une interview des organisateurs vous est proposé en ligne. Le débat sera animé par le journaliste Kalomé Botowamungu.
Le projet est porté par un Collectif d'associations (Réseau Culturel VLM/Ecce Afrika/Caraïbe sans Frontière/Train de Vie) avec le soutien de "Action Contributive de la Diaspora Panafricaine", "Les Amis de TOKO", "Jeune Africains de France" et quelques anonymes.
et

Les Grands Lacs : interview des organisateurs


Recto du fly présentant la conférence

Mise à jour du 08/10/2009

Concernant les difficultés rencontrées par les les organisateurs pour mettre en place ce débat, ces derniers ont diffusé le 6 octobre un
communiqué repris ci-dessous :
après une journée bien agitée et plus de 8 heures d'échange entre les organisateurs, les conférenciers, l'animateur du débat, la mairie de Nantes et la presse, Monsieur Jean-Marc AYRAULT a tranché. Les positions du Député-Maire sont claires: "J'ai toujours été pour le pluralisme des opinions. Je propose aux organisateurs de prendre contact avec mon conseiller pour trouver une solution immédiate. La ville mettra à disposition des organisateurs, une salle municipale ainsi que les besoins techniques afin que cette rencontre se déroule dans des meilleures conditions..."

Mise à jour du 1er octobre

Vendredi 6 novembre 2009. Salle Bretagne
Heure et lieu non encore communiqués. Nantes. Entrée libre

Proposé par le Réseau Culturel VLM/Ecce Afrika/ Caraïbe sans frontière/Train de vie

Avec Pierre Péan, journaliste et Charles Onana, fondateur des éditions Duboiris, journaliste et auteur.

Animé par Kalomé Botowamungu, journaliste.

Les organisateurs s'interrogent en effet sur une possible censure sur ce débat après s'être vus refuser l'Espace Cosmopolis.
"Après avoir contacté l’espace international Cosmopolis (fin juillet) qui nous a proposé deux créneaux disponibles   (les 09 et 16 octobre 2009), après avoir envoyé un courriel pour confirmation le 11 août dernier, nous venons d’avoir, à notre grande surprise, un refus le mardi 22 septembre. Cette réponse orale et non officielle à moins de 3 semaines de la manifestation nous questionne. Nous ne voulons pas croire à une intention de censurer cette rencontre édifiante. Surtout à Nantes, une ville chargée d’histoire avec l’Afrique et qui aujourd’hui peut se féliciter d’organiser le Forum mondial des droits de l’homme".

Extrait du fly présentant la conférence

Après le génocide rwandais de 1994 (plus de 800000 morts), la République Démocratique du Congo connait une situation inédite avec plus de 6 millions de morts. Qui en sont les protagonistes ? La communauté internationale est-elle indifférente ou impuissante ? Les journalistes Pierre Péan et Charles Onana nous apporterons quelques réponses dans un débat que nous voulons populaire. Ceci est notre modeste participation pour permettre au public d'avoir une autre lecture des faits. Un débat citoyen dans un pays démocratique où nous combattons la pensée unique. Peter Lema. André Joseph Gelie. Laurent Ndawkwom. Nathalie Veneau
Cherchant à en savoir plus sur cette conférence, CitiZen Nantes a indirectement provoqué un début d'échanges par mails entre Mathieu, un militant de survie qui écrivait en sa qualité de citoyen et non associative, et Kalomé l'animateur d'un débat qui fait donc débat avant l'heure. Dans sa volonté de mettre en avant les échanges des citoyens et  avec l'autorisation des auteurs nous rapportons ici deux points de vue. A vous de les prolonger en ajoutant un commentaire en bas de page.

