Journal de bord de la fin de manif à Nantes, le 31 mars

Publié le par CitiZen Nantes

Par Thierry Kruger

Aujourd'hui 31 mars, c'était la 4ème journée contre la loi Travail dite El-Khomri. La précédente avait rassemblée 15 000 personnes selon les autorités. Cette fois-ci encore les syndicats d'actifs ont appelé à défiler avec les jeunes, qui constituaient l'essentiel des manifestants des deux premières journées d'action.

Elle a commencée à se rassembler à 10h30 au Commerce, réunissant lycéens, étudiants, salariés d'entreprises privées et fonctionnaires, stagiaires et autres salariés précaires, chômeurs et, quelques ZADistes. Je n'escomptais pas qu'il y eu des incidents et ne comptais que me rendre à la seconde, appelée à 19h, place Royale, rebaptisée depuis un peu moins d'une décennie par certains militants de gauche 'place du Peuple', nom qu'elle porta brièvement lors du mouvement dit de mai 68. Vers 17h30 un jeune correspondant me téléphone et m'annonce "C'est le bordel devant le château" concluant par un "C'est l'émeute".

Vers 17h45 je ne suis pas loin de la gare SNCF, le tram de la ligne 1 annonçant 'fréquence réduite' je dois me rendre à pied tout du long. Voici le journal de ce que j'ai vu et entendu, des infos reçues par téléphone, plus quelques interviews brèves, minute par minute.

Le bar Le Mustang est plein en terrasse, inhabituel. Il se situe près du local CGT des Cheminots. La gare SNCF côté tram a une de ses portes vitrées coulissante remplacée par du contreplaqué. Celle-ci avait été cassée il y a peu de jours. Un chariot plein de gratuits occupe l'emplacement de la seule cabine téléphonique du coin, arrachée l'année dernière. Personne ne lui en prend.

18h05 : Peu avant le pont du Lieu Unique, un jeune de 17-18 ans joue avec un reste de grenade lacrymogène qu'il shoote avec le pied. Six fourgons bleus de gardes mobiles sont garés sur la voie menant au pont, derrière une dizaine de véhicules blancs. Sur le pont, au milieu de la chaussée, un feu est en train de s'éteindre devant le premier véhicule.

Devant le château des Ducs, façade ouest côté sud le sol est jonché de dizaines de pierres, de reste de grenades lacrymo, plus quelques tessons de canettes de bière de 33 centilitres.

18h13 : Appel de mon 1er correspondant, jeune reporter, sur mon répondeur : "Il y a des heurts maxi Cité des Congrès". C'est à deux arrêts après le pont, mais je poursuis vers Commerce.

Vers 18h20 : La plupart des véhicules de police décrochent vers le Centre-Ville.

18h28 : Je téléphone a un militant "Il y a environ trois blessés et six arrestations". Il me précise que le premier chiffre concerne les policiers. Je lui réponds qu'à la grande manif' anti-aéroport de Notre Dame des Landes à Nantes que ces derniers avaient donné des chiffres faux, 6, puis 3, puis 1 quant à leurs propres blessés et qu'aucun média de Marché ne s'était soucié de ceux du côté manifestants. Toujours des restes de tir de lacrymo non loin de la rue de Strasbourg, du centre commercial en face de la place du Bouffay. Dans l'herbe une tong a été perdue. Attachée à celui-ci une petite banderole de tissus avec en pochoir dessus, trois fois répété, et à chaque fois dans une couleur différente NON A L'AEROPORT.

18h33 : Plus de trois fourgons de CRS ou gardes mobiles débouchent depuis la rue de Strasbourg pour bifurquer vers le Centre-Ville toute sirène hurlante.

18h37 : Un ami proche m'appelle : une présumée commandante et policière se disant du Groupe d'Appuis Judiciaire (JAS) "du centre de Waldeck Rousseau" l'a appelé pour lui donner son numéro, un 06 en plus, que je dois appeler. De retour chez moi, la nuit, je constaterais que cette personne ne m'a pas appelé sur mon fixe. Je me dis que ça doit être pour témoigner dans une quelconque affaire, dont je n'ai nulle idée. Bizarre, ça tombe au plus mauvais moment. Je m'attendais juste à une plainte d'un CRS anonyme que j'ai assaisonné sur deux lignes, sur une page Facebook d'un ami pour avoir commis des violences envers quelqu'un que je connais.

