Nos chers esclaves : Mine de Rubaya, Congo-Kinshasa

Publié le par CitiZen Nantes

Cet article fait part des conditions de production du coltan, un des minérais rares, indispensable à notre électronique, à la téléphonie, au nucléaire, à l'armée ; il se base en premier lieu sur un article en espagnol dont l'auteur vous donne la teneur. Il suit ensuite sa trace vers les ports africains, puis l'Asie et enfin l'Europe.

Quelles sont les conditions de travail, le salaire, des esclaves de la mine de Rubaya dont nous nous entretiendrons ici ?

Durée de travail : 14 heures par jour (adultes), de 6h00 du matin à 17h30 (enfants à partir de l'âge de 8 ans), 7 jour sur 7.

Salaire : 2 $ par jour soit 14 cents / heure (adulte) et 18 cents / heure (enfants). Notre prétendue prospérité et confort sont assis sur un monceau de cadavres et de morts prématurées depuis plus d'un siècle, causés par notre classe possédante que nous ne cessons de réélire et adorer servilement au lieu de les chasser, juger et confisquer leurs biens.

Nos chers esclaves : Mine de Rubaya, Congo-Kinshasa
Nos chers esclaves : Mine de Rubaya, Congo-Kinshasa

Voici donc le visage d'un de nos esclaves qui, finissant sa journée, sort de son trou-à-rat. Il travaille-tripallium dans la plus grande mine du monde de coltan. Comme la moitié des 5000 (prétendus) mineurs - on devrait dire des 'taupes', car ils sont dans des boyaux allant jusqu'à 50 m de long - le modèle d'esclave ci-présenté à votre commisération inoffensive pour le Kapital est un enfant ou jeune ado.

Nos esclaves ne sont pas syndiqués, rassurez-vous mister Apple, ni ne font grève, ni ne protestent, étant sous la bonne garde d'une des 26 milices armées qui tiennent cette région de l'est du Congo-Kinshasa. Elle détient à elle seule 80 % des réserves mondiales de coltan. Ces milices-patrons perpètrent depuis 1994 et de façons récurrentes - les accalmies ne sont jamais bien longues - le viol à grande échelle, 100 000 par an, jusqu'à des bébés de moins d'un an, le meurtre, le pillage, le racket généralisé et des fois, le jet d'humains dans le vide depuis des ponts.

La mine de Rubaya produit 20 tonnes de coltan par semaines, vendus sur le marché 8 000 000 $ - 2500 salariés adultes coûtent chaque semaine 34 300 $, puisqu'il n'y a ni cotisation sociale, ni assurance maladie ou accident, 2500 salariés enfants font 36 225 €, total : 70 525 € soit 0,88 % pour les esclaves et 99,12 % pour les esclavagistes et les grossistes. La mort par asphyxie et écrasement est quotidienne, mais c'est sans importance, car les jeunes bras ne manquent pas ici : les bonnes églises chrétiennes africaines de la région des Grands Lacs, catholiques comme protestantes, sont farouchement opposée à toute idée de contraception.

Pierres de Coltan

Pierres de Coltan

Dans cette région se rendent continuellement des grossistes représentants des multinationales minières, empruntant une route de la contrebande qui passe par le Rwanda, depuis la Tanzanie ou l'Ouganda. Ces bons traficants-marchands au slip propre et à la bouche parfumée, qui ni ne se conchient d'effroi ni ne vomissent de terreur, achètent en toute sûreté, dans des hôtels bien tenus loin de ces horreurs, bien gardés par les chef maffieux-miliciens et bien ventilés pour ne pas sentir la sueur et le sang, le précieux coltan à tous ces esclavagistes noir-africains.

C'est que ce minerai rare est indispensable pour les téléphones mobiles, tablettes, télévisions à écran plat, GPS, caméras et appareils photos numériques, avions, drones, fusées, réacteurs nucléaires, satellites ...

Thierry Kruger

Nos chers esclaves : Mine de Rubaya, Congo-Kinshasa

Ensuite ce minerai, broyé au pilon par nos esclaves africains part se faire nettoyer et raffiner chez nos esclaves asiatiques. Puis on le mélange à du coltan venu d'ailleurs ni vu ni connu que j't'embrouille, et ça part dans les usines à esclaves. Parfois même, les pièces détachées arrivent en Europe et sont assemblés par des esclaves-salariés slaves, baltes, bulgares ou roumains (payés au tarif de chez eux) dans des usines 'boches', pardon allemandes, pour recevoir l'estampille mensongère 'made in Germany', avant d'atterrir comme portable dans vos poches d'esclave trop-heureux du Marché ou devant mes yeux de réal anar paupérisé libre de bien des choses, sauf de son Mac indispensable pour monter pas cher ses films anti-capitalistes;

Les Nations Unis ont bien imposés en 2010 la loi Dodd-Frank qui oblige les compagnies à garantir que leur coltan est 'propre'. Cela les a un peu emmerdé sur le coup, mais force est de reconnaître que l'exploitation esclavagiste continue.

Choix des sources (en français, anglais et espagnol)

Article du Monde, journal de Marché bien obligé de relater ces faits dans ses pages 'télévision' à propos du très bon documentaire pour 'Cash Investigation', émission d'information sur la réalité réelle du service public, diffusé le 4 novembre 2014, à 20h45, sur France 2. Outre le coltan, son principal soucis, il pointe aussi le cas du néodyme, rare métal extrait en Chine, dont l'exploitation a rendu un lac radioactif :

Article sur un blog associé à Médiapart dont les auteurs ne sont pas payés :

Article global sur les IPhone qui perpétuent l'esclavage moderne, en anglais :

Article plus près encore des réalités, avec photos parlantes, de XL Semanal, en espagnol, intitulé de façon ironique "Les vrais esclaves du mobile" :

Sujet connexe : Vers la fin des tablettes et portables ?

A sortir sans cesse de nouvelles versions de ses produits, la cupidité de la multinationale Apple pourrait, avec ses IPad, hâter l'épuisement des métaux rares. En effet, il est en fait très difficile de recycler tout les minéraux qu'il contient, beaucoup étant à l'état de traces, amalgamés ... Avant vingt ans, tous 'nos' appareils à écran plat, tant les utiles ou inutiles, mais tous néfastes pour l'environnement, commenceront à se raréfier, coûter très cher puis disparaîtront à jamais.

Le contrepoint d'un géologue qui met en garde contre la confusion entre 'réserves' et 'ressources' car tout n'est pas exploitable. Sur le papier les ressources sont là pour des siècles ou millénaires, mais les réserves, ce qui exploitable, est plus problématique. Il raille les données contradictoires sur les années où tel métal serait épuisé, dont souvent on ignore comment ils furent obtenus. Pour son analyse il nous donne ces dates contestées.

Au final, le seul sujet sur lequel tout le monde est d'accord, est la rareté ... des 'terres rares', catégorie où entrent 17 minéraux plus ou moins indispensables à l'électronique dont 95 % de la production est assurée ... par la seule Chine.

Liste des éléments classés en 'terres rares' et à quoi ils servent. Ce sont dans l'ordre de la table des éléments, scandium (numéro atomique 21), yttrium (39), lanthane (57), cérium (58), praséodyme (59), néodyme (60); prométhium (61), samarium (62), europium (63), gadolinium (64), terbium (65), dysprosium (66), holmium (67), erbium (68), thulium (69), ytterbium (70), lutécium (71) :

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