Publié dans : Monde
Mardi 13 juillet 2010
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13/07/2010
CitiZen Nantes avait relayé la venue du journaliste Pius Njawe à l'invitation de Survie 44 le 20 novembre
2008. Nous avions assisté à la conférence. Nous avions également relayé (voir plus bas) l'article dela journaliste Juliette Abandokwe sur l'intimidation
dont il avait été victime par la suite à Annemasse.
Photos ci-contre : Pius Njawé à Nantes le 20 novembre. 2008 Crédit : Yves Monteil
Extrait du site le Messager
Au moment où nous allions sous presses aux premières heures de ce mardi 13 juillet 2010, des sources dignes de foi faisaient état du décès de Pius N. Njawe, président de Free Media Group, entreprise éditrice de le Messager, dont il était par ailleurs le directeur de
publication. A la suite d’un accident de circulation survenu aux Etat-Unis d’Amérique où il séjournait depuis vendredi 9 juillet 2010 à la faveur d’une convention qui s’est tenue samedi 10
juillet 2010 à Washington District of Columbia (DC), sous la houlette de la diaspora camerounaise pour le changement (CAMDIAC), le DP de le messager s’en est allé.
Alors que le chauffeur qui le conduisait en Virginie, tentait de remonter une roue de la voiture qui a crevé quelques minutes plus tôt sur l’autoroute Ruismond à Cheaspeake en Virginie, un camion
roulant a tombeau ouvert, les a violemment heurtés. Lire la suite sur le
site du Messager
"Pius Njawé dans l'Atelier des médias" - RFI
Le journaliste camerounais Pius Njawée est mort dans un accident de la route aux
États-Unis le 12 juillet 2010. Dans la vidéo ci-dessus le fondateur du journal indépendant le Messager revenait, 30 ans après, sur
"les origines de sa vocation et les difficultés rencontrées (censure, emprisonnement, ...) au cours des trois premières décennies de la vie du journal."
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01/12/2008
Nous avions relayé le 09/11/2008 le communiqué de Survie 44 annonçant la venue du journaliste camerounais Pius Njawé (voir à la suite de l'article ci-dessous) et avons suivi cette conférence.
Aujourd'hui nous relayons une information de Survie France, relative à la tournée du journaliste en France,
avec un compte rendu de la journaliste Juliette Abandokwe :
Invité en France par Survie dans le cadre de la Semaine de la solidarité internationale, le journaliste camerounais Pius
Njawé était le 25 novembre 2008 à Annemasse, à deux pas de Genève. Au cours de cette intervention, le public présent dans la salle du Centre Martin Luther King a
été le témoin d’une manœuvre d’intimidation. Il n’en revient toujours pas.
Compte rendu de Juliette Abandokwe, journaliste.
La conférence d’Annemasse commence à 20h
comme prévu. La petite salle du Centre Martin Luther King est pratiquement comble. Parmi un public majoritairement français arrivé petit à petit, sont entré quatre gaillards habillés en manteaux
sombres, chaussures dernier cri et bien cirées, les mains dans les poches, et avec un air un brin prétentieux et belliqueux à vrai dire. Pius Njawé arrive accompagné du coordinateur Rhône-Alpes
de Survie, s’installe et commence à parler d’abord du rôle socio-économique des entreprises françaises au Cameroun. Il poursuit avec son expérience en tant que témoin oculaire de ce que le régime
dictatorial de Biya inflige au peuple camerounais quand il cherche à se rebeller, et à la censure systématique de la presse indépendante.
Arrive le temps des questions et du débat. Les messieurs en manteaux sombres s’étaient installés au dernier rang. Le premier se lève, et s’appuyant nonchalamment contre le mur d’un air
suffisant, se présente comme un membre de la diaspora. Il invective Pius Njawé d’un ton mesuré sur son exposé « si on peut appeler ça un exposé », lui demandant de quel droit il parle pour les
camerounais, et de quel droit il prétend trouver des solutions pour le Cameroun. M. Njawé répond posément. Se lève ensuite le second, qui continue sur la même lancée, faisant des remarques
sarcastiques sur le « projet de société » du Messager, et sur le rôle douteux du Messager dans la vie quotidienne camerounaise. M. Njawé répond encore. Le reste du public assiste effaré à ces
attaques verbales, ne comprenant pas d’où diable ces hommes si agressifs sortent ! Et pour cause.