Je tombe sur une barricade de barrières jaunes et deux poubelles achevant de brûler, toujours en place non loin de la pizzeria-brasserie La Piazza d'Italie où, pour la 1ère fois, je vois un groupe de manifestants juchés sur son toit. Nous sommes non loin du Commerce. Plus avant, là où la ligne 2 de tram croise la ligne 1 que je longe, un container blanc renversé. Au carrefour des voies sont groupés environ 400 jeunes, d'allure plus lycéenne qu'étudiante. Côté cours des 50 Otages flotte un grand drapeau noir à tête de mort et tibias croisés de pirate. Là ça va péter !

18h47 : Des fourgons de police barrent l'accès nord, vers le cours des 50 Otages. Depuis le côté sud, menant au CHU, a lieu un tir groupé d'environ 20 à 25 grenades lacrymogènes. L'une d'elle frôle mon blouson et éclate au sol à 3 mètres devant moi sur ma gauche. Il s'agit du lacrymogène habituel, que je supporte. Les jeunes du 'bastion' pirate, au carrefour précité, commencent à évacuer leur position, dans le calme, en se dirigeant vers Commerce.

18h48 : Les premières gouttes de pluie, elle sera très légère, tombent. Un jeune crie "A la place Royale !". Je me dirige vers la place du Commerce, longeant les arrêts de bus.

18h49 : Seconde salve d'environ 10 à 15 grenades lacrymogènes, tirées en direction de Commerce, où j'arrive en pleurant un peu. Trente secondes après deux ou trois grosses explosions venant de la direction du CHU. Sur la place, un cafetier commence à ranger sa terrasse. Les véhicules de police commencent à occuper le bastion du carrefour.

18h55 : Une grosse explosion direction place Royale.

Photo : Yves Monteil

Photo : Yves Monteil

Pendant ce temps-là : Un correspondant breton m'informe qu'il y a des incidents à Rennes, un peu à Brest, qu'à Saint Brieuc tout se passe dans le calme. Devant le CHU, autrement dit Hôtel Dieu, doivent se passer les incidents que me relatera dans mon quartier un lycéen croisé après la Manufacture des Tabacs vers 21h15. Il est témoin de deux tirs de flashball, le 1er atteint un gars au ventre, alors qu'il ne faisait rien de particulier. Il tombe et des manifestants portant un brassard avec une croix rouge et un kit de premier soin s'affairent rapidement autour de lui. Un second jeune, "qui les cherchaient en jetant des cailloux" vers les forces de l'ordre est atteint par un autre tir à la jambe. Près du skate-parc, là où il y a de l'herbe et un petit passage bétonné, un autre manifestant était assis sur ce dernier, fumant par terre. Le jeune me dit que ça été ce qu'il a vu de plus choquant ce jour. Les CRS chargent dans sa direction. "Ils lui ont dit de bouger .. Le gars a refusé .. Ils étaient autour de lui et d'un seul coup un BACqueu tire (de) la gazeuse à 5 cm de sa tête .. pendant cinq à dix minutes, (l'aspergeant presque à bout portant) de temps en temps .. Tout le monde criait 'arrêtez, arrêtez !'". Le gazé resta assis, fumant avec flegme. Plusieurs vitrines de banques ont été, en plusieurs point, préférentiellement cassées. Le même lycéen a parfaitement saisi pourquoi et conclua son interview, terminée à 21h26 dans mon quartier, par ces mots : "C'était limite BIEN, ça envoie un message de casser les banques".

19h00 : Nouvel appel de mon 1er correspondant, m'informant qu'une vitrine de banque a été attaquée. Les sources policières annoncent à présent 4 à 5 blessés dans leur rang et une dizaine de manifestants appréhendés par les forces de l'Ordre. Un autre manifestant, jeune, aurait été admis aux urgences de l'Hôtel Dieu, touché par un tir de flashball en pleine tête. Il a assisté à la scène et sa direction, affolée, lui a demandé de rentrer immédiatement à la rédac ! Le jeune reporter va rester en fait encore une bonne heure de plus. Vers 20h15, j'apprendrais d'un ami syndicaliste de l'enseignement public que ce blessé grave a été "touché à l'oreille" et que "Yves l'a pris en photo". Il parle du photographe et fondateur du web-journal contributif Citizen Nantes. Il ne sait pas s'il a été hospitalisé, ni s'il est pas "devenu sourd" après ça.

