Jean-Jacques Reboux, poursuivi pour "injures publiques" par la procureure de la République de Nantes

Publié le par CitiZen Nantes

Brigitte Lamy, procureure de la République à Nantes, qui avait classé sans suite les plaintes de six blessés graves lors d'une manifestation contre le projet d'aéroport de Notre Dame des Landes le 22 février 2014, poursuit en justice l'écrivain Jean-Jacques Reboux qui s'indignait de cette décision dans un texte publié le 9 avril 2015 (1).
Aujourd'hui il poste un texte proposant à quiconque qui trouve iniques les accusations dont il fait l'objet de "reprendre l'intégralité de son papier". Voici son appel et à suivre le texte incriminé.
Sondage virtuel avant action collective

Amies, amis… Alors voilà. Je suis poursuivi par une certaine Brigitte Lamy, procureure de la République de Nantes, pour avoir écrit que cette dernière "estimait que la police a le droit de crever les yeux des manifestants" et autres balivernes. En fait, le papier dans son ensemble est considéré par elle comme injurieux (1).

Cette dame avait, dans un premier temps, poursuivi le site Nantes Révoltée, mais comme c'est une page Facebook, que le siège juridique de Facebook est aux USA et que, là-bas, les flics ont le droit de tuer à peu près qui ils veulent en toute impunité mais n'ont pas le droit de porter plainte pour injures publiques (le délit n'existe pas là-bas), Facebook a répondu niet à la demande de la police française de livrer le nom de la personne responsable du site Nantes Révoltée. Si bien que je me retrouve le seul poursuivi dans cette affaire. Ce qui est tout de même assez fort de café !

Je suggère à celles et ceux qui partagent mon avis sur la question de reprendre à leur compte l'intégralité de mon papier sur Dame Lamy en signant de leur nom (ou en ne signant pas, si vous avez la trouille). De cette façon, les enquêteurs en charge du dossier (l'enquête est en cours d'achèvement) auront un peu plus de travail avant de passer le dossier bouclé à la procureure de Saint-Nazaire, et Dame Lamy saura que je ne suis pas le seul à penser que le classement sans suite de cette affaire (plainte de 6 victimes des violences policières) est une honte.

Ceci est juste un petit SONDAGE : je ne concrétiserai pas cette action avant une huitaine de jours. Mais puisqu'on nous emmerde de toutes parts en foulant au pied la déjà très fragile "liberté d'expression" de ce pays, qui commence tout de même à sentir de plus en plus le rance, le moisi, le vert-de-flic, cliquez, commentez, faites suivre auprès de vos amis. Je ramasserai les copies dans une semaine.

L'info sur la plainte de Dame Lamy est ici

Merci.
Jean-Jacques Reboux

Compléments

Brigitte Lamy, la magistrate qui estime que la police a le droit de crever les yeux des manifestants
Brigitte Lamy, défenseure incorruptible de la raison d’État

Brigitte Lamy, défenseure incorruptible de la raison d’État

Lunettes customisées, boucles d’oreilles fantaisies pour égayer le sourire un peu triste, Brigitte Lamy pourrait être une Française ordinaire, une brave dame qui en bave dans la vie, épicière à Vallet, boulangère à Mauves-sur-Loire, caissière à Saint-Herblain. Une dame avec qui on serait tenté de s’attarder si on la croisait dans la rue ou au marché, vêtue d’une blouse ou d’un tailleur vintage. Pour partager quelques éclats de vie. On aurait tort. Car Brigitte Lamy exerce un tout autre métier. Un métier où même les hommes portent la robe. Et il semblerait que les éclats de vie ne soient pas le souci premier de cette dame.

