De l'Histoire déniée au déni de justice : Histoire coloniale, racisme anti-noir, luttes panafricaines d’hier et d’aujourd’hui.

Publié le par CitiZen Nantes

Du 4 au 28 février 2016 - De l'Histoire déniée au déni de justice : Histoire coloniale, racisme anti-noir, luttes panafricaines d’hier et d’aujourd’hui.

De l'Histoire déniée au déni de justice : Histoire coloniale, racisme anti-noir, luttes panafricaines d’hier et d’aujourd’hui.

Projet coordonné par : Cercle du Marronnage | MIR-France | Association Afrique Loire | Cases Rebelles. Téléchargez l'intégralité du programme (4 au 28 février)

Lieu : Pavillon de la Fraternité (à quelques pas du Carrousel), au pied de la grue jaune. Adresse: Cale2, Boulevard Léon Bureau, Nantes

Programme du 18 au 28 février

Jeudi 18 février 2016 de 18h30 à 21h30 - Kikongo, Lingala et Créole guadeloupéen : école de langues africaines, par Mue Mpuati, Laurent Ndankwom et José Bwakanpech + Le racisme anti-noir, par Mutombo Kanyana (Directeur de l’Université populaire africaine en Suisse - UPAF.ch) Conférence-débat

Vendredi 19 février 2016 de 18h30 à 21h30 - Loi Taubira, conférence de Durban, recommandation 34 du CERD, décennie des personnes d'ascendance africaine - Bilan et perspectives : 3 conférences-débats. Introduction : Bilan, 1ère Décennie du 10Mai dans le Principal port négrier de France par Peter Lema + “La Recommandation 34” par Rosita Destival – Mir France + Conférence Débat : “Le racisme anti-blanc : une expression négrophobe présente du suprémacisme” par Cathy Liminana Démbélé (socio psychologue)

Samedi 20 et dimanche 21 février 2016 de 16h30 à 19h30 - MALCOLM.X - Commémoration, conférences-débats. Histoires caribéennes populaires et transnationales - Deux figures militantes : Sonny Rupaire et Claudia Jones, par le collectif Cases Rebelles + « Autopsie de la Négrophobie » par Franco Lollia du Collectif Anti-Négrophobie + « Le déni de l’Afrique et de sa diaspora » par Mwazulu Diyabanza. Actu Guyane en duplex avec Apa Mumia Makeba (MIR Guyane)

Mardi 23 février 2016 - Séminaire à l'Université Permanente de Nantes (Chantiers de Nantes : 2 bd Léon Bureau). Présentation générale : Thomas Bouli, Omer Dallo. Intervenante : Rosa Amelia Uribe Plumelle. 14h/15h45 : L'Afrique dans le monde ; racines, luttes et culture(s). 16h/17h45 : Panafricanisme et Renaissance

Du mercredi 24 au vendredi 26 février 2016 - De Nantes au Fort de Joux en passant par Champagney et Moirans-en-Montagne. Itinéraire autour de Toussaint Louverture et des résistances historiques à l’esclavage

Samedi 27 février 2016. De 11h00 à 12h30’ - Conférence de Presse ouverte au public avec Armelle Mabon. Thiaroye 44 où la fin du déni : Synthèse sur un crime colonial et sur le rejet récent d’un procès en révision d’Antoine Abibou (l’un des condamnés de Thiaroye), la lettre de Biram Senghor, Archives ...

Événement de clôture en soirée. Restitution, discussion, concert, prises de parole… (Ilot Bitche, 4 rue de Bitche, Nantes)

Compléments

De l’Histoire déniée au déni de Justice par Louis Sala-Molins

Il était une fois, il y a longtemps, la loi française royale d’abord, un temps républicaine, puis impériale, royale une nouvelle fois, légitimait la mise en esclavage des Noirs capturés, achetés, troqués en Afrique, ou nés de mère esclave en terres de France.

Il était une fois, tout juste hier, des « fameux » s’en accommodaient et osaient écrire « ambivalence », « médiation juridique », « positivité », « dérogation » là où « crime absolu » sont les deux seuls mots qui conviennent.

Il était une fois Haïti et Toussaint Louverture Il était... deux fois l’abolition par la France de l’esclavage sur ses vastes terres.

Il était une fois l’indemnisation par la France républicaine des propriétaires d’esclaves affranchis en dédommagement de la perte de leurs cheptels.

Il était une fois la France disant aux Noirs qu’elle venait de « libérer » : « Vous voilà libres. Vous voilà citoyens. Oubliez l’esclavage de jadis. Oubliez votre passé d’esclaves ! » Ce n’était pas un vœu. C’était un ordre. Un État souverain ne formule pas des vœux. Un État souverain édicte des ordres.

Et la France entreprit de maintenir longtemps, longtemps en friches cette histoire pour mieux la manigancer en la caricaturant, la dénaturer en l’adoucissant. Pour anéantir la mémoire cultiver l’oubli. Non l’oubli par indolence ou paresse. L’oubli comme stratégie de gouvernement, d’éducation, d’asservissement. L’oubli comme barrage à toute tentative de dénonciation radicale de l’injustice et du crime.

Contre l’oubli, des voix crient dans le désert. Dénonciation tonitruante mais prestement suffoquée d’un enfant de Moirans sous Louis XIV. Doléances inoubliables à Champagney sous Louis XVI. Prison et agonie au Fort de Joux sous Napoléon. Récit scandaleusement lacunaire au Mémorial de Nantes en Vème République.

Jadis on marronnait aux Îles pour se soustraire au criminel « bon plaisir » des maîtres. Aujourd’hui des militants « marronnent » ici et là, à Nantes notamment, pour opposer à l’effarouchement... policé de ceux que cette pluriséculaire histoire criminelle incommode l’exigence non négociable de l’aboutissement en Justice des délits qu’elle charrie .

On triche avec l’Histoire quand on la bâillonne. On se moque du « crime contre l’humanité » quand on interdit à la Justice d’en réparer les effets.

Publié dans Nantes, Racisme, Esclavage, Caraïbes

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