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Échanges mail du 29/09/09 

Téléchargeable au format pdf

Extraits. M.B
Je crois que ça ne sert pas la cause des Rwandais ou des Congolais de faire venir des gens comme ça pour parler de "droits de l'homme". On peut discuter mais pas avec des personnes à la démarche intellectuelle malhonnête.
Sur le fly, sur la carte de l'Afrique est inscrit "génocides", faisant peut-être (mais je n'espère pas) référence à la fameuse thèse du double génocide : Hutu=> Tutsis, Tutsis=>Hutus, qui est une erreur historique et sémantique. Il y a eu un génocide Hutu=> Tutsis à partir d'avril 94 et des crimes de guerre/crimes contre l'humanités commis par le nouveau régime rwandais à la suite de 94. Il n'y a aucun jugement de valeur de ma part dans cette distinction. Une personne qui meurt, peu importe si c'est dans le cadre d'un génocide ou un crime contre l'humanité, c'est un crime dont les responsables méritent d'être traduits en justice. Aujourd'hui, on a l'impression que si on ne parle pas de génocide pour des massacres, ceux--ci n'ont pas de poids. A force de vouloir donner du poids médiatique à tout, on fini par faire un gros mélange. Et quand les mots n'ont plus de sens, il ne reste que les poings et les armes...
 Des crimes contre l'humanité sont perpétués en RDC tous les jours depuis 15 ans et tout le monde semble s'en foutre. Ce n'est pas qu'une simple "affaire de nègres", la RDC meurt de sa richesse et des convoitises de blancs, de noirs, de jaunes... américains, français, anglais, canadiens, congolais, rwandais, sud africains, angolais, chinois, indiens...


Réponse K.B
- Je trouve regrettable que certaines associations travaillant sur le Rwanda aient fait pression sur Cosmopolis pour que cette conférence n'y soit pas organisée. Cela voudrait dire que celles-là ont décreté ce que sera définitivement et pour l'éternité, la version à retenir de l'histoire des Grands Lacs.
- Les organisateurs de cette conférence n'invitent pas Charles Onana et Pierre Péan pour venir vulgariser leurs analyses, mais pour les confronter à d'autres, celles généralement admises. C'est là une superbe occasion pour tous ceux qui voudraient déjà faire le débat à la place de ceux qui seront dans la salle de venir s'exprimer. C'est tout simplement leur dénier l'intelligence de penser par eux-mêmes.
- Survie est attaquée et accusée comme proche du pouvoir rwandais, compréhensible car la collaboration de son ex-président avec un régime (celui de Kagame) dont on conaît les vertus a paru trouble voire compromettante aux yeux de beaucoup. Il n'a pas travaillé sur commande de la société civile, ni des ONG au dessus de tout soupçon mais à la demande d'un gouvernement dont Survie était parfaitement au courant des agissements dans le Nord-Kivu et des massacres à "échelle industrielle" des hutus dans les fôrets de la RDC... Vous savez entre la proximité et la promiscuité, il y a quelquefois juste l'épaisseur d'une feuille de papier... et parfois rien du tout.
- Je suis surpris, pour ne pas dire, choqué pour les victimes que certains, à Survie notamment, aient décreté que les massacres ciblés (de masse) des Hutus par le FPR n'étaient que des crimes de guerre. Pourquoi ne pas parler carrément des victimes collatérales pendant qu'ils y sont ? Non, arrêtons ! Evitons de qualifier définitivement ces crimes de masse dont on n'a pas encore mesuré (évalué) la vraie ampleur, ni reçu les témoignages des survivants, des rescapés. j'en ai entendu quelques-uns et croyez-moi, c'est horrible. Je me suis occupé d'une réfugiée congolaise épouse d'un Tutsi, quand elle parle des Tutsi, elles dit "ces gens-là" et te ressassent comment ils mettaient des bébés dans des mortiers et les écrasaient ensuite à coups de pilon comme du blé...  Je ne voudrais pas jouer sur l'émotion, mais quand on se lance dans un débat franco-français, pensez aussi à comment le discours des uns et des autres seraient ressentis par les victimes et les proches des victimes.
En RDC, le FPR a voulu exterminer tous ceux qui étaient supposés être génocidaires ou enfants des génocidaires qui seraient tentés par la vengeance à l'âge adulte. C'est ce qui aurait eu lieu en RDC. Si c'est juste un crime de guerre ça... Et ça ce n'est pas nouveau pour Survie, je me souviens du ton avec lequel Verschave avait déjà relativisé ces crimes lors d'une conférence à Nantes, au cinéma Le Concorde. Cela commence à y ressembler trop à une position de principe...
Personnellement je reste ouvert à toutes les discussions et analyses sans à priori et faisant toujours crédit même aux gens avec qui j'ai eu des divergences, car leur opinion comme la mienne est susceptible d'évoluer, de changer ou même d'être mieux argumentée, mieux expliquée.