19h03 : Les fourgons bleus de gardes mobiles roulent au pas, depuis le carrefour pris après les deux salves de tout à l'heure, vers Commerce, s'arrêtant à mi chemin, près des arrêts de bus.

19h08 : Les véhicules blancs frappé de l'écusson de la CRS s'avancent au même endroit.

19h10 : Grosse explosion en direction de la FNAC, l'ex Bourse qui borde l'ouest de la place du Commerce. puis j'entends quelques bruits sourds venant de plus loin, au-delà de la FNAC.

19h15 : J'appelle un autre ami, mais il a renoncé à bouger de chez lui, qui m'informe que "La rumeur court qu'à Marseille y'a un blessé grave, qu'il serait dans le coma". Ambiance.

19h21 : Je continue de longer la ligne 1 de tram direction François Mitterrand, plein ouest. Des jets de grenades lacrymogènes ont lieu au débouché de la rue Jean-Jacques Rousseau.

19h22 : Nouveau jets de lacrymogènes, plusieurs tombent à coté de moi alors que je suis au début du quai de la Fosse. Une dame, la soixantaine, beau costume violet, marchant à pied en tenant son vélo m'adresse spontanément la parole, mi amusée mi courroucée, dans une rue allant vers la place du Commerce "J'ai entendu 'à bas le travail !' de quelques anarchistes" .. Devant la sortie coté Commerce du passage Pommeraye, cette probable manifestante discute avec quelques jeunes, se plaignant de ce que la presse appelle, comme elle, les 'casseurs' : "C'est pas des manifestants .. On m'a insultée parce que je suis fonctionnaire." Un des jeunes présents, peut-être celui assis sur les marches de l'entrée du passage Pommeraye tenant une pancarte en carton où était écrit VOS LOIS ON EN VEUT PAS, lui répond en se croyant visé : "On est là depuis 10 heures" et la conversation, brève, part en live et la dame de repartir en lançant au groupe, après quelques insultes (modérées) des jeunes, "Allez chercher du boulot !".

Vers 19h25 : Deux hommes à vélo, la cinquantaine passée, rigolent en allant vers là où ça chauffe. Le plus âgé ne peut se retenir de gueuler "CRS !" mais se retient de dire la suite.

19h31 : Je rebrousse chemin pour retourner direction ouest. Devant la médiathèque Jacques Demy c'est enfumé par des tirs de lacrymo. Un peu en avant, une haie de CRS fait semblant de barrer la route, ils sont une douzaine, mais laissent un espace de cinq mètres entre les maisons et la rue pour se rendre quai de la Fosse. J'ai constaté ces vrais-faux barrages auparavant à l'entrée de la place du Commerce, et au bas du pont menant à l'usine LU. Je le reverrais. Devant la médiathèque une poubelle brûle avec son contenu.

19h36 : Les véhicules bleus des gardes mobiles, suivant toujours ceux blancs de la CRS dépassent la médiathèque Demy. Les affrontements se sont déplacés plus à l'ouest.

19h39 : Un gros véhicule de maintien de l'ordre, de ceux apparus dès la grande manif' contre l'aéroport de Notre Dame des Landes en 2013, se sert de son canon à eau, durant deux minutes, pour éteindre le feu dans la poubelle devant la médiathèque. Cela pue le plastic.

19h42 : D'autres véhicules blancs de la CRS, précédés des voitures blanches et bleues de la police, passent sur la route bordant le sud du parking de la Petite Hollande, lieu où se tient régulièrement un grand marché, se rendant aussi vers l'ouest en renfort.

