Marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais

Publié le par CitiZen Nantes

A l'initiative de "Nantes Est Une Fête" avait lieu, dimanche 21 février 2016, la deuxième "Marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais" (textes et chansons) dans le cadre de la Semaine de résistances aux états d'urgence organisée par le Collectif du 22 février.

Votre pensée,
qui rêvasse sur votre cervelle ramollie,
tel un laquais obèse sur sa banquette graisseuse,
je m’en vais l’agacer
d’une loque de mon coeur sanguinolent
et me repaître à vous persifler, insolent et caustique.
(...)
Si vous voulez, je serai tout de viande déchaîné – ou bien changeant de ton comme le ciel, si ça vous chante, je serai tendre, irréprochablement. Non plus un homme, mais un nuage en pantalon !

Extrait de "Nuage en pantalon" (1915) de Vladimir Maiakovski ((1893-1930) dit par Xavier Doisy, place Graslin

Photos de la "Marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais"

Album photos ou diaporama ci-dessous

Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil
Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil

Parcours historique : marche de mémoire sur les pas du mouvement ouvrier nantais. Photos : Yves Monteil

Evocation de la répression du 22 février 2014

Ecrit et lu par Nathalie Torselli : "Ici, le 22 février 2014, à la fin d’une énorme manifestation réunissant des milliers de personnes venues dire non au projet de l’aéroport NDDL, un jeune homme a perdu un œil. Il a été éborgné, marqué à vie, atteint dans son intégrité par un policier qui, armé d'un flash ball ou d’une grenade, l’a visé alors qu’il ne présentait aucun danger pour personne et certainement pas pour des policiers suréquipés et surarmés qui tirent au hasard dans la foule pour créer la panique, instaurer la peur et museler toute contestation. Ils sont plus de quarante aujourd’hui en France à avoir traversé cette épreuve, dont 4 nantais, faisant de Nantes la capitale européenne des jeunes mutilés par la police, dont les armes ne se contentent pas de blesser physiquement un seul individu. Elles éborgnent et mutilent également familles et entourage. A la douleur de voir son enfant démoli s'ajoutent l'incompréhension (comment cela peut-il se produire dans un pays qui se dit civilisé ?) et la rage (on ne peut pas, on ne doit pas se taire, ceci doit être dénoncé avec force). Une blessure reçue dans de telles circonstances n'a rien à voir avec un accident de bricolage ou un malencontreux hasard. Les parents, les frères et sœurs, les proches, sont touchés au plus profond d'eux mêmes. Eux aussi sont abîmés, enveloppés par une sensation glauque, poisseuse, collante qui ne les lâche plus et les transforme irrémédiablement. Pour eux aussi, il y a désormais un "avant" et un "après" la mutilation. Tous vont devoir vivre avec le ressenti très net que leur fils, leur frère, leur ami, est désormais perçu comme un individu dangereux, selon l’idée largement répandue et entretenue par la police, les responsables politiques, et les grands médias, que « si il a été blessé par la police c’est qu’il l’a bien cherché et qu’il l’a mérité ». Les blessés vont devoir entamer un marathon judiciaire aboutissant généralement à un non lieu ou à la relaxe du policier tireur et dont la lenteur étudiée suspend le temps, empêche la réparation, ralentit la reconstruction et pérennise l’impunité policière. La plainte de notre fils a été classée sans suite par la procureure de Nantes, Brigitte Lamy, pour le motif suivant : « les faits ou les circonstances des faits dont vous vous êtes plaint n’ont pu être clairement établis par l’enquête. Les preuves ne sont donc pas suffisantes pour que l’affaire soit jugée par un tribunal ». L’enquête menée par l’IGPN a pourtant clairement établi qu’il a été blessé par un tir policier, alors qu’il n’avait pris part à aucun affrontement pendant toute la manifestation. Les forces de l’ordre présentes au moment du tir sont connues. Il aurait donc été possible d’identifier le tireur. C’est une nouvelle violence qui lui est faite. Avant ce drame, nous ignorions tout des violences policières en manifestation, nous avons appris. Nous étions naïfs et confiants envers la justice de notre pays, nous avions tort. Nous n'étions pas révoltés, nous le sommes devenus."

