"Bataille rangée" idéologique entre média autonome et média institutionnalisé

Publié le par CitiZen Nantes

Voici ci-dessous compilés les éléments illustrant l'opposition, sur la manière de voir les manifestations, entre le quotidien Ouest-France et l'auto-média social "Nantes Révoltée" avec aussi l'avis d'un collectif de sociologues et autres liens complémentaires.

Photo : Yves Monteil - Citizen Nantes

Photo : Yves Monteil - Citizen Nantes

Compilation

03/05/2016 - Article de Ouest-France qui a mis le feu aux poudres : "Comment Nantes révoltée donne le ton des manifs"
Extraits

Ils sont une dizaine à tirer les ficelles de la page Facebook « Nantes Révoltée », à écrire et modérer. Ils sont déjà plus de 20 000 devant leur écran, à lire et à commenter tous les messages. « C’est plus que Karine Daniel lors de son élection comme député de Loire-Atlantique », s’amuse Mathieu

Pendant les récentes manifestations, ceux « qui veulent de l’action » savent où les trouver. Ils laissent les plus jeunes s’énerver devant : « Laisse-les, ils ont besoin de se défouler », soufflait jeudi dernier l’un de ces « chefs » à un autre, alors qu’un groupe de lycéens, à visage découvert, frappait un caisson de chantier à coups de masse. « Nantes Révoltée lance une action sur Facebook, qui fait caisse de résonance. Les lieutenants recrutent dans les lycées des jeunes influençables, les forment, et les envoient en première ligne face aux forces de l’ordre. Ils manquent d’expérience, ne connaissent pas les méthodes policières et, eux, se font pincer », analyse un policier.

Intégralité de l'article de Ouest-France
04/05/2016 - Réponse du média social 'Nantes Révoltée' : "Notre enquête sur le journalisme policier"
Extraits

Tu as peut-être vu passer dans Ouest France, quotidien local de référence, un article sur Nantes Révoltée. Ta page préférée y était accusée – sans rire ! – d'être un groupuscule paramilitaire composé de « lieutenants » appartenant au « bras armé de l'ultra gauche qui tire les ficelles» des manifestations. Rien que ça ! Dans le registre des flatteries, la page est également présentée comme donnant « le ton » des jolies manifestations qui secouent la ville depuis deux mois.

Nantes Révoltée, qui rappelons le n'est qu'un média relayant les luttes locales, est transformé artificiellement en secte armée « attisant les tensions », manipulant les lycéens et «organisant» les émeutes. Comme si la jeunesse de Nantes n'était pas capable de se révolter toute seule !

Bien entendu, à aucun moment la question des violences policières (toujours mises entre guillemets) ou de l'injustice sociale – à l'origine de toutes les confrontations – n'est posée. Nous sommes plus proches de la farce que de «l'investigation».

Dans cet article d'une insondable médiocrité, rien ou presque ne reste de la longue interview gracieusement offerte à cette journaliste à la déontologie impeccable. Toutes les citations, ou presque, sont tronquées. Pire, la majorité de l'article relaie, sans aucun recul, la parole d'un policier anonyme qui peut déballer ses fantasmes délirants, à base de «lieutenants» qui enverraient des lycéens « en première ligne face aux forces de l'ordre». L'affaire est entendue, il ne s'agit donc pas d'un article sur les «pages de lutte et de résistance» mais bien d'un dossier à charge, dicté par la police de Nantes.

Intégralité de la réponse de "Nantes Révoltée"
07/05/2016 - Lettre ouverte à la rédaction du quotidien Ouest-France par un collectif de sociologues nantais atterrés
Extraits

L’usage d’une rhétorique du récit qui emprunte au registre militaire (« bras armé », « chefs »…) pour créer un effet de réalité propre à stigmatiser le groupe en le rejetant du côté de l’action clandestine et de la manipulation ne saurait à nos yeux suppléer l’absence d’un travail minimal d’enquête journalistique, au sens noble de l’expression.

(...) il nous apparaît relever de notre devoir professionnel d’analystes du monde social d’inviter la rédaction d’Ouest-France à davantage de mesure dans le traitement de l’information et dans le contrôle éditorial des articles qu’elle laisse paraître sur le thème des manifestations nantaises. Plutôt que de s’inscrire dans la perspective simplificatrice d’un improbable repérage des chefs et des meneurs qui seraient responsables des débordements constatés « en marge » de ces manifestations, un plus grand sérieux journalistique ne devrait-il pas déontologiquement s’imposer ? En commençant, par exemple, par se demander si le propre des groupes du type « anars », « autonomes » et autres « déters » qui se renouvellent à Nantes depuis une trentaine d’années ne serait pas, justement, qu’ils n’ont pas de « chefs » ni davantage de pratiques explicites et coordonnées de recrutement ?

Compléments

"Malaise à Ouest-France Le quotidien nie être le bras armé du gouvernement. La police tire les ficelles ?" - Lundi.am
Extraits

Selon une source anonyme au sein du journal, une tendance « anti Ouest-France » prendrait de plus en plus d’ampleur dans la ville de Nantes et ses environs. Inquiète, notre interlocutrice précise « c’est à cause du traitement qu’on fait de Notre-Dame-des-Landes. Les gens sont vraiment remontés. »
La semaine dernière, le fossé qui sépare le plus grand quotidien régional de ses lecteurs nantais, semble s’être encore un peu plus profondément creusé.

Addendum
Selon France Bleu Loire Océan, l’entrée des locaux de Ouest-France sur l’île de Nantes aurait été recouverte d’inscriptions hostiles dans la nuit de samedi à dimanche. On pouvait y lire « Faites votre boulot ou on fera le notre » sans qu’aucun rapprochement avec la lettre ouverte des sociologues puisse être fait.

07/05/2016 - "Nantes : la façade du journal Ouest-France recouverte de tags" - France Bleu Loire Océan
Extrait

"Nous ne sommes pas dans un combat idéologique", explique François Chrétien, responsable de la rédaction. "Nous sommes un collectif et nous nous réunirons lundi pour parler de ces tags et pourquoi pas y répondre".

Intégralité de l'article de France Bleu Loire Océan
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