Brisons l'auto-censure ! Mon Journal de la tuerie de ‘Charlie’ 1/5

Publié le par CitiZen Nantes

Par Thierry Kruger

Textes écrits du 7 au 16 janvier 2015

Le récent livre d’Emmanuel Todd, sous quelques exagérations de-ci de-là me paraît salutaire. Quand je relis ces textes non-plubliés sur ma page du réseau Facebook, indic de la NSA, je les trouve fort posés, mesurés, raisonnables. Alors en plein financement participatif pour mon dernier film, Demokratia, qui marquait le pas en m'atteignant 50 % de financement alors qu'il ne restait plus de 25 jours sur 66, je croyais être pris à la gorge, que si je les publiais, je risquais de perdre des soutiens, d'échouer et de mettre fin à mon métier de réal.

C'est ce qui m'a retenu, mais pas tout de suite. Cela a été d'abord l'idée de deuil - je l'ai fort rarement pratiqué, sauf pour Coluche, l'ami anar Samuel et mon père - et le second choc que fut l'Hyper Casher, vite effacé par l’attitude répugnante de BFM TV. Maintenant que je les met en ligne sur Citizen Nantes je m’aperçois que le paupérisme m’avait à moitié conditionné.

Depuis février je suis passé en autogestion filmique à 90 pour cent, avec mon associé et une copine, en co-fondant Ecce Homo Productions. Notre ex-coopérative de distrib’ s’est avéré être dirigée par une espèce de gars si mal dans sa tête qu’il en est devenu l’escroc de ses ‘frères’, selon ce que m’en a dit un des réals de ‘La dette’, film sorti en 2013 et qui, la 1ère année d’exploitation... n’a pas reçu un centime de ce même distrib’ !

07/01/2015 - 1er texte auto-censuré sur 'Charlie' (1/6)

Présentation
Brisons l'auto-censure !  Mon Journal de la tuerie de ‘Charlie’ 1/5

Il y a d'abord la réaffirmation in fine de mon athéisme avec ce texte appartenant à la période ‘choc et deuil’, pour lequel j'avais mis cette mention "Impossible de poster en com". dans mes blocs-notes où je copie-colle mes bons textes et les meilleurs de ceux que je reçois. J'ai appris l'attentat chez mon associé à Angers, par hasard sur internet le jour même, 7 janvier, vers 16h. Rentré chez moi j'achève à 21h15 ce texte à peine revenu d'une manif' silencieuse à Nantes, centrée sur la place Royale. Il était une réponse en commentaire de l'ami Steph Maudhül disant : "je t'ai pas vu".

J'y étais. Discours convenus, applaudissements spontanés sur et hors des discours, quelques crayons à dessin brandis, deux imans se sentant obligés de s'excuser presque (à quand plutôt des pdg s'excusant pour les crimes de l'ultra-libéralisme ?), pas de défilé, restés sur place, noir de monde, beaucoup, bourgeois, classe moyenne et prolos, une femme se souvenant d'une caricature de Charlie des années 1970 contre une pub des bas Dim disant qu'elle rend ses formes à la Femme ... Un seul cri "Liberté!". C'est beau, silencieux, digne mais trop court...

Or Liberté n'est rien sans l'Egalité et la Fraternité. L'erreur serait d'ériger la Liberté au-dessus de tout. Non tu n'es pas libre de tuer, d'exploiter, d'asservir au nom d'un peuple, d'une classe, d'une idéologie, d'une apparence physique, d'une orientation sexuelle ou d'un fantasme né d'un surmoi sévère collectif archaïque il y a 26 siècles.

Bref, aucune décision, aucune motion d'action, impuissance et démocratie a minima. Soit c'est le choc post-traumatique et alors cela se comprend, soit c'est le vide sidéral quant aux réponses à apporter aux CAUSES du fanatisme. Charlie Hebdo (débarrassé du vénal Val) parlait encore la semaine dernière, notamment, du fanatisme du FN ou du racisme banalisé (Valls prétendant qu'il y a un danger démographique africain). Celui-là ne fut guère évoqué. On verra plus tard. Houai.

Je souffle de savoir Cavanna mort de vieillesse et Siné expulsé de la rédac' et donc vivant. Je souffre devant ce plus grand massacre de célébrités vivants en France depuis, notez-le, les meurtres durant la Guerre d'Algérie (OAS au premier chef), et encore, et surtout, les trains partis de Drancy vers les camps d'extermination nazis ... Sauf qu'ils ne se produisirent ni le même jour ni au même lieu. Je ne trouve aucun équivalent dans l'Histoire de ce pays, même aux heures sombres de la Terreur (1793-1794) ou de l'Inquisition catholique (XIII, XVIe s.). Quant au terrorisme, que messieurs les Etats commencent les premiers et arrêtent de nous gazer, matraquer, flashballer, expulsez, racketter et trahir.

Quant aux meurtres, que messieurs les marchands d'armes soient expropriés et leurs usines démantelés ou reconverties.

Enfin, je le garde pour la fin, que moçieu Dieu unique soit jugé et condamné pour l'Eternité à l'exil hors de la Terre. Bref, soit Dieu existe et Il maravera les connards qui se réclament de Lui, soit Il est complice et doit être jugé, vu qu'Il les mate pas, soit c'est tout bonnement, par qu'Il n'existe pas.

Reste encore une solution, bancale, rétablir madame Dieu, Asherat, que les vieux Juifs d'avant le VIIe s. avant l’ère commune avait établie comme parèdre aux côtés de YHWH. Ainsi aurait-on une chouette déesse aux seins nus tenues dans ses mains, prêts à la lactation, à opposer au sinistres phallocrates monothéiques...

Thierry Kruger

Compléments

Publié dans Point de vue, Kruger

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