Car nous sommes en plein délire ! La politique intimidatrice du RDPC, parti au pouvoir, et la dictature africaine à l’état pur, là à Annemasse dans une petite salle devant une assemblée d’une
cinquantaine de personnes souvent inconscientes de ce qui se passe en Afrique aujourd’hui, et surtout ignorantes de la violence des dictatures qui y sévissent.
Le responsable de Survie se lève et essaie de calmer le jeu en cherchant à recadrer le débat sur le thème de la soirée : le rôle de la Françafrique. Dans ce sens, il rappelle que par exemple le
massacre de 400 000 bamiléké au cours de la guerre d’indépendance ne figure dans aucune mémoire française. Le troisième larron du fond de la salle, manifestement le doyen et mentor du groupe,
tente d’étouffer la discussion par effraction, se mettant carrément à tutoyer M. Njawé, en l’accusant de victimisation ethnique.
Ç’en est trop, le public se manifeste en faveur de Njawé, et se rebelle contre ces effractions verbales agressives et ridicules pour certaines. L’ennemi de l’Afrique est bel et bien l’africain,
dis-je. Les querelles interpersonnelles de bas étage, voilà ce qui tue le progrès en Afrique. Avec véhémence, je refuse la dérive ethnique de la conversation, et demande que l’on respecte la
mémoire des 400 000 bamilékés bombardés au napalm par les français pendant la guerre d’indépendance, au même titre que l’ensemble des victimes camerounaises toutes ethnies confondues. Et je
questionne enfin le rôle de la diaspora qu’ils prétendent représenter, mis à part les attaques de casse sur les initiatives existantes.
Pas de réponse. Les quatre sbires, sentant que le temps est venu de partir, sortent en ne lésinant sur aucun effort d’intimidation sur le chemin de la porte de sortie.
Un ouf de soulagement envahit la salle. La pression diminue, et les uns et les autres réalisent qu’ils ont été témoin de ce que Pius Njawé explique dans son exposé. La volonté délibérée du
régime dictatorial camerounais d’éliminer toute forme de levée de conscience. Nos quatre corbeaux se révèlent être des employés du Consulat du Cameroun à Genève, et sont donc payés par leur
gouvernement pour casser la résistance camerounaise, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur.
En tout cas les spectateurs d’un soir ont mieux compris ce qui se passe au Cameroun en terme de pression. Ils ont compris sous quelle botte est écrasée la volonté d’un peuple de se lever. Ils
ont compris l’enjeu de la résistance qu’offre Pius Njawé depuis des années à un gouvernement qui ne veut en aucun cas que des troublions ne viennent déranger la quiétude du Palais
d’Etoudi.
Qu’à cela ne tienne. La lutte continue. Pius Njawé sera à Grenoble le 26 novembre, et ensuite à Lyon. Nul doute aura-t-il encore affaire à des hommes en noir. Il a l’habitude d’être contrarié
et insulté pour le courage civil qui est le sien, comme tous ceux qui luttent au péril de leur liberté et de leur vie, pour un Cameroun meilleur, et pour une Afrique où les peuples sont enfin
écoutés et respectés
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09/11/2008
Communiqué de Survie 44
L'association Survie 44 vous invite à une conférence sur le Cameroun jeudi 20 novembre à 20h à la Fac de Droit de Nantes - Petit Port. Nous sommes un
petit groupe à Nantes portant le message de Survie, association nationale qui milite pour des relations saines entre la France et l'Afrique (par France on entend le pouvoir politique, les
entreprises, l'armée). Y'a du boulot vous me direz ! Mais on ne se décourage pas et c'est pour cela que l'on fait venir un homme qui n'a jamais cessé de se battre contre les pouvoirs dictatoriaux
du Cameroun : le journaliste Pius NJAWE.
Les intérêts économiques français au Cameroun : un objectif à tout prix ?
Cette année dans le cadre de la prochaine campagne de Survie sur le thème Business et Dictatures et de la semaine de la solidarité internationale, Survie invite le journaliste camerounais Pius
Njawe. Il est le fondateur en 1979 du journal Le Messager puis directeur général du groupe de presse qui en découle. Ce groupe fait l'objet de nombreuses censures et pressions diverses par le
régime du président Paul Biya. Pius Njawé a été emprisonné à plusieurs reprises, mais continue à dénoncer la situation critique du journalisme indépendant au Cameroun. Il a été lauréat du Prix de
la libre expression en 1991 et de la plume d'or de la liberté en 1993.
++ Lire son courrier
adressé à Survie en 2003
++ Lire un
portrait
++ Site du messager
++ Contact Survie 44:
survie-nantes@club-internet.fr
survie44.over-blog.org
Survie France :
www.survie-france.org
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