Réponse M.B
Je suis très étonné et je trouve aussi "regrettable" que certaines assos aient fait pression sur Cosmo. Comme je le notais dans mon mail, toutes les opinions devraient pouvoir s'exprimer car cela permet d'avancer, d'un côté comme de l'autre. L'histoire "officielle" n'est jamais une bonne chose, on a pu le voir avec les bienfaits de la colonisation...
L'ouverture à la discussion sera effectivement une bonne chose pour échanger des points de vue. C'est confirmé, je ne pourrais être présent car je pars dès la fin d'après-midi vendredi. Vous me raconterez, peut-être y aura t-il une trace de la soirée.
Concernant Carbonare, ancien président de Survie, je copie le point 5. de l'argumentaire de Survie sur sa position vis-à-vis du génocide (en PJ sur le précédent mail). On peut se rendre compte que les accusations portées contre Survie ne sont pas fondées car on a demandé à Carbonare de démissionner dès son départ pour le Rwanda pour effectivement éviter tout amalgame. De plus, Carbonare n'est pas Survie et inversement, ce raccourci m'a toujours paru un peu rapide.
"La position de Survie sur le régime rwandais et Jean Carbonare. Certains auteurs ont tenté de discréditer Survie en évoquant une collusion entre Jean Carbonare, président de Survie et le nouveau régime de Paul Kagamé (dont l'avancée au Rwanda est considérée comme déterminante pour l'arrêt du génocide). Jean Carbonare n’a jamais été le «conseiller politique» de Paul Kagame, ni du Chef d'Etat de l’époque Pasteur Bizimungu. S'il est en effet parti travailler au Rwanda au lendemain du génocide, ce séjour s'est effectué dans le cadre d'un projet de coopération technique (notamment la construction de logements
pour les veuves du génocide) que lui a confié le Président Bizimungu. Il a souhaité participer à la reconstruction du Rwanda après la tragédie, qu'il avait vu venir, et contre l'avènement de laquelle il a lancé l'alerte dès 1993. En outre, comme cela lui a été demandé afin d'éviter toute ambiguïté possible, Jean Carbonare a démissionné de son poste de Président de Survie dès son départ pour le Rwanda en juillet 1994, et cette démission a été actée à l'Assemblée Générale qui en a fait suite (mars 1995). Survie est  également  qualifiée de «cabinet  noir  du FPR» dans  l'ouvrage de Pierre Péan.  Or  elle n'a  jamais entretenu de relation avec le régime rwandais, pas plus qu'avec aucun régime politique de part le monde. Elle a d'ailleurs été souvent critiquée par des proches de ce régime en raison de ses critiques à son égard."
Je comprends ta position sur la différence entre génocide et crime contre l'humanité et/ou crimes de guerre. Je ne suis ni Rwandais, ni Congolais et, bien que touché dans mon humanité par les tragédies des Grands Lacs, je n'ai pas d'histoire personnelle liée à ces tueries. Je n'ai pas du bien me faire comprendre dans mon précédent mail. Je ne remets pas en question l'horreur de ces crimes, de quelque côté que ce soit, je ne peux pas entendre que des assassinats ne soient "que" des crimes de guerre : toute vie humaine se vaut, et tout criminel aussi devant la justice. Les définitions sont juste différentes, ça ne change rien au fond. En l'état actuel des travaux effectués, il me semble mais je peux me tromper, que les massacres perpétués par les Rwandais en RDC ne peuvent être étiquetés "génocide". Si c'est le cas, et ce que tu écris m'aide à avancer, il ne fait aucun doute que je changerai mon vocabulaire illico et à Survie aussi je pense. Ce qui n'empêche aucunement, je le répète, que les auteurs de ces crimes doivent être arrêtés et traduits en justice. (...
C'est très difficile d'avoir un rapport dépassionné à cette question. Pour les africains des Grands Lacs, pour des raisons personnelles (appartenance à un pays touché, familles atteintes...) et pour les européens qui ont, comme tous les hommes, tendance à voir les événements historiques selon l'angle les bons // les méchants. De mon côté, il y a longtemps que je ne me fais plus aucune illusion sur la nature humaine et j'essaie de ne pas tomber dans ce manichéisme à la Disney, si présent chez les militants des droits de l'homme. Je vais être un peu long, mais je pense que la lecture historique de Péan et Onana se rapproche de celle des décideurs politiques français de l'époque (Mitterand, Balladur, Védrine...). A savoir que pour Miterrand, la relation Hutus/Tutsis était une relation serfs/aristocratie. C'est une lecture ethnocentrée, européocentrée (ce qui est étonnant chez le camerounais Onana). Ces deux composantes de la société rwandaise, et non pas ethnies, s'interpénétraient et les cloisons n'étaient pas figées. C'est le colonisateur qui a, avec sa grille de lecture de l'époque, forcé les groupes à se fixer et créer cet antagonisme qui perdure aujourd'hui. On ferait bien de s'en souvenir aujourd'hui pour une vraie réconciliation nationale, plus poussée que les gacaca qui n'en sont que la prémisse. Kalome, nous parlions l'autre jour de la faiblesse du raisonnement intellectuel de certains journalistes africains, il ne faudrait pas que nous cautionnions des raisonnements fallacieux chez nous non plus (et j'y mets certains militants travaillant sur le génocide). A ce sujet, je regrette le passage du fly qui place les organisateurs ou intervenant à la marge de la société, ce que je trouve un peu racoleur : "Un débat citoyen dans un pays démocratique où nous combattons la pensée unique." mais ça ne me concerne qu'en tant que lecteur.
C'est difficile aussi d'isoler les périodes historiques. Les forces du FPR ont de fait, mis fin au génocide en 1994 des Tutsis par des Hutus et au massacre de Hutus modérés par des Hutus, c'est un premier point et je ne glorifie en rien le FPR. Les forces du FPR, Kagame et son clan, n'ont pas voulu en rester là, pour des raisons sécuritaires qui peuvent se comprendre sans cautionner les massacres en RDC bien entendu, pour des raisons "mafieuses" (surtout ?!) car faire des "affaires sous la guerre" est toujours très pratique et ça dure depuis 1994, c'est un deuxième point.
Ce sujet est délicat et je m'exprime en tant que citoyen, sans prétention d'être le grand spécialiste de ces questions.