19h43 : Des CRS avançant de concert avec le gros véhicule à lance à eau, suivis de dix fourgons blancs de la CRS, me doublent, un jeune CRS me dit de vive voix et poliment "Mettez-vous sur le côté monsieur". Je suis alors devant le bar-PMU Les Mathurins, fermé depuis peu, puisque son gérant, homme mûr, est en train de balayer là où étaient ses sièges et tables en terrasse. L'un des CRS inspecte, vérifiant qu'on ne leur tend pas une embuscade, le débouché de la rue D'Ancin. Il appartiennent à la première ? compagnie, on lit 1 suivi d'une lettre sur leur dossard.

19h45 : Un jeune homme, cheveux raz, vesture supérieure claire, la vingtaine, venant depuis l'est, direction Commerce, s'arrête et s'adresse aux CRS plus avant et leur demande plusieurs fois de répéter la réflexion qu'un d'eux lui aurait faite : "Qu'est-ce que t'as dit sur ma daronne ?". J'ai supposé qu'un CRS lui aura juste dit de 'rentrez chez sa mère' ou mieux, que sa mère 'devrait pas le laisser manifester dans la rue', parce que cela je l'ai entendu dire plusieurs fois, en 2008. Il semble qu'un CRS lui ait répondu parce qu'il termine par "Quoi ? Je suis un putain de stagiaire !". Cinq ou six CRS le chargent, il fuit dans la rue D'Ancin, qui n'est qu'une ruelle donnant sur le quai de la Fosse, à l'ouest de la médiathèque, tombe à terre, reçoit un ou deux coups de matraque, se relève, perd son écharpe grise et noire et s'enfuit en remontant les marches au bout de la ruelle. A côté, on est à l'entrée de la rue, collée contre une encoignure, un jeune couple, qui n'est pas touché. Moi-même, arrêté à trois mètres et retourné pour voir ce qu'ils lui font, je ne suis pas inquiété. En pas même dix secondes un ordre vient depuis le quai de la Fosse "Reculez-vous !". Je n'ai même pas eu le temps de m'alarmer de mon sort. Le jeune homme est loin devant, je ramasse son écharpe et veut le rattraper. Trop tard ! S'il se reconnait dans ce récit, je l'ai ramenée à la maison. Qu'il contacte la Rédaction pour la récupérer.

Vers 19h50 : J'emprunte une rue perpendiculaire au quai de la Fosse depuis la rue D'Ancin. Peu après la rue des Marins, une ruelle qui donne dessus et va sur une cour d'immeubles, je vois deux bombages faits avec soin sur le mur art déco d'un ancien bâtiment dont les fenêtres à barreaux portent pour certaines, en leur centre, le monogramme PTT.

La première est sans doute inachevée, toute de majuscules, en noir, avec ses A cerclés pour faire le sigle 'anarchie', QUAND LE PEUPLE / QUAND LE POUVOIR VACILLE ... Son auteur a changé de bombe, pour prendre du rouge à partir du dernier A. Plus avant sur le même mur, une seconde inscription, très soignée, en bleu tirant sur le vert, en lettres cursives, toutes ses boucles étant emplies de rouge tirant rose. On lit BOUFFONS AU / POUVOIR / BOUFFONS AUX / PARLOIRS / ANARCHIE LES DELOGERA / ET NOUS RASSASIERA sic.

19h54 : J'entends des sirènes de police et plusieurs explosions depuis l'ouest-sud-ouest

19h55 : Le même hélicoptère vu il y a une heure me passe au dessus, même direction. Je descends des marches, arrivent sur la rue Montaudioune. Senteur de cuisine à l'aïl.

20h00 : Revenu sur le quai de la Fosse, je passe le bar Les Kolocks, noir de monde jusque sur sa terrasse, et me retiens d'y rentrer. Peu après, devant les numéros 63-65 du quai, une poubelle renversée avec un début d'incendie, un amoncellement de panneaux de signalisation arrachés, de barrières de chantier, de grandes plaques métalliques. Y'en a trois tas, les deux autres étant de part et d'autre du débouché de la rue de Flandres. L'une des plaques porte l'acronyme ACAB. Sans doute, une barricade se tenait là et aura été démantelée ensuite.