Brigitte Lamy est magistrate, procureure de la République, plus précisément. Dans la bonne ville de Nantes. Est-elle mariée? A-t-elle des enfants? "Allons, allons ! La vie privée des magistrats ne nous regarde pas! Vous n'êtes pas sur le marche de Nort-sur-Erdre, jeune homme!" La chose a pourtant son importance. Car si Brigitte Lamy a un fils, ou une fille, on les plaint. Car Brigitte Lamy, au cas (vraiment très) malheureux mais toujours possible où son rejeton viendrait à rentrer un soir avec un œil crevé suite à un tir d’arme de guerre par un Robocop fasciste à qui l’État a délivré un permis de tirer les manifestants comme des lapins (en english, on dit "licensed to kill"), n’aurait de cesse de lui répondre : "Qu'est-ce que tu racontes, mon garçon? La police t’a tiré dessus? Mais tu es sûr que tu n’as pas glissé? Disposes-tu d’éléments permettant de caractériser cet abominable forfait? Allez, va te coucher, au lieu de raconter des bêtises! Et essuie-moi cet œil qui coule, s'il te plaît!"
Convenez que ces propos, dans la bouche d’une mère, en de telles circonstances, auraient de quoi choquer. Tout comme peut choquer le fait que dans la France post-sarkozyste-néo-lepénisto-hollandiste de 2014, des jeunes gens se fassent crever un œil dans la rue en se faisant tirer comme des lapins par des policiers, comme c’est arrivé à Quentin Torselli, Damien, Emmanuel et quelques autres, le 22 février 2014, à Nantes.

Quatre jeunes mutilés par la raison d’État, Nantes, 2014

Quatre jeunes mutilés par la raison d’État, Nantes, 2014

Une magistrate de terrain à l’éthique exigeante

Brigitte Lamy, donc, est procureure de la République. Lors de son installation à Nantes en mai 2012, le quotidien Ouest-France dressait d'elle ce portrait plutôt flatteur (reprenant, il est vrai, son propre discours d’installation), dans l’espèce de novlangue tautologique et pontifiant en usage dans les feuilles locales lorsqu’un notable prend ses fonctions dans une de nos lointaines provinces.

Brigitte Lamy est considérée par ses pairs comme « une magistrate de terrain », dotée d'une « éthique exigeante » [rien à voir avec l’éthique molle de certaines magistrates, telle Laurence Mollaret, présidente du tribunal de Bobigny qui vient de faire condamner un policier pour usage intempestif du flash-ball] soucieuse « d'entretenir des partenariats » (forces de l’ordre, collectivités locales, travailleurs sociaux) [no comment] car « la paix publique est l’affaire de tous » [mais pas des flics fascistes qui tirent les manifestants pacifistes comme des lapins, exemptés].

"Nantes Révoltée"

"Nantes Révoltée"

Trois ans plus tard, le 7 avril 2015, Brigitte Lamy, dont il ne me viendrait pas à l’idée de juger les compétences professionnelles mais dont la concussion avec des forces de police peu dignes d'une démocratie ne laisse pas de m’interroger, a de nouveau les honneurs de Ouest-France [ICI].

La procureure de la République a classé sans suite les six plaintes pour blessures déposées suite à la manifestation anti-aéroport Notre-Dame-des-Landes du 22 février 2014, estimant, je cite : « Nous ne disposons pas d'éléments permettant de caractériser une infraction. » Rappelons que l'un de ces manifestants, Quentin Torselli, a été énucléé et vit avec une prothèse oculaire, et que deux autres ont partiellement perdu la vue.

"Nantes Révoltée"

"Nantes Révoltée"

Pour en savoir plus sur cette décision de justice inique et sur les actions à venir, rendez-vous sur le site de l’OBSLAB ou sur le site du CODEDO, dont j’assure la "maintenance" depuis qu’un flic nommé Segrétinat m’a soufflé à l’oreille et à la matraque un "T’as de la chance qu’il soit pas président!" moins grave, il est vrai, qu’un tir de flash-ball, mais tout aussi insupportable.

Dernière nouvelle : Brigitte Lamy attaque en justice le site Nantes Révoltée pour avoir diffusé l'article et la photo ci-dessus.

09/04/2015

Présentation de Jean-Jacque Reboux, "écrivain lunatique et aléatoire"

Né en 1958 à Madré (Mayenne) dans une famille de paysans. Conçu sous Coty. Écolier sous De Gaulle. Dompteur de poules sous Pompidou. Instituteur sous Giscard. Ouvreur de cinéma, postier sous Mitterrand. Éditeur canaille sous Chirac. Éditeur lunatique, outrageur sous Sarkozy. Poursuivi en justice par l'Opus Dei, la Police et Catherine Fradier. Scribe aléatoire sous Hollande.

Jean-Jacques Reboux

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ouioui 12/10/2015 08:34

t'es ouf!!!! tu l'as traitée de procureur!!!