Réponse de K.B
Il n'y a rien de positif que de savoir qu'on a mis son interlocuteur dans une position qui lui permette de s'exprimer librement sans "avoir peur de choquer". Le pire c'est d'inhiber indirectement la pensée de l'autre. Sur les massacres de FPR, je n'ai pas d'avis définitif, mais je m'interroge : A partir du moment où les FPR ont tué en masse, d'une manière ciblée les Hutu en RDC, y compris de jeunes enfants au motif que s'ils restaient en vie, ils chercheraient à venger ces massacres, ne peut-on pas parler de génocide ? En quoi ces massacres plannifiés, ciblés à grande échelle sont-ils différents de ceux de 1994 ? La qualité des auteurs ? La gêne ou le sentiment de culpabilité de l'occident ? Je crains que ça soit les deux.
Quant à Survie, je ne m'associe pas aux accusations portées contre elle (je ne les infirme pas pour autant car je n'ai aucun élément là-dessus en dehors de présomption d'intégrité due à toute organisation), mais je souligne que la collaboration de Carbonare a été, au minimum, une grosse maladresse. Connaissant le terrain et le dossier sur lesquels travaille Survie, par souci de sa crédibilité et afin de prévenir tout soupçon de collusion, il aurait dû éviter d'y aller en recommandant le Rwanda à des ONG spécialisées en la matière.
Concernant Verschave, heureusement pour lui, ce n'est pas un mort ordinaire, un mort comme les autres. Son oeuvre, son combat, ses bouquins... feront qu'il restera le contemporain de beaucoup de générations qui continueront à épiloguer sur ses prises de position... Et je ne trouve aucun "sacrilège" en cela, au contraire.
 Pour le reste, on connaît la nature du ton du discours de certains de nos amis rédacteurs du flyer, heureusement cela n'engage pas les intervenants et ne présume en rien, je l'espère, sur leurs propos.

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Commentaires

Bonjour,
J’observe, je lis les commentaires, je souris …

«  Nous défendons les morts. Rwandais, Congolais, Français, Belges, Canadiens… TOUS LES MORTS                               Nous n’avons jamais choisi de camp. Ce sujet n’est pas notre fond de commerce… »

Je décode  les écrits de ceux qui (j’espère) seront bien présents le 06 novembre 2009 pour apporter une contradiction à nos invités Pierre PEAN et Charles ONANA.   Nous ne serons pas dans une messe, rassurez-vous…