Chanson "La révolte" interprétée par "Le gang des petits trous"

"La Révolte" est un chant anarchiste attribué à Sébastien Faure qui l’aurait écrit en 1886.

Nous sommes les persécutés De tous les temps et de toutes les races Toujours nous fumes exploités Par les tyrans et les rapaces Mais nous ne voulons plus fléchir Sous le joug qui courba nos pères Car nous voulons nous affranchir De ceux qui causent nos misères - Refrain - Église, Parlement, Capitalisme, État, Magistrature Patrons et Gouvernants, Libérons-nous de cette pourriture Pressant est notre appel, Donnons l'assaut au monde autoritaire Et d'un coeur fraternel Nous réaliserons l'idéal libertaire Ouvrier ou bien paysan Travailleur de la terre ou de l'usine Nous sommes dès nos jeunes ans Réduits aux labeurs qui nous minent D'un bout du monde à l'autre bout C'est nous qui créons l'abondance C'est nous tous qui produisons tout Et nous vivons dans l'indigence - Refrain - L'État nous écrase d'impôts Il faut payer ses juges, sa flicaille Et si nous protestons trop haut Au nom de l'ordre on nous mitraille Les maîtres ont changé cent fois C'est le jeu de la politique Quels que soient ceux qui font les lois C'est bien toujours la même clique -Refrain - Partout sévit l’autorité Des gouvernants l’internationale Jugule notre liberté Dont le souffle n’est plus qu’un râle L’heure a sonné de réagir En tous lieux la révolte gronde Compagnons sachons nous unir Contre tous les maîtres du monde - Refrain

Chanson "l'hymne des femmes" interprétée par "le cri du lundi"

Sur l’air du « Chant des marais » l’hymne du MLF est chanté à la manifestation du 20 novembre 1971

Paroles : Nous qui sommes sans passé, les femmes Nous qui n’avons pas d’histoire Depuis la nuit des temps, les femmes Nous sommes le continent noir. Refrain : Levons-nous femmes esclaves Et brisons nos entraves Debout, debout, debout ! Asservies, humiliées, les femmes Achetées, vendues, violées Dans toutes les maisons, les femmes Hors du monde reléguées. Refrain Seules dans notre malheur, les femmes L’une de l’autre ignorée Ils nous ont divisées, les femmes Et de nos sœurs séparées. Refrain Le temps de la colère, les femmes Notre temps, est arrivé Connaissons notre force, les femmes Découvrons-nous des milliers ! Refrain Reconnaissons-nous, les femmes Parlons-nous, regardons-nous, Ensemble, on nous opprime, les femmes Ensemble, Révoltons-nous ! Levons-nous femmes esclaves Et jouissons sans entraves Debout, debout, debout !

Chanson "La semaine sanglante" (Jean-Baptiste Clément, 1871) interprétée par "Le Gang des Petits trous"

Paroles : Sauf des mouchards et des gendarmes, On ne voit plus par les chemins, Que des vieillards tristes en larmes, Des veuves et des orphelins. Paris suinte la misère, Les heureux mêmes sont tremblant. La mode est aux conseils de guerre, Et les pavés sont tous sanglants. Refrain Oui mais ! Ça branle dans le manche, Les mauvais jours finiront. Et gare ! à la revanche, Quand tous les pauvres s’y mettront. Quand tous les pauvres s’y mettront. On traque, on enchaîne, on fusille Tout ceux qu’on ramasse au hasard. La mère à côté de sa fille, L’enfant dans les bras du vieillard. Les châtiments du drapeau rouge Sont remplacés par la terreur De tous les chenapans de bouges, Valets de rois et d’empereurs. - Refrain - Demain les gens de la police Refleuriront sur le trottoir, Fiers de leurs états de service, Et le pistolet en sautoir. Sans pain, sans travail et sans armes, Nous allons être gouvernés Par des mouchards et des gendarmes, Des sabre-peuple et des curés. - Refrain - Le peuple au collier de misère Sera-t-il donc toujours rivé ? Jusques à quand les gens de guerre Tiendront-ils le haut du pavé ? Jusques à quand la Sainte Clique Nous croira-t-elle un vil bétail ? À quand enfin la République De la Justice et du Travail ? - Refrain -