20h02 : Passage de véhicules blancs de la CRS sur le quai de la Fosse, direction ouest. Je vois ensuite, sur ma gauche, près du pont Anne de Bretagne, coté tramway, des véhicules de gardes mobiles stationnés. Deux jeunes hommes, cheveux raz, veste de costard noir, passant en sens inverse de moi, l'un d'eux dit à l'autre "Tout ça pour pas aller bosser". Je songerais plus tard à l'absurdité de cette remarque goguenarde envers les manifestants. Si les chômeurs faisaient cela, nous aurions tous les jours des manifestations et du 'fight' dans les rues !

20h03 : Je vois trois feux de poubelle brûlant de plus belle à l'autre extrémité du pont Anne de Bretagne, côté nouveau Palais de Justice. Le camion à lance anti-manifestant arrive en trombe.

20h04 : En m'approchant du pont, je tousse : on a tiré des lacrymogènes peu auparavant. Sur le macadam, j'aperçois du verre brisé menu comme pour un pare-brise, au débouché de rue de la Verrerie sur le quai de la Fosse. A l'entrée coté tram du pont je vois quelques motos de flics.

20h11 : Sirène hurlante d'un véhicule des Urgences roulant à vive allure sur le quai de la Fosse en direction du Centre-Ville. Alors que j'emprunte le pont, je surprends une conversation par radio de la police. L'un des deux pandores près de sa moto tient une espèce de talkie-walkie, le même que mon associé a aperçu durant l'Opération César contre la ZAD. Une policière leur parle, ça s'entend à des mètres, des opérations au-delà du pont : "On les harcèle par derrière .. faites-les courir !"Sa voix est sans haine et emprunte d'un franc sourire sur la fin. Arrivé au 1er quart du pont je croise un homme jeune, visage rougeaud, la trentaine, grand et mince, habillé style 'prolo'. Il est 'vénère' tandis qu'il parle dans son portable et gueule "Si c'est pour faire 26 heures par semaine, pour 800 euros par mois !".

20h19 : Les feux de poubelles au bout du pont sont presque éteints. J'entends à nouveau sur le quai de la Fosse la sirène d'un véhicule des Urgences, le même ?, filant en sens inverse.

20h21 : L'hélicoptère vient au dessus du pont, tourne en direction de la rive sud, puis survole l'île Beaulieu lentement en allant vers l'est. J'en est ma claque. Le mal qui a failli me faire crever l'an passé a réduit un peu de mon souffle, ayant comme une 'rechute' partielle depuis quelques semaines. Je rebrousse chemin vers le Centre-Ville ...

20h42 : Arrivé devant le bar Le Chat Noir, situé en face de la place du Commerce, de l'autre côté de la ligne de tram, plusieurs véhicules de gardes mobiles passent encore, toute sirène hurlante. Le camarade syndiqué vu sur le pont Anne de Bretagne m'a quitté après un bout ensemble, pour aller au bar La Perle, autre rendez-vous favoris des potes, mais ils sont plus gavroches, au vrai des 'vieux' gavroches, que dans le premier. J'entre prendre un punch au Chat Noir. Il fête ses cinq ans d'existence et l'orchestre est en train de faire la balance. L'un des deux serveurs me lâche "Journée de merde !". Les affrontements tout à côté auront gâché la fête.

20h51 : Je sors du bar, n'ayant vu personne que je connaisse et ayant bu rapidos. Un des clients dehors narre à un autre, tout deux ont environ vingt-cinq ans, une arrestation à laquelle il a personnellement assisté aujourd'hui : "(les flics) y l'on retourné et puis ils l'ont traîné".

Vers 20h53 : Au carrefour où tout à l'heure des centaines de jeunes furent repoussé par deux salves de grenades lacrymogènes, une quarantaine y sont revenus, un groupe est en cercle et écoute depuis un mobile de la techno. D'autres sont assis sur les murets près des pelouses.

20h57 : Arrivé à l'arrêt de tram Bouffay. Son panneau luminescent indique toujours 'Fréquence réduite' et ajoute 'Aucun service après 22h30'. En fait le trafic est limité sur la seule portion de la ligne un où il y a eu des échauffourée car je verrais, une fois monté dedans, qu'à partir de l'arrêt Boulevard Dalby; tout est normal 'Fin de perturbation / Retour du traffic normal'.

Reportage achevé d'être saisi à domicile à 1h59, ce 1er avril.

Thierry Kruger petit reporter

Compléments

Publié dans LoiTravail, Nantes, Police

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