Après avoir contacté  quelques journalistes  (en République Démocratique du Congo, en France, en Belgique et aux Etats-Unis), des journalistes célèbres et prêts  à se déplacer pour ce rendez-vous « Les Droits de l’Homme dans la région des Grands Lacs »,  notre choix s’est porté sur le nantais Kalomé Botowamungu. Nous espérons que ce dernier n’est pas devenu votre nouvelle cible. Je parle bien sûr à tous ceux qui s’agitent en ce moment comme si on invitait deux terroristes sur le territoire nantais. En parallèle, nous continuons à recevoir beaucoup de message de soutien pour avoir provoqué cette rencontre. Nous remercions  les nouvelles associations et les personnes  qui nous ont rejoints. Ce projet  a pour objectif d’ « éclairer » tous les citoyens nantais et d’ailleurs…  Nous ne resterons pas là sur ce sujet et  sur d’autres, sauf si nous épousons un jour (comme certains)  l’ambition d’IMPOSER une pensée, une écriture, une lecture à nos enfants dans un monde ou chacun peut falsifier à sa manière  l’histoire et faire de nos petits des clones.  « L’histoire ne s’écrira plus par les plus forts. L’histoire s’écrira  par les justes… » (Extrait de mon poème: J’ai peur…).  Ce rendez-vous nous  permettra peut-être (ensemble ou pas ensemble), de provoquer un grand débat dans un futur proche entre Pierre Péan, Charles Onana, JP Chrétien, Patrick De Saint-Exupéry, Colette Braeckam ... Dans mes activités théâtrales, mes élèves et d’autres citoyens français que je croise  et qui sont malheureusement gavés par un discours dominant, me questionnent. J’essaie d’y répondre. Je suis parfois confronté à quelques questions plus complexes. J’apprends tous les jours et continue à apprendre pour mieux comprendre  le prolongement d’un génocide... En tant qu’organisateur (avec André Joseph GELIE, Laurent NDANKWOM et Nathalie VENEAU-Sous Réseau Culturel VLM, Ecce Afrika, Caraïbe sans Frontière, Train de Vie et d’autres associations que nous citerons bientôt), nous sommes fiers de la position du  Député-maire de Nantes, Monsieur Jean-Marc AYRAULT, qui  naturellement est favorable au pluralisme des opinions. Nous comptons sur vous le 06 novembre. Faites une économie de votre énergie, faites preuve d’ouverture car c’est  lamentable de vouloir taire  des personnes que vous considérez comme adversaires au lieu d’accepter un débat loyal que nous vous proposons. Avec nous, vous serez dignement reçu, comme tout le monde. Nous ne hiérarchisons pas les connaissances des uns par rapport à celle des autres. Nous ne savons pas non plus quantifier la douleur des uns par rapport  à celle des  autres. Nous défendons tous les MORTS !!!  Peter LEMA
Commentaire n°1 posté par Peter Lema le 15/10/2009 à 09h24
Bonjour,
Merci pour l’intérêt accordée à mon émission sur Jet FM et croyez-moi, il y a des jours effectivement ou j’ai conscience d’avoir été mauvais, mais également des jours où je refuse d’aborder certains sujets pour ne pas raconter n’importe quoi.
Sur la conférence, je rappelle que je n’en suis pas l’organisateur mais que j’ai été associé à certaines phases de l’organisation. Sur la formulation du titre de la conférence, je n’ai pas été consulté sinon j’aurais souhaité qu’il soit plus précis car on annonce tantôt la situation des droits de l’homme tantôt les génocides.
Sur Pierre Péan et Charles Onana, je ne défends pas toutes leurs thèses, mais certaines de leurs thèses m’excitent, m’intriguent, m’interrogent, m’interpellent, m’enrichissent… Par exemple, sur le nombre exact des tués. Pourquoi Péan dit qu’il y a eu en 1994 200.000 morts et non 600.000. C’est intéressant comme débat car il va présenter sa méthode de calcul et ses contradicteurs pouvoir démontrer confirmer d’une manière claire les 600.000. Cela reste valable pour les 6 millions de morts congolais même si, si ce chiffre était avéré, n’ont pas été victimes que des Rwandais. Il y a aussi dans ces 6 millions, ceux qu’on appelle les « morts indirects » dues au contexte créé par l’agression rwando-ougandaise. Ça aussi mériterait d’être précisé.
C’est cette confrontation des thèses et les clarifications sur les différentes assertions qui m’ont poussé à soutenir l’organisation de cette conférence. Car, il faut aussi l’ajouter, si Pierre Péan est encore poursuivi pour « incitation à la haine raciale », cela ne fait pas de lui un coupable surtout qu’il a été relaxé en première instance. Et c’est très important de le souligner. Et si au final, il est relaxé, l’action de ceux qui l’ont traduit en justice va, au contraire, crédibiliser son livre. Quant à Charles Onana, force est de constater que Kagamé en personne l’avait traduit en justice avant de se dégonfler ! Désolé je ne peux utiliser un autre terme.
Enfin, je suis très inquiet par votre question de savoir « pour qui roule Charles Onana ? » ! C’est dommage d’aborder les choses sous cet angle, sinon généralisons la question : « Pour qui roule Survie ? », « Pour qui roulait Verschave ? », « Pour qui roule Kalome ? », « Pour qui vous-même roulez ? »…
Avec cette conférence, je crois que nous allons vivre un grand moment intellectuel, un grand moment militant dans notre quête de la vérité.
Cordialement
Kalomé Botowamungu