Chanson en occitan "Los companos" interprétée par "Le Gang des Petits trous"
Hommage à Jean Rigollet tué à Nantes en 1955 et à Anne-Claude Godeau, jeune syndicaliste nantaise tuée au métro de Charonne le 8 février 1962

Présentation faite par Luc Douillard

"Citroën" de Jacques Prévert (1933) dit par Xavier Doisy

"À la porte des maisons closes C’est une petite lueur qui luit… Mais sur Paris endormi, une grande lumière s’étale : Une grande lumière grimpe sur la tour, Une lumière toute crue. C’est la lanterne du bordel capitaliste, Avec le nom du tôlier qui brille dans la nuit. Citroën ! Citroën ! C’est le nom d’un petit homme, Un petit homme avec des chiffres dans la tête, Un petit homme avec un sale regard derrière son lorgnon, Un petit homme qui ne connaît qu’une seule chanson, Toujours la même. Bénéfices nets… Millions… Millions… Une chanson avec des chiffres qui tournent en rond, 500 voitures, 600 voitures par jour. Trottinettes, caravanes, expéditions, auto-chenilles, camions… Bénéfices nets… Millions… Millions…Citron… Citron Et le voilà qui se promène à Deauville, Le voilà à Cannes qui sort du Casino Le voilà à Nice qui fait le beau Sur la promenade des Anglais avec un petit veston clair, Beau temps aujourd’hui ! le voilà qui se promène qui prend l’air. Il prend l’air des ouvriers, il leur prend l’air, le temps, la vie Et quand il y en a un qui crache ses poumons dans l’atelier, Ses poumons abîmés par le sable et les acides, il lui refuse Une bouteille de lait. Qu’est-ce que ça peut bien lui foutre, Une bouteille de lait ? Il n’est pas laitier… Il est Citroën. Il a son nom sur la tour, il a des colonels sous ses ordres. Des colonels gratte-papier, garde-chiourme, espions. Des journalistes mangent dans sa main. Le préfet de police rampe sous son paillasson. Citron ?… Citron ?… Millions… Millions… Et si le chiffre d’affaires vient à baisser, pour que malgré tout Les bénéfices ne diminuent pas, il suffit d’augmenter la cadence et de Baisser les salaires des ouvriers Baisser les salaires Mais ceux qu’on a trop longtemps tondus en caniches, Ceux-là gardent encore une mâchoire de loup Pour mordre, pour se défendre, pour attaquer, Pour faire la grève… La grève… Vive la grève !" Jacques Prévert

Compléments

Nantes est une fête

L'association Nantes Est Une Fête (qui a créé le Réveillon anticapitaliste du 1er mai devant la Bourse de Paris entre 1997 et 2004 et la Fête des langues de Nantes depuis 16 ans) est également organisateur de :

Deux marches de mémoire de la Résistance anti-nazie dans le quartier nantais de Chantenay, le 18 mars 2004 et le 20 juin 2006 / Un parcours poétique bilingue franco-grec, le 16 mai 2014 / Une première marche mémoire du mouvement ouvrier nantais, le 19 mai 2013, avec le concours du Centre d'histoire du travail.

Photos de la marche "Résistances aux états d'urgence"
Dépliant du parcours

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