Scène de rue pendant l'état d'urgence à Nantes

Publié le par CitiZen Nantes

Nous relayons ici un témoignage qui décrit des propos tenus à Nantes vendredi 18 décembre 2015 par des policiers en civil. Leurs mots de cours d'école incarnent à merveille leurs techniques de provocations. Certains trouveront anecdotiques ce qui s'avère être révélateur d'une maladie qui ronge certains rangs de la police : le mépris.

Ce sont des pratiques courantes, à Nantes et partout en France, chez ces messieurs qui transpirent la frustration et n'attendent que de passer à l'action avec leurs méthodes de nervis. comme ci-dessous à Nantes en février 2015.

Cette photo n'illustre pas la scène de rue décrite ci-desous mais la dernière phrase de l'introduction ci-dessus. Il s'agit de policiers en civil cagoulés lors d'une manifestation à Nantes en février 2015

Cette photo n'illustre pas la scène de rue décrite ci-desous mais la dernière phrase de l'introduction ci-dessus. Il s'agit de policiers en civil cagoulés lors d'une manifestation à Nantes en février 2015

Scène de rue à Nantes du 18 décembre 2015
Acte 1, Scène unique

[INDICATIONS SCÉNIQUES : La scène est datée du vendredi 18 décembre 2015 vers 15h30, heure locale.

Elle se déroule à Nantes, par temps gris, au bout de l'allée Brancas, près du marché de Noël de la place du Commerce.

La scène s'ouvre sur trois personnages d'âge moyen à mûr, en vêtements civils, qui contrôlent minutieusement les papiers de deux jeunes en apparence d'origine étrangère.
Nombre de figurants de cette scène théâtrale représentent les promeneurs ordinaires de ce quartier central du marché temporaire de Noël, de la FNAC, des fleuristes et du parking souterrain.

Parmi les passants, surviennent alors un homme quinquagénaire et son grand fils, adulte.
Le décor scénographique naturaliste comprend également en arrière plan une voiture banalisée noire brillante, et en appui un fourgon de police et un véhicule de la police municipale.

La scène commence juste après que le jeune homme ait fait une remarque professionnelle à l'intention des trois premiers premiers personnages, selon laquelle, lorsqu'ils contrôlent des personnes dans la rue, ils doivent préalablement mettre leurs brassards de police. Ces trois personnages sont rejoints par un quatrième qui semble leur collègue. Les quatre personnages prennent donc successivement la parole. Toutes les tirades qui suivent sont prononcées par ces quatre personnages en vêtements civils.]

- Circulez !

- Ah les D**** ! (ici un patronyme bien réel commençant par la lettre D.)

- Ah les D**** ! Ah les D**** ! Quand vous serez victimes d'un vol, appelez-nous. On se fera un plaisir de répondre à votre appel. Car nous, on a une dé-on-to-lo-gie [DIDASCALIE : sourires ironiques et voix puissante prenant à témoin la rue]. Une déontologie énorme !

- Les D****, vous n'êtes pas des stars !

- On peut te choper.

- On va te choper.

- Je te chope où je veux, quand je veux !

- Demain ! On va se retrouver à la manif de demain samedi ?

- On vous aime, les D**** ! On est amoureux de vous ! On vous aime à un point ! [DIDASCALIE : ton très ironique et très énervé].

- D**** ! D**** ! On vous aime ! [DIDASCALIE : ce personnage se met à crier si fort, presque à hurler, que les passants s'arrêtent interloqués].

- On va s'occuper de vous. On ne va pas vous rater !

- On t'a vu !

- Toi, tu es trop intelligent pour faire des conneries en manifs. Mais on t'aura !

- L'ancien... [DIDASCALIE : Ce personnage s'adresse de près au père de famille]. L'ancien, t'as l'air moins con, mais j'ai des doutes !

- Montagne ! [DIDASCALIE : ce personnage en civil situé près de la rampe d'accès du parking souterrain dessine alors avec ses mains la forme géométrique d'un rectangle énigmatique et psalmodie le mot « montagne » en le répétant et en détachant les syllabes avec un grand sourire ironique plein de sous-entendus]. Montagne, Mon-tagne !!!

- Un mot de plus, et on vous arrête ! On vous arrête maintenant, avec des menottes !

[Les deux personnes visées par ces fortes répliques quittent la scène, ainsi que les passants, sauf bien entendu les deux infortunés jeunes contrôlés. - Rideau].

Note

Toutes les répliques vécues sont restituées ici de mémoire et avec sincérité, sauf erreur de détail, et ont été consignées immédiatement par écrit, pour témoignages véridiques sur ce temps d'état d'urgence.

Publié dans Nantes, Police, Antirep

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