 
Commentaire n°2 posté par Kalomé Botowamungu le 12/10/2009 à 11h42

Cher Kalomé

 permettez moi une réponse assez longue (le sujet en vaut la "peine") quoique tardive.

je m'excuse si certaines de mes remarques ont pu vous froisser personnellement, tel n'en était pas le but.

d'autant que j'apprécie certaines de vos émissions (pas toutes) et l'étendue de vos connaissances.

je partage également votre souci d'un bilan objectif sur les responsabilités dans les drames et les nombreux crimes de guerre et contre l'humanité commis dans l'Afrique des grands lacs, qui se sont inscrits dans le double prolongement du génocide rwandais et de la fin de règne du régime de Mobutu et l'éclatement du Zaïre.

Si débat il doit y avoir, vous allez un peu vite en besogne en parlant de génocides au pluriel comme d'un fait historiquement établi.

C'est pourtant le sous-titre de votre conférence.

A minima, une certaine honneteté intellectuelle aurait conduit à parler de génocides avec un point d'interrogation.

Vous êtes un journaliste professionnel, vous savez le poids des mots et le sens de cette nuance face à un public désireux de s'informer, qu'il ne s'agit pas d'infantiliser mais avec lequel il convient d'être transparent.

Nous sommes d'accord sur le fait que les crimes commis en RDC ne se limitent pas à des crimes de guerre, et que de nombreux crimes contre l'humanité y ont été commis par différentes parties, armées et milices de différents camps, et trouvent différentes responsabilités (internes, externes sachant que neuf pays étaient impliqués dans la deuxième guerre en RDC).

Il n'y a pas pour autant eu génocide à l'encontre du peuple congolais en général ou de sa composante hutu en particulier, mais au-delà de l'association Survie, admettez qu"il s'agit d'un point de vue partagé par de nombreux observateurs internationaux, ONG (HRW, IRC, ...), journalistes, historiens, etc.

contrairement à ce que vous insinuez, Survie, comme d'autres ONG, a à ce titre produit ou relayé de nombreux travaux relatant les crimes du FPR ou ses alliés, pas seulement en représailles à des milices extrémistes hutus mais aussi contre des populations civiles. Le discours des Péan / Onana comme quoi Survie nierait les crimes du FPR au Rwanda ou dans la RDC est une vaste supercherie, si l'on s'appuie sur des faits.

cf le site pour un exemple concret des crimes recensés http://survie67.free.fr/Rwanda/opposants/FPR-crimes.htm

ou encore une mine de sources d'informations passées en revue par la commission d'enquête citoyenne : http://cec.rwanda.free.fr/documents/rapports.htm

je comprends que vous, en tant qu'organisateur ou animateur du débat, vous fassiez le défenseur de ces invités, mais il me semble de votre responsabilité d'avertir sur la nature de ces personnages, puissants propagandistes et relais des thèses du juge Bruguière, et sur le fait que leurs "travaux" sont très contestés par de nombreuses spécialistes européens et africains, historiens et ONG.

Sous prétexte de débat et de volonté de recherche de la vérité, on ne peut pas dire et écrire n'importe quoi comme le font Péan et Onana.

L'avant-dernier livre de Péan n'a pas pour rien était baptisé comme la "synthèse de tous les négationnismes déjà publiés" par le journal belge Le Soir (novembre 2005). Comme vous le savez certainement, le négationnisme ne se résume pas à la négation de l'existence du génocide.

Un militant de Survie a fait il y a quelque temps une typologie des négationnismes qu'il serait utile de rappeler à votre public (http://survie67.free.fr/France/booh-booh.htm).

Pour vous rassurer, elle s'appuie sur des sources autres que cette association dont Yves Ternon ou l'association AIRCRIGE qui sont des observateurs scientifiquement reconnus des génocides et des différentes formes de négationnismes qu'ils ont historiquement engendrés.

Si les dérives d'un Péan sont nombreuses et publiques, et je ne reviendrai pas plus longuement sur son cas d'autant qu'il ya une procédure judiciaire en cours (cf plainte pour racisme antitutsi), je connais moins bien Onana et pour qui il roule.

Honnêtement, je ne l'ai pas lu, mais le titre et le résumé officiel de son dernier livre ("Ces tueurs tutsis") me font froid dans le dos et je doute qu'elles donnent aux participants à votre débat une vision équilibrée des réalités historiques communément admises.

Deux illustrations par exemple :

Quand il prétend que (je cite) :

- "les extrémistes tutsis s'autoproclament victimes d'un génocide" (lourd de sous-entendus sur l'absence de génocide et sur l'absence de responsabilité d'extrêmistes hutus)

- que "les extrémistes tutsis violent et massacrent plus de 6 millions de congolais"

Vous savez pertinemment que ces thèses relèvent du négationnisme.

Il me semble que vous, journaliste professionnelle, failliriez à votre responsabilité déontologique de taire cette réalité à votre auditoire.

Par ailleurs, quelques remarques sur des reproches que vous me formulez :

Vous caricaturez ma position ; je n'ai jamais prétendu que Survie était la seule à avoir alerté sur le risque de génocide au Rwanda. Force est cependant de constater que les alertes ont été peu nombreuses en France, en tout cas inversement proportionnel au soutien du régime d'Habyarimana par l'Etat et l'armée français.

Contrairement à ce que vous insinuez, Survie n'a pas à ma connaissance de prétention sectaire d'imposer un seul schéma de pensée, et ses alertes s'appuient sur un important travail de recoupement des sources d'informations, souvent en partenariat avec d'autres acteurs ou ONG internationales ou locales.

Concernant le parcours personnel de Jean Carbonare, ancien président de Survie jusqu'en juillet 1994, il est très pernicieux de votre par

Commentaire n°3 posté par OG le 09/10/2009 à 19h10
Bonjour,

Cette réaction est un refus de débattre d'une situation, celle des Grands Lacs, dont on est loin de recenser tous les tenants et les aboutissants, de faire un bilan définitif avec toutes les responsabilités clairement établies, démontrées. Réagir comme vous le faites me semble intolérant car en plus vous déformez mes propos.

Souffrez cependant que je vous dise ces quelques mots :

- Survie n'a pas été seule à prévenir du génocide qui se préparait, heureusement. Même les auteurs de l'attentat qui avait servi de prétexte ou d'étincelle -et dont les responsables doivent être identifiés- le savaient aussi. Seraient-ils dans le camp de FPR et voulaient ainsi par une forme de cynisme criminel pousser les extrêmistes hutu à la faute ? Ou il s'agirait des extrêmistes hutu qui voulaient mobiliser les Hutu avec cet attentat qu'ils auraient mis sur le dos des Tutsi ? Bien malin celui qui a une réponse totalement indiscutable sur cet aspect.

- Onana et Péan seraient donc des négationistes ? Je ne suis pas leur défenseur et je ne les ai jamais entendu nier le génocide de 1994. Si vous n'avez pas de telles preuves, s'il vous plaît, gardez-vous de jeter une telle infâmie sur ces deux personnes.

- Nulle part, je n'accuse Survie, pas une seule fois dans mes propos. Apprenez à lire avec serenité et objectivité. ce propos est simplement calomnieux et si vous défendez des valeurs de droiture et d'honnêteté également, je vous saurai gré de les retirer. Je dis simplement que la collaboration de Carbonare avec le régime du Rwanda a paru trouble pour certains. Je vous renvoie simplement à la pratique du pantouflage avec la loi qui interdit à un ministre par exemple d'être plus tard embauché par une entreprise qui fonctionnait sous sa tutelle. Ce n'est pas bien sûr la même chose, mais pour la noblesse de son combat et pour l'image de Survie, à la place de Carbonare, j'aurais refusé de faire ce que d'aucuns avaient qualifié -à tort ou à raison- de service après vente de l'humanitaire, du militantisme.

- Il n'existe pas de théorie ou de thèse de double génocide ou si vous voulez, il ne devrait pas exister. Si génocide il ya eu en RDC, il s'agira d'un autre génocide qu'on ne doit pas toujours lier au précédent comme pour dire, ils sont tous pareils. En quelle qualité, en tant que qui ? et en vertu de quoi ? Décretez-vous aujourd'hui et pour l'éternité que ce qui s'est passé en RDC ne sont que des crimes de guerre et que le FPR n'était entré en RDC que pour démanteler les bases des Fdrl ???

- Vous foncez brutalement et tête baissée sur quelqu'un qui connaît des pans importants de cette histoire et qui, par responsabilité, a toujours refusé d'en divilguer certains épisodes. Quand Péan décrit certains traits caractères desTutsi qu'il généralise, il a bien sûr tort, mais quand plusieurs témoins vous rapportent que les Tutsi arrivés avec Kabila à Kinshasa se disent "les Juifs d'Afrique venus libérer les soûlards de la RDC et qu'ils leur étaient supéraieurs", on se dit qu'il existe aussi des Tutsi qui aliment ces amalgames.

- De quel droit vous nous interdisez ainsi qu'aux personnes qui viendraient à cette conférence le droit de découvrir par nous-mêmes que Péan et Onana seraient des négationistes. Si c'est ça la philosophie de Survie, de penser à la place des autres et de leur refuser de le constater par eux-mêmes, je dis Chapeau la défense des droits de l'homme "Made in Survie". 

- Si louable ou extraordinaire soient le travail de Survie, cette association, comme le disent avec honnêteté et courage Yves Monteil ou Mathieu Bompas, ne doit pas diaboliser tous ceux qui l'interpellent ou critiquent certaines de ses prises de position ou agissements. Sinon c'est ce que l'on appelle intégrisme, car on ne défend pas une association comme une secte religieuse.

A bon entendeur. 
Commentaire n°4 posté par Kalome le 01/10/2009 à 16h46
Je n'ai pas tout suivi quelles sont les asso qui ont fait pression pour éviter que le tandem insupportable Onana / Péan ne sévisse · nouveau ? je trouve personnellement que c'est une très bonne chose.

Onana et Péan sont des négationniste notoires, ou · défaut de l'être ils relaient ces thèses, ils n'ont rien · faire · mon avis dans un débat.
Il faut savoir qu'ils ont des puissants relais éditoriaux, médiatiques, et politiques, parmi tous ceux qui visent · blanchir l'Etat fran°ais quant · ses responsabilités dans le soutien au régime génocidaire contre les populations tutsi et opposant hutu
Faut arrêter de faire les enfants de coeur avec des gens comme cela.

Plus largement, la réponse de Kalomé est hallucinante, ses positions par rapport · Survie caricaturales, face · une association qui n'a eu de cesse de dénoncer les crimes de part et d'autre, mais de manière équilibrée, et la part de responsabilité de l'Etat français dans ces crimes.

Survie a toujours condammé les crimes de guerre du FPR tout en rappelant toujours aux promoteurs (dont il fait partie ?) de la thèse du double génocide que c'est le FPR et seulement le FPR qui a permis d'éviter que le génocide ne perdure.

Son accusation en pointillés de Carbonare me profondément, c'est quand même une des rares personnes qui a prévenu plusieurs mois auparavant du risque de génocide si la communauté internationale ne faisait rien.

cela aussi Kalomé lui reproche ?

Même s'il ya eu de nombreux actes de vengance et de dérives qu'on n epeut pas cautionner, le FPR n'a jamais eu de volonté exterminatrice des hutus génocidaires, s'il on en juge par l'état surpeuplé des prisons / le nombre de participants au génocide en attente de jugement.

Il a demandé · la communauté internationale, démantèlement que la France et le régime de Mobutu · l'époque ont refusé (au contraire la France est soupçonné d'avoir contribué · ré-armer les Interahamwe dans les camps).

Le FPR a par contre eu la volonté de pourchasser les génocidaires réfugiés en RDC qui reconstruisaient leurs bases en vue d'opérations de déstabilisation du Rwanda et cherchaient · poursuivre le génocide contre les tutsis rwandais et congolais (avec le soutien + ou - actif de Mobutu en 1996-97 et derrière de la France et consorts), avec toute la dªstabilisation du Kivu et du Zaëre qui en a résulté et les deux guerres du Congo. OG
Commentaire n°5 posté par OG le 01/10/2009 à 15h40

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